L'UE prépare des sanctions contre la Biélorussie, Minsk menace de mesures de rétorsion
information fournie par Reuters 11/11/2021 à 16:29

L'UE PRÉPARE DES SANCTIONS CONTRE LA BIÉLORUSSIE, MINSK MENACE DE MESURES DE RÉTORSION

PARIS/KIEV/MOSCOU (Reuters) - L'Union européenne pourrait adopter lundi un nouveau train de sanctions contre la Biélorussie en lien avec la crise des migrants massés à la frontière polonaise alors que Minsk, de son côté, menace "de couper le gaz" aux Européens.

Une source diplomatique a indiqué à Reuters que les ministres des Affaires étrangères des Etats membres de l'UE pourraient approuver de nouvelles sanctions contre la Biélorussie à l'occasion de leur réunion prévue lundi à Bruxelles. Les ambassadeurs du bloc communautaire ont entamé des discussions sur le sujet au niveau technique.

Ce nouveau paquet de sanctions, le cinquième depuis l'élection contestée en août 2020 du président biélorusse Alexandre Loukachenko, pourrait viser de nouvelles personnes et entreprises, a précisé cette source.

Les premières sanctions de l'UE contre Minsk visaient notamment à condamner la sévère répression des manifestations ayant suivi la réélection d'Alexandre Loukachenko.

L'Union européenne accuse désormais la Biélorussie d'encourager l'entrée illégale d'étrangers en Pologne et d'autres pays via son territoire. Varsovie a rapporté mercredi que des centaines de migrants, munis d'un visa biélorusse, étaient massés dans des campements à sa frontière avec la Biélorussie.

S'exprimant sur RMC et BFM TV, le secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes a estimé jeudi que la crise à la frontière polonaise était une "attaque migratoire" et un "test" pour l'UE.

"On doit agir avec fermeté. Nous sommes solidaires de la Pologne (...) C'est l'Europe qui est testée", a déclaré Clément Beaune.

Le président biélorusse de son côté a prévenu jeudi que son pays répliquerait en cas de sanctions imposées par l'UE.

"Nous chauffons l'Europe, ils continuent de nous menacer en disant qu'ils vont fermer la frontière. Et si nous coupions le gaz naturel? Je recommanderais donc aux dirigeants polonais, aux Lituaniens et aux autres dirigeants sans tête de réfléchir avant de parler", a-t-il déclaré, selon des propos rapportés par l'agence officielle Belta.

L'Europe dépend de la Russie pour environ 35% de son gaz naturel, qui transite via un gazoduc traversant la Biélorussie pour rejoindre la Pologne, l'Allemagne et d'autres pays européens.

MENACE D'UNE EXTENSION DU CONFLIT

Parallèlement, deux avions bombardiers russes Tu-160 à capacité nucléaire ont effectué ce jeudi des exercices militaires au-dessus de la Biélorussie, pour la deuxième journée consécutive, en signe de soutien de Moscou à Minsk.

Les craintes d'une extension de la crise à d'autres pays de la région se sont par ailleurs renforcées.

Le ministre ukrainien de l'Intérieur, Denis Monastirskiy, a déclaré jeudi que Kiev déploierait 8.500 soldats et policiers supplémentaires, ainsi que 15 hélicoptères, pour protéger sa frontière avec la Biélorussie.

"Afin d'affronter la crise potentielle avec les migrants, nous impliquerons les cinq structures du ministère de l'Intérieur, sans exception," a-t-il assuré.

Une réunion à huis clos du Conseil de sécurité de l'Onu sur la crise migratoire est prévue dans la soirée.

(Reportage Sabine Siebold, Pavel Polityuk, Maxim Rodionov; version française Claude Chendjou, édité par Sophie Louet)