L’UE entend encadrer les réseaux sociaux pour protéger les mineurs, déclare Ursula von der Leyen
information fournie par Reuters 12/05/2026 à 13:31

Réunion du collège des commissaires européens à Bruxelles

L'Union européenne met au point ‌actuellement une réglementation visant à encadrer les modèles économiques des réseaux sociaux afin ​de protéger les mineurs, a déclaré mardi la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

"La privation de sommeil, la dépression, l’anxiété, l’automutilation, les comportements addictifs, le ​cyberharcèlement, la manipulation à des fins sexuelles, l’exploitation, le suicide. Les risques se multiplient rapidement", a-t-elle souligné ​lors d’un discours à Copenhague.

Les nombreux préjudices ⁠causés aux mineurs par leur exposition aux réseaux sociaux ne sont pas le ‌fruit du hasard, "mais le résultat de modèles économiques qui traitent l'attention de nos enfants comme une marchandise", a-t-elle estimé.

La Commission ciblera spécifiquement ​les "pratiques de conception addictives ‌et nuisibles" dans le cadre du Digital Fairness Act (DFA), dont ⁠la proposition est attendue d’ici la fin de l’année.

Le DFA imposerait également des limites strictes à l’utilisation de l’intelligence artificielle sur les réseaux sociaux, a-t-elle précisé, tout en ⁠plaidant pour un ‌âge minimum d’accès aux plateformes sociales.

"La question n’est pas de savoir ⁠si les jeunes devraient avoir accès aux réseaux sociaux, mais si les réseaux ‌sociaux devraient avoir accès aux jeunes."

Selon la présidente de la Commission, ⁠ce futur règlement vise à renforcer le Digital Services Act (DSA), qui ⁠oblige déjà les ‌grandes plateformes à renforcer leurs efforts contre les contenus illégaux et nuisibles.

Elle a ajouté ​que l’UE ciblait spécifiquement TikTok, X, ainsi ‌que les plateformes Instagram et Facebook de Meta .

"Nous prenons des mesures contre TikTok et sa conception addictive, ​le défilement sans fin, la lecture automatique et les notifications 'push'. Il en va de même pour Meta, car nous estimons qu’Instagram et Facebook ne respectent ⁠pas leur propre limite d’âge minimale de 13 ans", a-t-elle expliqué.

La Commission a également ouvert des procédures contre X concernant l’utilisation de son outil d’intelligence artificielle Grok pour créer des images sexuelles de femmes et d’enfants.

Les porte-parole des trois entreprises n'avaient pas répondu dans l'immédiat aux demandes de commentaire.

(Reportage Inti Landauro, version française Elena Smirnova, ​édité par Sophie Louet)