L'Oréal rebondit et se hisse en tête du CAC, la déception des résultats vite oubliée
information fournie par Zonebourse 16/02/2026 à 14:09


(AOF) - L'Oréal parvient à reprendre des couleurs lundi après sa lourde chute de vendredi, aidée par quelques commentaires d'analystes rassurants qui tendent à relativiser la contre-performance du géant français des cosmétiques sur le 4ème trimestre 2025.

Le titre rebondit de 3,3%, signant la plus forte progression de l'indice CAC 40 et l'une des plus fortes hausses de l'indice paneuropéen STOXX Europe 600.

Le titre efface ainsi une bonne partie des pertes de presque 5% qui avaient été essuyées vendredi au lendemain de la publication d'une croissance organique de "seulement" 6% au 4ème trimestre, là où les analystes attendaient 6,3% et où le consensus "officieux" anticipait 7%.

Une déception liée pour l'essentiel au tassement de sa croissance dans les produits de luxe (Lancôme, Yves Saint Laurent, Aesop ou Maison Margiela) et à la faiblesse récurrente de son activité en Chine, où l'environnement reste difficile même s'il tend à légèrement s'améliorer.

"Le débat se concentre principalement sur le rythme du redressement de l'activité en Chine, où le quatrième trimestre a déçu mais où le premier trimestre semble avoir bien démarré", font remarquer ce matin les analystes de Deutsche Bank.

"Il faudra sans doute attendre les résultats du premier trimestre des grands acteurs du luxe pour savoir réellement comment la situation va évoluer", ajoute la banque allemande.

Au-delà des résultats décevants du quatrième trimestre, bon nombre d'investisseurs préfèrent retenir les signes encourageants allant dans le sens d'une amélioration rapide des performances du spécialiste des produits de beauté et s'attendent à une certaine revalorisation du titre avec le reflux de ces facteurs adverses temporaires.

Si les équipes d'UBS déplorent une "nouvelle opportunité manquée" avec la présentation des derniers résultats, elles assurent aussi que la "poussière devrait rapidement retomber".

"Plutôt que de surpasser nettement les attentes et de démontrer de manière convaincante qu'il avait franchi un cap - avec une accélération de la croissance - L'Oréal s'est retrouvé piégé par des éléments ponctuels défavorables (notamment le déstockage inattendu en Asie dans le secteur du "travel retail" ou le décalage entre livraisons et ventes finales aux Etats-Unis) qui ont éclipsé les progrès sous-jacents de l'entreprise", commente ce matin Guillaume Delmas, le spécialiste de valeur chez UBS.

D'après le professionnel, le marché devrait rapidement mettre de côté les résultats décevants des deux derniers trimestres pour se concentrer davantage sur les nombreux atouts qui caractérisent le dossier.

Dans sa note de recherche, UBS évoque, pêle-mêle, (1) l'amélioration généralisée de la croissance à périmètre comparable du groupe, (2) une reprise de ses principaux moteurs de croissance, (3) un début d'année solide validant l'ambition du groupe d'accélérer sa croissance en 2026, (4) la perspective de nombreuses acquisitions offrant des opportunités de synergies, (5) son statut de pionnier dans l'IA parmi les grandes valeurs du secteur beauté, qui le positionne comme un gagnant évident de la révolution technologique en cours et (6) une valorisation attractive.

Si le titre se traite actuellement sur la base d'un PER 2026 de 27,5x, soit une prime de 35% par rapport au reste du secteur européen des biens de consommation courante (20x), son PER reste encore nettement inférieur à sa moyenne des 10 dernières années, qui s'établit à 30,5x, fait remarquer UBS.

Avec sa progression d'aujourd'hui, le titre affiche désormais une hausse de 3,3% depuis le début de l'année, à comparer avec un gain de 2,2% pour le CAC 40.

Sur les 12 mois écoulés, il gagne encore de 11,5%, contre une progression de 1,9% pour le CAC.

Sur le plan technique, L'Oréal s'apprête à combler son "pullback" sous le seuil des 385 euros qui avait suivi la publication des résultats de jeudi soir et reste confortable installé au-dessus de ses moyennes mobiles à 100 et 200 jours, de respectivement 373,5 et 376 euros, ce qui constitue le signe d'une dynamique boursière toujours solide.