L’or reste-t-il la valeur refuge par excellence en 2026? information fournie par Le Particulier 27/03/2026 à 08:00
Sommaire:
- Une ascension spectaculaire en 2025 et début 2026
- Or: les raisons de la hausse
- La prudence reste toujours de mise
- Comment investir dans l’or?
- Faut-il donc s’exposer à l’or en 2026?
Une ascension spectaculaire en 2025 et début 2026
Ces dernières années, l’or s’est transformé en l’un des «performers» les plus impressionnants des marchés. Porté par des tensions géopolitiques permanentes, des politiques monétaires en pleine mutation et un appétit vorace des institutionnels, le métal jaune navigue en 2026 à des sommets historiques.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes: +78% entre mars 2025 - mars 2026 et +200% ces cinq dernières années. Une trajectoire inédite pour un actif habituellement synonyme de stabilité. À titre de comparaison, entre 1985 et 2005, l’or oscillait modestement dans un tunnel compris entre 300 et 450 dollars.
Ce début d’année a par ailleurs été marqué par un rallye haussier qui a emmené l’or à dépasser les 5500 dollars le 28 janvier. Dès le lendemain, le précieux a pourtant connu une correction importante (-8% en une seule séance), avant de retrouver le seuil psychologique des 5000 dollars une semaine plus tard. Si l’intervention américano-israélienne de fin février en Iran a semé temporairement le trouble sur l’orientation des cours de l’or, depuis le mois de mars, le précieux métal reste solidement au-dessus des 5 000 dollars. Cette évolution amène donc fatalement à la question suivante: le précieux métal mérite-t-il pleinement son statut de valeur refuge ou devient-il un actif de plus en plus spéculatif?
Or: les raisons de la hausse
La dynamique actuelle repose sur une combinaison de facteurs économiques, monétaires et géopolitiques.
- Un contexte international fortement dégradé. L’année 2026 s’est ouverte sur de multiples foyers de tensions: menaces d’ingérence ou d’invasion du Groenland, intervention militaire américaine au Venezuela, incertitudes persistantes autour des conflits Gaza ou en Ukraine, et, dernier évènement en date, le déclenchement de la guerre en Iran. Ce climat anxiogène n’est pas favorable aux marchés actions, lesquels ont horreur de l’inconnu. L’or en revanche, rassure. Il est rare et précieux. Il agit donc comme un bouclier face à l’incertitude.
- Des banques centrales toujours très présentes. La Pologne, la Turquie, l’Inde ou encore la Chine ont continué de renforcer leurs réserves. Pour ces institutions, l’or demeure un actif de réserve stratégique, particulièrement prisé en période d’incertitude économique et monétaire.
- Un dollar affaibli en 2025. Les annonces de nouveaux tarifs douaniers au printemps ont exercé une pression sur le billet vert. Un dollar plus faible soutient mécaniquement le prix de l’or, libellé en devise américaine.
- Des flux entrants records vers les Exchange Traded Funds (ETF). Les encours des ETF adossés à l’or progressent fortement à l’échelle mondiale. Ils alimentent la hausse et reflètent l’intérêt croissant des investisseurs.
La prudence reste toujours de mise
La spectaculaire envolée de l’or ces derniers mois ne doit toutefois pas conduire à céder au FOMO (Fear Of Missing Out). La correction brutale de 13% entre le 29 et 30 janvier illustre que l’or reste sujet à des ajustements violents. Comme le souligne Kathleen Brooks (XTB), ce type de repli est souvent la conséquence d’une hausse « trop rapide et trop importante ».
Dans cette optique, l’or doit avant tout être envisagé comme un outil de diversification. La plupart des experts s’accordent sur une allocation raisonnable comprise entre 5% et 10% du portefeuille, afin de limiter l’impact de la volatilité tout en profitant de son rôle protecteur sur le long terme.
Comment investir dans l’or?
Plusieurs options s’offrent à vous si vous souhaitez vous exposer au métal précieux:
- L’or physique. L’achat direct de lingots ou de pièces reste la forme d’investissement la plus tangible et la plus rassurante pour certains épargnants. Il permet de détenir l’actif en propre, sans intermédiaire financier. En contrepartie, cette option implique des frais de garde, d’assurance et des contraintes de stockage sécurisé, susceptibles de peser sur la rentabilité à long terme.
- Les ETF (or papier). Ces fonds cotés répliquent le cours de l’or et offrent une liquidité élevée, avec des frais généralement contenus. Ils constituent une solution simple pour s’exposer au métal jaune sans les contraintes logistiques de l’or physique. En revanche, ils ne sont accessibles que via un compte-titres ordinaire (CTO) et restent exclus du PEA . Les plus-values du CTO sont donc imposées sur la base de 30% (12,8% d'impôt sur le revenu et 17,20% de prélèvements sociaux).
- L’assurance-vie. Moins utilisée, cette option permet une exposition indirecte à l’or via certaines unités de compte. Son principal atout réside dans le cadre fiscal avantageux de l’assurance-vie, notamment en matière d’abattements et de transmission. En contrepartie, les frais de gestion sont souvent plus élevés que pour un ETF détenu en direct.
Faut-il donc s’exposer à l’or en 2026?
Malgré un léger essoufflement fin janvier - compréhensible après la spectaculaire performance de janvier - le consensus des analystes reste résolument haussier pour 2026. UBS a récemment relevé son objectif de cours à 6200 dollars l’once d’ici septembre 2026. JP Morgan affiche un optimisme similaire, et table sur 6300 dollars d’ici la fin de l’année.
Une inconnue demeure toutefois: l’orientation de la politique monétaire menée par le nouveau président de la Réserve fédérale américaine, Kevin Warsh. Une ligne plus restrictive, synonyme de taux d’intérêt durablement élevés, serait en principe défavorable au cours de l’or. Néanmoins, la poursuite des achats massifs de banques centrales européennes et de pays émergents pourrait compenser cet effet et continuer de soutenir le métal précieux à des niveaux élevés en 2026.
L’argent et le platine montrent aussi leurs muscles
Au-delà de l’or, l’argent et le platine intéressent aussi de plus en plus les investisseurs. Le premier a progressé de 160% depuis un an, tandis que le second affiche une hausse de 120%. Si, depuis début février, les cours ont eux aussi connu des corrections marquées, les fondamentaux restent globalement bien orientés. La demande pour ces métaux devrait en effet continuer de croître: l’argent est largement utilisé dans de nombreux procédés industriels et chimiques, tandis que le platine joue un rôle clé dans l’approvisionnement mondial en pétrole, les équipements de laboratoire ou encore la médecine dentaire. «L’argent et le platine volent le show à l’or», estimait déjà en 2025 la banque suisse UBS, alors que leurs cours commençaient à s’apprécier fortement dès le mois de mai, dans le sillage du métal jaune.