L'Opep+ débat d'une hausse théorique de ses quotas sur fond de guerre au Moyen-Orient
information fournie par Reuters 05/04/2026 à 11:16

L'illustration montre un modèle miniature de pompe à pétrole et le logo de l'OPEP

par Olesya Astakhova et Alex Lawler et ‌Ahmad Ghaddar

L'Opep+ pourrait approuver dimanche une hausse de ses quotas ​de production pour le mois de mai, ont déclaré quatre sources au sein de l'organisation, une hausse toute théorique alors que ses Etats membres réduisent leurs pompages ​en raison de la guerre au Moyen-Orient.

Elle signalerait toutefois que les pays membres seront prêts à relever ​leur production dès la réouverture au trafic ⁠du détroit d'Ormuz, paralysé par l'Iran depuis plus d'un mois, ont ajouté ‌ces sources.

La fermeture de facto du bras maritime stratégique, par où transite 20% du pétrole mondial, a fait chuter les exportations ​de pays membres comme ‌l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, le Koweït et l'Irak, ⁠les seuls capables d'augmenter leur production avant même le début des hostilités le 28 février.

La Russie, autre pilier du cartel, voit ses capacités limitées par les ⁠sanctions occidentales et les ‌dommages aux infrastructures causés par la guerre contre l'Ukraine.

Dans la ⁠région du Golfe, les dégâts provoqués par les frappes iraniennes sont sévères. Des ‌responsables soulignent que dans l'hypothèse d'un arrêt des hostilités et ⁠d'une réouverture d'Ormuz, il faudra des mois pour relancer les ⁠opérations et retrouver les ‌niveaux de production d'avant-guerre.

Lors de sa dernière réunion le 1er mars, au lendemain ​des premières frappes israélo-américaines contre l'Iran, ‌l'Opep+ avait entériné une modeste hausse de production de 206.000 barils par jour pour le mois d'avril.

Un ​mois plus tard, la guerre a provoqué une pénurie de brut historique en retirant du marché pétrolier 12 à 15 millions de barils par ⁠jour, soit jusqu'à 15% de la consommation mondiale.

Les cours du pétrole ont grimpé à leur plus haut niveau depuis quatre ans, à près de 120 dollars le baril. Ils pourraient dépasser les 150 dollars le baril à la mi-mai si le détroit d'Ormuz reste bloqué, a averti jeudi la banque JP Morgan.

(Jean-Stéphane Brosse ​pour la version française)