L’Offensif et le Défensif terminent le trimestre en nette progression information fournie par Les sélections de Roland LASKINE 03/04/2026 à 11:26
Le 3 avril 2026
Notre pari de la semaine dernière, ayant consisté à reprendre position dans la perspective d'un apaisement des tensions en Iran, a bien fonctionné. Après quatre semaines de conflit d'une rare intensité, les Etats-Unis cherchent l'apaisement et avancent l'hypothèse d'un possible retrait de leurs positions. La pression de l'opinion publique américaine et, surtout, de Wall Street, qui avait violemment décroché au cours de la semaine précédente, s'est révélée trop forte pour Donald Trump. Le président des Etats-Unis est aujourd'hui contraint de trouver une porte de sortie coûte que coûte. Le rebond que nous espérions s'est bien produit, il a pleinement profité à l'ensemble de nos portefeuilles PEA. L'Offensif et le Défensif terminent le trimestre sur des gains respectifs de 6,99 et 5,27%, alors que le CAC 40 s'affiche en baisse de 2,3%. Notre sélection de fonds ISR est également dans le vert. Seule notre sélection d'ETF Monde, pénalisée par la chute générale des indices internationaux, recule de 1,93% sur les trois premiers mois de l'année.
D'un point de vue tactique, nous avons remporté une manche, mais la bataille contre les conditions adverses que nous connaissons depuis le début du conflit n'est évidemment pas gagnée. Une volonté de calmer le jeu s'est clairement exprimée au cours de ces derniers jours, y compris du côté des Iraniens. Toutefois, les modalités d'un retrait s'annoncent laborieuses pour la simple raison que personne n'a envie de perdre la face. D'un côté, Donald Trump menace d'intensifier les frappes si les conditions proposées par son administration ne sont pas respectées. De l'autre, la frange la plus dure du régime iranien entend bien capitaliser sur son extraordinaire capacité de résistance. Certains observateurs font même remarquer que l'Iran pourrait sortir grandi de ce bras de fer, en faisant notamment monter les enchères autour d'une réouverture du détroit d'Ormuz ardemment souhaitée par la totalité de la communauté internationale.
Dans ces conditions, la plupart des experts recommandent de continuer de faire preuve de la plus grande prudence. Tous mettent en avant les conséquences que va avoir un prolongement du conflit sur l'évolution des prix de l'énergie et de toute la chaîne de production des produits de première nécessité, avec un impact négatif sur la consommation des ménages et la croissance mondiale. En déclarant que « la hausse du prix du pétrole et du gaz risque de se répercuter sur l'ensemble de l'économie plus rapidement que lors de la crise énergétique de 2022 », Olaf Sleijpen, le président de la banque centrale néerlandaise, a clairement exprimé ces inquiétudes. Pour ne rien arranger, le patron de l'Agence international de l'énergie (l'AIE), estime que « le mois d'avril sera bien pire que mars (…) avec une perte de pétrole deux fois supérieure ». Le report, dans le meilleur des cas à la fin de l'année, des perspectives de baisse des taux directeurs des banques centrales européennes et américaines constitue un autre sujet de préoccupation. Sans parler, d'un possible dérapage de l'inflation qui pourrait les contraindre à temporairement resserrer les conditions de crédit.
En dépit des énormes tensions qui persistent au Moyen Orient, nous pensions qu'il existe des opportunités à saisir en misant sur le sentiment favorable que va inévitablement susciter une poursuite des négociations en vue de trouver un compromis. Les conséquences à moyen terme de ce conflit ne doivent pas être négligées, mais celles-ci ne devraient se faire sentir que dans un second temps, une fois passée la phase d'euphorie suscitée par le moindre signal de détente du prix du baril de pétrole. Les arbitrages que nous avons réalisés le 26 mars n'ont pas épuisé la totalité de nos disponibilités. Nous conservons environ un tiers de liquidités que nous comptons investir au fur et à mesure de l'avancée des négociations de déblocage de la navigation dans le golfe Persique.
L'évolution récente des marchés a montré que le rebond intervenu de lundi à ce mercredi, dans la foulée des dernières avancées diplomatiques, a surtout profité aux valeurs européennes qui ont été les plus mal traitées durant toute la période du conflit. A la Bourse de Paris, c'est notamment le cas des bancaires (Société Générale et BNP Paribas) ou des assureurs comme Axa, mais aussi des constructeurs automobiles (Stellantis et Renault), Air Liquide, des spécialistes des infrastructures énergétiques (Engie et Veolia Environnement), autoroutières (Vinci ou Eiffage) et de transport (Getlink). Sans oublier des titres comme L'Oréal ou Euronext. Même les valeurs de luxe, qui avaient été très malmenées ces derniers temps, ont bénéficié d'un sursaut.
Ce sont ces différentes valeurs que nous comptons viser pour nous positionner de façon tactique en fonction de l'évolution des négociations. D'un point de vue fondamental, les entreprises européennes ne manquent pas d'atouts pour profiter d'une sortie de crise. Leurs bilans sont solides, elles affichent toujours de bonnes perspectives de progression de leurs profits situées autour de 8 à 10% pour 2026 selon les estimations. L'activité devrait être soutenue à la fois par l'espoir d'une reprise de l'activité manufacturière et par les investissements prévus dans la défense et le renforcement des infrastructures de production d'énergie. La récente correction boursière, qui frôle les 10% de baisse sur les plus grandes valeurs de la zone euro, a ramené leur valorisation boursière à des niveaux attractifs de l'ordre de 14,2 fois les profits attendus pour l'année en cours. La décote par rapport aux valeurs du S&P 500, qui se traitent toujours à plus de 20 fois les estimations de bénéfices, est élevée. Elle est de nature à faire revenir les acheteurs au moindre signe de règlement du conflit.
Bonne lecture et bon week-end de Pâques,
Roland Laskine