L'investisseur américain Artisan exhorte UBS à quitter la Suisse en raison des règles en matière de fonds propres
information fournie par Reuters 01/10/2026 à 08:20

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* Cette lettre fait suite au soutien apporté par la Chambre haute à un durcissement des règles en matière de fonds propres

* La réforme du secteur bancaire a été déclenchée par la faillite du Crédit Suisse en 2023

* Le président d’UBS a averti que des règles trop sévères pourraient conduire à un réexamen de la situation

Le gestionnaire d’actifs américain Artisan Partners a exhorté UBS UBSG.S à quitter la Suisse, arguant que les exigences de fonds propres plus strictes proposées pour la banque sont “punitives”, excessives et qu’elles détruiraient la valeur actionnariale.

Dans une lettre adressée au conseil d’administration d’UBS et publiée mercredi soir , l’Artisan Partners Global Value Team et l’International Value Group, qui affirment gérer plus de 60 millions d’actions UBS, ont déclaré que les changements prévus obligeraient la banque à détenir des milliards de dollars de fonds propres supplémentaires qui ne généreraient aucun rendement pour les actionnaires.

“Le fait est tout simplement que la Suisse n’est plus un lieu attractif ni souhaitable pour UBS”, a déclaré Artisan, qui figure parmi les 20 principaux investisseurs de l’établissement de crédit zurichois, selon les données de LSEG Workspace.

“Outre les frictions temporaires et le coût liés au changement de domicile, il n’y a aucune raison impérieuse pour qu’UBS reste une société suisse”, a-t-il ajouté, estimant que la “triste réalité” à laquelle UBS est désormais confrontée signifie qu’il est temps pour la banque de “se séparer d’un pays et d’un cadre réglementaire qui ne lui laissent aucun choix réel”.

DES RÈGLES PLUS STRICTES EN MATIÈRE DE FONDS PROPRES

UBS a déclaré que son objectif était de continuer à exercer avec succès ses activités de banque mondiale depuis la Suisse. Elle a ajouté qu’elle protégerait les intérêts des actionnaires en continuant à prendre des décisions éclairées et en plaidant en faveur d’une réglementation ciblée, proportionnée et alignée sur les normes internationales.

Cette lettre fait suite à l’adoption, le mois dernier, par la Chambre haute suisse d’une proposition exigeant qu’ UBS soutienne ses filiales étrangères avec 90% de fonds propres de base de catégorie 1 dans le cadre d’une réforme bancaire déclenchée par l’effondrement du Crédit Suisse en 2023.

La chambre basse doit encore débattre de cette proposition.

UBS a qualifié ces règles de fonds propres plus strictes d’excessives. Le président Colm Kelleher avait averti, avant l’adoption de la proposition relative aux 90 % de CET1, qu’une réglementation trop sévère pourrait contraindre la banque à reconsidérer son avenir en Suisse.

Selon des informations parues dans la presse ce week-end, plusieurs banques étrangères auraient manifesté leur intérêt pour une éventuelle fusion ou alliance avec UBS. La ministre des Finances, Karin Keller-Sutter, a déclaré qu’elle estimait peu probable que la banque quitte la Suisse.

Artisan a estimé que les changements proposés obligeraient UBS à détenir 16 milliards de dollars supplémentaires de fonds propres CET1. Sans ces règles plus strictes, ces fonds propres pourraient générer un rendement annuel d’environ 15%, soit 2,4 milliards de dollars supplémentaires de résultat net, a-t-il indiqué.

Avec un ratio cours/bénéfice de 15, cela équivaudrait à une perte de valeur boursière d’environ 36 milliards de dollars, soit environ 23% de la capitalisation boursière actuelle d’UBS, selon la lettre des investisseurs.