L'industrie manufacturière française a souffert de la guerre au Moyen-Orient en mars information fournie par Boursorama avec AFP 01/04/2026 à 12:17
La production manufacturière française est repartie à la baisse en mars sous l'effet de la guerre au Moyen-Orient, qui a entraîné une intensification des pressions sur les prix et sur les chaînes d'approvisionnement, selon l'indice PMI publié mercredi par l'agence S&P Global.
"Les résultats de la dernière enquête PMI mettent en évidence l'impact immédiat de la guerre au Moyen-Orient sur le secteur manufacturier français", a souligné Joe Hayes, économiste en chef à S&P Global. Les données recueillies entre le 12 et le 24 mars "font état d’un durcissement rapide des conditions d'offre", a-t-il ajouté.
L'indice PMI composite pour l'industrie manufacturière, qui évalue les nouvelles commandes, les stocks, l'emploi, les délais de livraison et la production, s'est replié en mars "sur la barre du 50" - un nombre supérieur à 50 traduit une expansion, tandis qu'un nombre inférieur marque un repli - après 50,1 en février, indiquant une stagnation de la conjoncture du secteur. Il avait atteint un plus haut de 43 mois en janvier, à 51,2.
"La production manufacturière a diminué pour la première fois depuis décembre", avec le recul "le plus fort" dans les biens d'équipement, pointe S&P.
Avec la guerre au Moyen-Orient, les pressions sur les prix et sur les approvisionnements se sont renforcées en fin de premier trimestre, détaille l'enquête.
Les délais de livraison des fournisseurs ont enregistré leur plus forte hausse depuis janvier 2023, "reflétant les fortes perturbations sur les chaînes logistiques mondiales engendrées par la guerre", indique S&P Global.
L'inflation des prix des achats a, elle, atteint son plus haut niveau depuis décembre 2022. Les entreprises interrogées ont "notamment mentionné une augmentation des prix du pétrole, des produits pétroliers, de l'électricité, des métaux et des produits chimiques".
Les fabricants français n'ont cependant pas répercuté pleinement cette hausse sur les clients. Le taux d’inflation des prix de vente a atteint un sommet de trois ans en mars, mais est resté nettement inférieur à celui des coûts.
Le recul des nouvelles commandes s'est en outre accentué avec l'incertitude engendrée par le conflit. Elles ont été tirées à la baisse par la faiblesse de la demande sur les marchés français, des annulations et reports et une diminution de la demande étrangère.
La guerre au Moyen-Orient et le climat d’incertitude politique en France ont également pesé sur les perspectives d’activité à douze mois des fabricants français. L'indice de confiance des entreprises s'est replié en mars, affichant un creux de cinq mois.