L'indice FAO des prix des produits alimentaires augmente pour le deuxième mois d'affilée
information fournie par Zonebourse 07/04/2026 à 09:58

L'indice FAO des prix des produits alimentaires a affiché une valeur moyenne de 128,5 points en mars 2026, soit 3 points de plus que sa valeur révisée de février (2,4%), et a enregistré sa deuxième hausse mensuelle consécutive. Les indices des prix de tous les groupes de produits - céréales, viande, produits laitiers, huiles végétales et sucre - ont plus ou moins augmenté, non seulement en raison des paramètres fondamentaux du marché, mais aussi en réponse à la hausse des prix de l'énergie qui s'explique par l'escalade du conflit au Proche-Orient.

L'indice des prix des produits alimentaires a gagné 1,2 point (1%) par rapport à sa valeur d'il y a un an, mais restait inférieur de 31,7 points (19,8%) à son niveau record atteint en mars 2022. L'indice FAO des prix des céréales a enregistré une valeur moyenne de 110,4 points en mars, soit une progression de 1,7 point (1,5%) par rapport à sa valeur de février et de 0,7 point (0,6%) par rapport à son niveau de mars 2025. La hausse s'explique par l'augmentation des cours de toutes les principales céréales, à l'exception du riz.

Les prix internationaux du blé se sont appréciés de 4,3%, portés par la dégradation de l'évaluation des conditions de culture aux Etats-Unis d'Amérique face aux craintes de sécheresse et par le recul attendu des superficies ensemencées en Australie du fait de l'augmentation que devraient subir les coûts des engrais.

Les prix mondiaux du maïs ont progressé de seulement 0,9%, car l'abondance des disponibilités mondiales a continué de peser sur les marchés, malgré des inquiétudes concernant l'accessibilité financière des engrais à l'approche de la saison des semis dans l'hémisphère Nord, et malgré également les effets indirects de l'amélioration des perspectives de la demande d'éthanol, due à la hausse des prix de l'énergie.

En revanche, l'indice FAO des prix de tous les types de riz a reculé de 3% en mars 2026, ce qui s'explique par le fléchissement des prix sur tous les principaux segments du marché, imputable à la fois aux pressions sur les récoltes, au déclin de la demande à l'importation et aux dépréciations de monnaies par rapport au dollar des Etats-Unis.

Par ailleurs, l'indice FAO des prix des huiles végétales s'est élevé en moyenne à 183,1 points en mars, soit une progression de 8,9 points (5,1%) par rapport à février, ce qui représente le troisième mois consécutif de hausse. Il surpasse de 21,3 points (13,2%) son niveau de mars 2025. Cette nouvelle augmentation est due à l'affermissement des cours des huiles de palme, de soja, de tournesol et de colza.

Les prix internationaux de l'huile de palme ont atteint le plus haut niveau enregistré depuis la mi-2022 et ont dépassé ceux de l'huile de soja, principalement en raison des retombées de l'envolée des prix du pétrole brut, mais aussi de la détérioration des perspectives de production en Malaisie.

En parallèle, les prix internationaux de l'huile de tournesol et de l'huile de colza étaient soutenus respectivement par le resserrement des disponibilités qui se poursuit dans la région de la mer Noire et par la progression attendue de la demande de matières premières face à la hausse marquée des prix mondiaux de l'énergie.

De plus, l'indice FAO des prix de la viande s'est établi en moyenne à 127,7 points en mars, soit 1,2 point (1%) de plus qu'en février et 9,4 points (8%) de plus que sa valeur enregistrée il y a un an. Cette augmentation s'explique principalement par l'accroissement des prix de la viande de porc, ainsi que par une légère progression des cours de la viande de bovins, alors que les prix de la viande d'ovins et de la viande de volaille ont fléchi.

Les prix de la viande de porc se sont envolés, en raison de la hausse des cours dans l'Union européenne à l'approche de l'affermissement de la demande saisonnière.

Les prix mondiaux de la viande de bovins ont également crû, portés par le Brésil, où la contraction de l'offre de bovins a réduit les disponibilités exportables alors que la demande mondiale est forte; l'augmentation a été en partie compensée par la stabilité des prix en Australie, du fait de l'abondance des disponibilités.

En revanche, les prix de la viande d'ovins se sont affaissés du fait de l'augmentation des disponibilités exportables en Nouvelle-Zélande, bien que l'affermissement des prix en Australie - sous l'effet d'une demande soutenue sur les principaux marchés - ait en partie atténué la baisse, malgré la mise en place de droits de douane plus élevés par les Etats-Unis d'Amérique et des contraintes logistiques entravant l'accès aux marchés du Proche-Orient.

Les prix mondiaux de la viande de volaille ont reculé, car les cours se sont affaiblis au Brésil, face à l'abondance de l'offre et à la stabilité de la demande à l'importation, et des expéditions vers des destinations majeures au Proche-Orient ont été déroutées vers la mer Rouge.

L'indice FAO des prix des produits laitiers a enregistré une valeur moyenne de 120,9 points, soit une progression de 1,5 point (1,2%) depuis février, mais est resté inférieur de 27,8 points (18,7%) au niveau d'il y a un an. Cette hausse, la première depuis juillet 2025, est principalement imputable à l'augmentation des cours du lait écrémé en poudre, du beurre et du lait entier en poudre, bien que le repli des prix internationaux du fromage ait limité la progression globale.

Dans l'Union européenne, les hausses sont restées modérées du fait de l'offre confortable de crème en raison de l'augmentation saisonnière de la production laitière. A l'inverse, les prix du fromage ont continué de fléchir dans l'Union européenne, où l'amélioration de la disponibilité du lait, l'augmentation de la production de fromage et la faiblesse de la demande à l'exportation ont pesé sur les prix.

L'indice FAO des prix du sucre a affiché une valeur moyenne de 92,4 points en mars, qui correspond à une augmentation de 6,2 points (7,2%) par rapport à février et au niveau le plus haut enregistré depuis novembre 2025. Il demeure toutefois inférieur de 24,5 points (21%) à celui de mars 2025. La hausse observée en mars 2026 s'explique essentiellement par le fait que, face à la progression des prix internationaux du pétrole brut, le marché s'attend à ce que le Brésil, premier exportateur mondial de sucre, mise davantage sur la production d'éthanol à partir de canne à sucre lors de la récolte à venir.

Les inquiétudes quant aux répercussions de l'escalade du conflit au Proche-Orient sur le commerce du sucre ont exercé une pression supplémentaire à la hausse sur les prix. Néanmoins, l'augmentation globale des prix mondiaux du sucre a été limitée par les perspectives globalement favorables de l'offre mondiale pour la saison 2025-2026, qui s'expliquent par le bon déroulement des récoltes en Inde et en Thaïlande.