L'Europe vue en ordre dispersé, rouge vif en Asie avec les craintes sur l'énergie information fournie par Reuters 04/03/2026 à 07:37
par Diana Mandia
Les principales Bourses européennes sont attendues en ordre dispersé mercredi à l'ouverture, au lendemain d'une séance marquée par de lourdes pertes, les investisseurs craignant qu'une guerre prolongée au Moyen-Orient n'ait des répercussions durables sur les prix du pétrole et, plus généralement, sur l'inflation.
Ces inquiétudes pénalisent particulièrement les marchés asiatiques, certaines économies du continent, comme la Corée du Sud ou Taïwan, étant de grands importateurs d'énergie.
D'après les premières indications disponibles, le CAC 40 parisien pourrait perdre 0,38% à l'ouverture.
Les contrats à terme signalent une ouverture plutôt stable (+0,01%) pour le Dax à Francfort, en légère hausse (+0,1%) pour le FTSE à Londres et en recul de 0,3% pour le Stoxx 600.
Les répercussions du conflit en Iran, qui entre dans sa cinquième journée et s'est étendu au Liban et à la région du Golfe, continuent de monopoliser l'attention du marché, qui craint surtout que la hausse des prix du pétrole ne réveille l'inflation et oblige les banques centrales à repenser leur politique monétaire.
Ces risques ont malmené mardi les principales Bourses européennes, le CAC 40 et le Footsie britannique enregistrant leurs baisses les plus marquées depuis prés d'un an, lors de la tempête commerciale déclenchée par les droits de douane imposés par le président américain Donald Trump.
Ce mercredi, c'est au tour des Bourses asiatiques, qui connaissent une séance difficile. L'indice phare de Séoul, le Kospi, cède plus de 12%, perdant environ 17% en seulement deux jours et signant son recul le plus important depuis 2009. Le Nikkei japonais recule quant à lui de 4,04% et la Bourse de Taïwan de 4,35%.
Ces trois économies ont en commun d'être d'importants importateurs d'énergie et subissent une pression baissière supplémentaire après avoir été récemment stimulées par le secteur des semi-conducteurs, les investisseurs liquidant leurs positions gagnantes à l'échelle mondiale et cherchant refuge.
Les prix du pétrole poursuivent mercredi leur hausse, mais à un rythme moins marqué, après avoir bondi de plus de 10% depuis le début de l'opération israélo-américaine contre l'Iran.
Le Brent prend 2,36% à 83,32 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) 2,09% à 76,12 dollars.
En Europe, où la séance devrait s'ouvrir mercredi sur des variations beaucoup plus faibles que la veille, les investisseurs surveilleront, outre la situation géopolitique et ses conséquences sur l'inflation et l'euro, les indicateurs PMI sur l'activité du secteur privé, attendus après l'ouverture.
LES VALEURS A SUIVRE : [L8N3ZR2LI]
A WALL STREET
La Bourse de New York a fini en nette baisse mardi, dans un contexte d'intensification du conflit au Proche-Orient.
L'indice Dow Jones a cédé 0,83%, le S&P-500, plus large, a perdu 0,94% et le Nasdaq Composite a reculé de son côté de 1,02%.
EN ASIE
Les Bourses chinoises reculent également mercredi, entraînées par les sociétés pétrolières et maritimes, les investisseurs restant prudents face à l'escalade du conflit au Moyen-Orient et se tournant vers la session annuelle du Parlement chinois pour obtenir des indications sur la politique à venir.
En Chine, l'indice composite de la Bourse de Shanghai recule de 1,16% et le CSI 300 des grandes capitalisations abandonne 1,38%
La Bourse de Hong Kong recule de 2,55%.
L'activité du secteur des services en Chine s'est par ailleurs contractée au mois de février pour le deuxième mois consécutif, selon une enquête officielle publiée mercredi.
TAUX / CHANGES
Le marché obligataire reste tendu, avec le rendement des Treasuries à dix ans progressant encore de près de 2 points de base à 4,0747%, une hausse similaire à celle de l'obligation à deux ans, qui ressort à 3,5226%.
Les investisseurs craignent surtout que cette situation géopolitique alimente l'inflation et complique les décisions de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed) et de la Banque centrale européenne (BCE).
"Soudainement, la 'bonne position' de la BCE est remise en question, et nous doutons que cela soit résolu à très court terme", écrivent les analystes d'ING dans une note.
Sur les marchés des devises, on observe surtout un regain d'intérêt pour le dollar américain, qui retrouve son statut de valeur refuge, ce qui exerce une pression sur l'euro.
Le billet vert gagne 0,15% face à un panier de devises de référence, tandis que la devise européenne recule de 0,15% à 1,1595 dollar.
"L'impact de la guerre en Iran sur l'EUR/USD se résume à une seule chose : l'énergie", souligne George Saravelos, analyste chez Deutsche Bank. "Il y a actuellement un choc négatif sur l'offre qui représente une taxe directe pour les Européens, qui doivent payer les producteurs étrangers en dollars", dit-il.
PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L'AGENDA DU 4 MARS :
PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT
FR 08h50 Indice PMI composite février 49,9 49,9
(définitif)
Indice PMI des février 49,6 49,6
services(définitif)
DE 08h55 Indice PMI composite février 53,1 53,1
(définitif)
Indice PMI des février 53,4 53,4
services(définitif)
EZ 09h00 Indice PMI composite février 51,9 51,9
(définitif)
Indice PMI des février 51,8 51,8
services(définitif)
GB 09h30 Indice PMI composite février 53,9 53,9
(définitif)
Indice PMI des février 53,9 53,9
services(définitif)
EZ 10h00 Chômage janvier 6,2% 6,2%
EZ 10h00 Prix à la production janvier
- sur un mois 0,2% -0,3%
- sur un an -2,7% -2,1%
USA 13h15 Créations de postes (ADP) février 50.00 22.000
USA 15h00 Indice ISM des services février 53,5 53,8
(Rédigé par Diana Mandia, édité par Augustin Turpin)