L'Europe vue en ordre dispersé avant un déluge de résultats financiers
information fournie par Reuters 30/07/2026 à 08:17

Un trader travaille à son bureau chez CMC Markets, dans la City de Londres

par Diana Mandia

Les principales Bourses européennes sont attendues en ordre dispersé jeudi à l'ouverture, avant une nouvelle vague de ‌résultats financiers et d'indicateurs macroéconomiques de premier plan, tandis que les investisseurs analysent la dernière réunion de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed) et suivent de près les tensions qui persistent au Moyen-Orient.

D'après les premières indications disponibles, ​le CAC 40 parisien pourrait gagner 0,38% à l'ouverture.

Les contrats à terme signalent en revanche une baisse de 0,21% pour le Dax à Francfort, de 0,8% pour le FTSE à Londres et de 0,14% pour le Stoxx 600.

La séance s'annonce comme l'une des plus intenses de l'année pour les investisseurs, qui découvriront ce mardi les résultats trimestriels d'une longue liste d'entreprises cotées, à commencer par la banque Société Générale, le gestionnaire d'actifs Amundi, la compagnie aérienne Air ​France-KLM et le laboratoire pharmaceutique Sanofi, et ce rien qu'à Paris.

L'agenda est également riche en indicateurs, et pas des moindres : les premières estimations de la croissance économique pour la période comprise entre avril et fin juin offriront au marché un premier aperçu d'un trimestre qui a été pleinement marqué par les ​aléas de la guerre au Moyen-Orient.

Le conflit reste par ailleurs au centre de l'actualité après la reprise des attaques ⁠entre les Etats-Unis et l'Iran, après une brève accalmie le week-end dernier, l'armée américaine ayant effectué des bombardements nocturnes en Iran en réponse à l'attaque par Téhéran de sites militaires américains en Jordanie.

Les tensions ‌régionales, qui bloquent à nouveau de le détroit d'Ormuz, sont également alimentées par le blocus maritime annoncé en mer Rouge par les Houthis alignés sur l'Iran, ce qui entretient les craintes inflationnistes au cours d'une semaine marquée par une succession de réunions des banques centrales.

La Fed a de nouveau laissé mercredi l'objectif de taux des "fed funds" à son niveau actuel, ​mais avec trois voix dissidentes qui ont plaidé en faveur d'une hausse, une division ‌qui ravive les interrogations quant à la manière dont le président de la banque centrale, Kevin Warsh, tiendra son engagement de ramener l'inflation à l'objectif de ⁠2%.

Le patron de la Fed a souligné mercredi que les rendements obligataires avaient sensiblement augmenté depuis la dernière réunion de l'institution, reflétant les anticipations du marché quant à une hausse des coûts d'emprunt. Il s'est félicité de cette évolution, tout en soulignant qu'elle n'obligeait pas la banque centrale à confirmer ces anticipations par des mesures de politique monétaire.

"Pour moi, c'est une façon de dire que le marché a fait le travail de la Fed jusqu'à présent", a ⁠déclaré Blerina Uruci, économiste chez T. Rowe Price.

La ‌Banque d'Angleterre (BoE) doit annoncer sa décision sur les taux dans le courant de la journée.

LES VALEURS A SUIVRE :

A WALL STREET

La Bourse de New York a fini en nette baisse ⁠mercredi après le statu quo de la Fed sur ses taux malgré une inflation élevée aux Etats-Unis, ce qui renforce la perspective d'un tour de vis monétaire lors de sa prochaine réunion en septembre.

L'indice Dow Jones a cédé 2,19%, ‌le Standard & Poor's 500, plus large, a perdu 1,52%, et Nasdaq Composite a reculé de son côté de 1,74%.

Les inquiétudes liées à l'IA ont également alimenté cette tendance négative, les investisseurs attendant ⁠les résultats financiers d'une série d'entreprises technologiques de premier plan, publiés après la cloche.

Microsoft a dépassé mercredi les attentes concernant la croissance trimestrielle de son chiffre ⁠d'affaires lié à l'informatique dématérialisée ("cloud"), signe que ses investissements ‌massifs dans les infrastructures d'IA portent leurs fruits.

Meta Platforms a en revanche fait état d'un effondrement de sa génération de trésorerie, en chute de 91% au deuxième trimestre, signe des lourdes contraintes financières pesant sur le géant des ​réseaux sociaux pour développer son activité dans l'IA, pour un résultat encore incertain.

EN ASIE

L'indice Nikkei de la Bourse de Tokyo ‌avance légèrement dans une séance volatile, mais il s'oriente vers une baisse hebdomadaire dans un contexte d'aversion au risque sur les valeurs technologiques.

L'action Advantest offre toutefois un répit au secteur des puces avec un bond de 11% après avoir relevé ses prévisions de résultat ​d'exploitation annuel.

Le Kospi sud-coréen, affecté par les craintes liées à l'IA, recule légèrement (-0,78%) jeudi, après une séance difficile la veille.

Samsung Electronics , qui a fait état jeudi d'un bénéfice d'exploitation multiplié par dix-neuf au deuxième trimestre, grappille 0,72%. Le groupe sud-coréen a également déclaré s'attendre à ce que la pénurie de puces s'aggrave et se prolonge jusqu'en 2028.

En Chine, les actions technologiques reculent après leur bond de la veille, pesant sur les indices.

L'indice CSI 300 des ⁠grandes capitalisations de Chine continentale perd 1,3% et le SSE Composite de Shanghaï cède 0,79%.

La Bourse de Hong Kong abandonne 0,35%.

TAUX /CHANGES

Le rendement des Treasuries à dix ans grimpe de 8 points de base après la réunion de la Fed pour s'établir à 4,7018%, celui de l'obligation à deux ans gagne 5,1 points de base à 4,2871%.

Le rendement du titre à 30 ans s'est quant à lui envolé plus tôt jeudi à 5,2359%, un niveau qui n'avait plus été atteint depuis mi-2007.

Sur le marché des changes, le dollar grappille 0,03% face à un panier de devises de référence, tandis que l'euro perd 0,1% à 1,1454 dollar.

PÉTROLE

Les cours du pétrole se stabilisent quelque peu après que le Brent a gagne plus de 7% lors de la séance précédente. Les craintes liées à l'approvisionnement restent toutefois très vives.

Le Brent avance de 0,96% à 91,61 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) ​0,78% à 85,12 dollars.

(Rédigé par Diana Mandia, édité par Benoit Van Overstraeten)