L'Europe vue en nette baisse, le pétrole et les banques centrales dans le viseur
information fournie par Reuters 19/03/2026 à 08:57

Ancien bâtiment de la Bourse de Paris

par Diana Mandia

Les principales Bourses européennes sont attendues en nette baisse jeudi à l'ouverture, la récente escalade des ‌tensions au Moyen-Orient entraînant une nouvelle envolée des cours du pétrole, et alors que les investisseurs scrutent une vague de réunions des banques centrales.

La Réserve fédérale (Fed) a laissé mercredi ses taux inchangés, tout en signalant que la ​récente flambée des prix du brut pourrait avoir un effet temporaire sur l'inflation. La Banque centrale européenne (BCE) doit annoncer sa décision plus tard dans la journée.

Les contrats à terme sur indices suggèrent une ouverture en baisse de 1,17% pour le CAC 40 parisien, de 1,72% pour le Dax à Francfort et de 1,03% pour le FTSE à Londres.

Le Stoxx 600 devrait ouvrir sur un recul de 1,54%.

L'Iran a accusé Israël d'avoir frappé ​mercredi ses installations énergétiques à Pars Sud, et lancé, en représailles, des frappes contre des gisements gaziers et pétrolier dans la région, tirant des missiles contre le Qatar et l'Arabie saoudite.

Cette escalade a eu pour effet immédiat une nouvelle hausse des prix du pétrole et du gaz, qui ​affichaient déjà une forte volatilité ces derniers jours, ce qui ne rassure en rien les investisseurs, inquiets des ⁠répercussions inflationnistes d'un conflit dont la fin ne semble pas en vue.

Le Brent prend 5,39% à 113,17 dollars le baril. Le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) grappille quant à lui 0,03% ‌à 96,35 dollars.

Le contrat à terme néerlandais sur le hub TTF, référence pour l'Europe, avance de plus de 26% euros pour atteindre 69,2 euros par mégawattheure (MWh).

Les prix de l'énergie font l'objet d'une attention encore plus grande, alors que les principales banques centrales du monde se réunissent cette semaine, les investisseurs analysant minutieusement leurs perspectives en matière d'inflation ​et de croissance, ainsi que la manière dont celles-ci pourraient conduire les responsables à ‌adopter une politique monétaire plus restrictive que prévu.

La Fed a décidé mercredi de maintenir ses taux directeurs à leur niveau actuel, anticipant une hausse ⁠de l'inflation à court terme, et le président de l'institution, Jerome Powell, a réaffirmé que la guerre au Moyen-Orient accentuait l'incertitude sur les perspectives.

"Les 'dots' indiquent encore une baisse de taux en 2026 et une autre en 2027 mais laissent transparaitre un peu moins d'appétit pour les baisses de taux", souligne pour sa part Bastien Drut, responsable de la stratégie et des études économiques chez CPR Asset Management.

La Banque du Japon (BoJ) a également laissé ⁠jeudi ses taux d'intérêt inchangés mais s'est jointe ‌à la Fed et à la Banque du Canada(BoC) pour adopter un ton prudent quant à l'impact de la hausse des coûts du pétrole sur l'inflation.

La Banque centrale ⁠européenne (BCE) maintiendra probablement jeudi ses taux d'intérêt, mais pourrait se déclarer prête à les relever si la guerre en Iran entraîne une hausse durable de l'inflation dans la zone euro.

On s'attend à ce que la Banque d'Angleterre (BoE) ‌pèse également ses mots avec soin ce jeudi et laisse ses taux inchangés face aux risques d'inflation.

LES VALEURS A SUIVRE :

A WALL STREET

La Bourse de New York a fini en nette baisse ⁠mercredi après la décision de la Fed et dans un contexte d'escalade des tensions au Moyen-Orient.

L'indice Dow Jones a cédé 1,63%, le S&P-500, plus ⁠large, a perdu 1,36%, et le Nasdaq Composite a ‌reculé de son côté de 1,46%.

EN ASIE

L'indice Nikkei de la Bourse de Tokyo a plongé de 3,38%, les investisseurs évaluant la décision de la BoJ et l'impact économique du conflit au Moyen-Orient.

"Si les marchés perçoivent la ​BoJ comme hésitante à relever ses taux, la dépréciation du yen pourrait s'accélérer, faisant ainsi de l'évolution des taux ‌de change un facteur déterminant pour le calendrier de la prochaine hausse des taux", a déclaré Saisuke Sakai, économiste senior chez Mizuho Research & Technologies.

Le conflit au Moyen-Orient pèse également sur les Bourses chinoises.

L'indice composite de la Bourse de Shanghai a reculé de ​1,39% et le CSI 300 des grandes capitalisations a abandonné 1,61%.

La Bourse de Hong Kong perd 1,9%.

TAUX / CHANGES

Les rendements obligataires progressent jeudi, notamment sur les échéances courtes, les investisseurs ayant revu à la baisse leurs anticipations de baisse des taux de la Fed pour cette année.

Le rendement des Treasuries à dix ans prend près de 2 points de base à 4,2748%. Le deux ans avance de 5,8 points de base à ⁠3,8009%.

Dans la zone euro, le rendement du Bund allemand à dix ans prend 3,1 points de base à 2,9721%. Le deux ans gagne 6 points de base à 2,5061%.

Le dollar grappille 0,06% face à un panier de devises de référence après la décision de la Fed et dans le contexte de l'escalade au Moyen-Orient.

L'euro prend quant à lui 0,14% à 1,1466 dollar.

Le yen évolue en hausse (+0,2%) face au dollar à 159,43, mais frôle son plus bas niveau depuis deux ans, peinant à se stabiliser face au billet vert.

La monnaie japonaise a perdu de plus de 2% face au dollar depuis le début de la guerre en Iran fin février, les investisseurs s'inquiétant de l'impact d'un conflit prolongé sur l'inflation et la croissance et se tournant vers le billet vert, considéré comme la valeur refuge par excellence.

PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L'AGENDA DU 19 MARS:

PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT

USA 12h30 Indice Philly Fed mars 10,0 16,3

USA 12h30 Inscriptions ​hebdomadaires au sem. au 14 215.000 213.000

chômage mars

(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Augustin Turpin)