L'Europe vue en nette baisse, craintes d'une nouvelle escalade au Moyen-Orient
information fournie par Reuters 23/03/2026 à 08:34

PHOTO DE FICHIER : Euronext Amsterdam à Amsterdam

par Diana Mandia

Les principales Bourses européennes sont attendues en nette baisse lundi à l'ouverture, l'ultimatum lancé par Donald Trump pour la réouverture ‌du détroit d'Ormuz et la menace de représailles iraniennes sur les infrastructures énergétiques et de désalinisation des pays du Golfe faisant craindre une intensification du conflit au Moyen-Orient.

Les contrats à terme sur indices suggèrent une ouverture en baisse de 0,95% pour le CAC ​40 parisien, de 1,8% pour le Dax à Francfort et de 1,26% pour le FTSE à Londres

Le Stoxx 600 devrait ouvrir sur un repli de 1,36%.

La guerre en Iran en est à sa quatrième semaine, sans signe d'une fin prochaine et avec un risque imminent d'escalade qui pourrait faire grimper encore davantage les prix du pétrole et du gaz.

Donald Trump a fixé samedi soir un ultimatum de 48 heures aux autorités iraniennes pour rouvrir le détroit d'Ormuz, sous peine "d'anéantir" les centrales électriques iraniennes, et Téhéran a réagi ​en menaçant de s'en prendre aux infrastructures énergétiques et de désalinisation des pays du Golfe abritant des intérêts américains.

"Trump tente de montrer qu'il est capable d'aller plus loin dans l'escalade, ce qui aboutirait à une stratégie de la terre brûlée pour les infrastructures du Golfe", a déclaré Amrita Sen, d'Energy Aspects.

Les cours du pétrole sont pour l'instant ​très volatils et alternent hausses et baisses en début de journée en Europe, les investisseurs analysant également d'autres informations parues des ⁠derniers jours.

Le Brent prend 1,14% à 113,47 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) 2,83% à 101,01 dollars vers 07h19 GMT.

Vendredi, l'administration Trump a suspendu pour 30 jours les sanctions concernant l'achat de pétrole iranien ‌bloqué en mer, sa dernière tentative visant à faire baisser les prix du brut.

Les États-Unis avaient auparavant assoupli leurs sanctions sur le pétrole russe.

Fatih Birol, le chef de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), a dit lundi lors d'un événement à Canberra que des réserves supplémentaires de pétrole pourraient être libérées pour faire face à la situation, qu'il a décrit comme pire que les deux chocs pétroliers survenus dans les ​années 1970 combinés.

L'Irak a pour sa part invoqué la force majeure pour tous les gisements pétroliers ‌exploités par des compagnies pétrolières étrangères, ont déclaré trois responsables du secteur de l'énergie, tandis que la filiale gazière d'ADNOC, la compagnie pétrolière nationale d'Abou Dhabi, a annoncé lundi ⁠avoir procédé à des ajustements temporaires de sa production de gaz naturel liquéfié (GNL), citant les perturbations persistantes du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz.

Le risque d'inflation liée à l'énergie met les obligations à rude épreuve, les rendements des bons du Trésor à 10 ans atteignant leur plus haut niveau depuis huit mois, ce qui devrait également peser sur les valorisations boursières.

Les investisseurs ont radicalement revu leurs prévisions concernant la politique monétaire des banques centrales. On ne s'attend plus à ce que la Réserve fédérale (Fed) abaisse ses taux ⁠cette année, tandis que la Banque centrale européenne (BCE) devrait ‌les relever de 75 points de base et la Banque d'Angleterre (BoE) de 85 points de base.

Les interventions de Piero Cipollone, membre du directoire de la BCE, et de Philip Lane, chef économiste de l'institution, ⁠sont attendues dans la journée.

LES VALEURS A SUIVRE : [L8N4080N7]

A WALL STREET

La Bourse de New York a fini en nette baisse vendredi, affectée par les tensions géopolitiques et par les doutes quant à l'évolution de la politique de la Fed.

A la clôture des marchés américains, ‌l'indice Dow Jones a cédé 0,96%, le S&P-500, plus large, a perdu 1,51%, et le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a de son côté reculé de 2,0%).

EN ASIE

L'indice Nikkei de la Bourse Tokyo a fini en nette ⁠baisse lundi (-3,48%), la situation au Moyen-Orient suscitant de vives inquiétudes dans une économie fortement dépendante des importations d'énergie.

L'indice Kospi de Séoul souffre également, perdant plus de 6% et ⁠clôturant à son plus bas niveau depuis deux semaines.

En Chine, ‌l'indice CSI 300 des grandes capitalisations a reculé de 3,26% et le SSE Composite de Shanghaï perd 3,63%.

La Bourse de Hong Kong abandonne 4,03%.

TAUX / CHANGES

Le rendement des Treasuries à dix ans prend 2,5 points de base à 4,4175%. Le deux ans, le plus sensible ​aux anticipations sur les taux, grimpe de 6 points de base à 3,9541%, dans un contexte marqué par les craintes inflationnistes liées aux prix ‌de l'énergie.

Le rendement des obligations d'État japonaises à 10 ans a pour sa part atteint lundi son plus haut niveau depuis le 21 janvier dernier, à 2,320%.

Le Japon envisage par ailleurs de réduire ses rachats d'obligations indexées sur l'inflation, conçus pour protéger les investisseurs contre la hausse des prix, ​alors que la demande des investisseurs s'intensifie, ont déclaré lundi à Reuters deux sources proches du dossier.

Dans la zone euro, le rendement du Bund allemand à dix ans prend 2 points de base à 3,0584%, tandis que celui de l'obligation à deux ans gagne près de 3 points de base à 2,6968%.

Goldman Sachs dit désormais s'attendre à ce que la BCE procède à deux hausses de taux d'intérêt de 25 points de base en avril et en juin, rejoignant ainsi les prévisions de J.P. Morgan et ⁠Barclays.

Sur le marché des changes, le dollar avance 0,16% face à un panier de devises de référence, la risque d'escalade du conflit stimulant la demande d'actifs refuges.

Le yen recule de 0,15% face au billet vert, à 159,44 pour un dollar.

L'euro perd 0,34% à 1,1531 dollar.

METAUX

Le cours de l'or recule de plus de 8% lundi à 4.129,19 dollars l'once, après avoir connu sa pire semaine depuis environ 43 ans, l'escalade du conflit au Moyen-Orient renforçant les anticipations d'une hausse des taux d'intérêt mondiaux.

"Alors que le conflit iranien entre dans sa quatrième semaine et que les cours du pétrole oscillent autour de la barre des 100 dollars, les anticipations sont passées d’une baisse des taux à une éventuelle hausse, ce qui a terni l’attrait de l’or du point de vue du rendement", a déclaré Tim Waterer, analyste chez KCM Trade.

Le métal jaune a chuté de plus de 10% la semaine dernière et de plus de 20% par rapport à son plus haut historique de 5.594,82 dollars l'once, atteint le 29 janvier dernier.

PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES ​À L'AGENDA DU 23 MARS :

PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT

EZ 15h00 Confiance du mars -14,4 -12,2

consommateur (flash)

(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Augustin Turpin)