L'Europe vue en légère hausse, le pétrole et les rendements sous surveillance
information fournie par Reuters 28/09/2026 à 07:54

Le mot « Bourse » figure sur une enseigne près du Palais Brongniart, ancienne Bourse de Paris, situé place de la Bourse à Paris

par Diana Mandia

Les principales Bourses européennes sont attendues en légère hausse lundi à l'ouverture, même si l'incertitude entourant les négociations pour ‌mettre fin au conflit au Moyen-Orient continue d'exercer une pression sur les cours du pétrole et des obligations au début d'une semaine riche en données macroéconomiques.

D'après les premières indications disponibles, le CAC 40 parisien pourrait gagner 0,24% à l'ouverture.

Les contrats ​à terme signalent une hausse de 0,19% pour le Dax à Francfort, de 0,14% pour le FTSE à Londres et de 0,17% pour le Stoxx 600.

La semaine commence alors que les investisseurs digèrent un nouveau revers dans les négociations entre Washington et Téhéran, le président américain, Donald Trump, ayant annoncé ce week-end qu'il rejetait la proposition de l'Iran de rouvrir le détroit d'Ormuz dans un délai de sept jours et de mettre fin aux hostilités.

Bien que le locataire de la Maison ​blanche ait déclaré ensuite à Axios que les négociateurs américains devaient entamer de nouvelles discussions cette semaine et que l'Iran ait réaffirmé que seule la diplomatie pouvait résoudre le conflit, les investisseurs restent méfiants face aux nombreuses incertitudes qui pèsent sur une issue favorable à court terme.

Ormuz n'est d'ailleurs pas le seul front de ​cette guerre qui dure depuis fin février.

La coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite intervenant au Yémen a déclaré samedi avoir ⁠intercepté deux missiles et deux drones lancés par les rebelles houthis, qui ont annoncé en juillet dernier un blocus maritime des exportations pétrolières du royaume.

L'absence de progrès se traduit par une nouvelle hausse des prix du ‌pétrole, le Brent, le contrat de référence pour le marché mondial, avançant de 2,82% à 107,26 dollars le baril lundi matin, tandis que le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) prend 1,87% à 94,14 dollars.

"Les produits pétroliers raffinés restent un point sensible, les prix record du diesel aux États-Unis accentuant les risques d'inflation et relançant le débat sur d'éventuelles restrictions à l'exportation", soulignent les ​analystes d'ANZ.

Un projet de ce genre, bien que démenti pour l'instant par Washington, réduirait l'offre ‌en dehors des États-Unis, ce qui pourrait accentuer encore davantage la hausse des prix en Europe.

L'augmentation des exportations de pétrole et de produits raffinés en provenance du ⁠Golfe, comme le montrent les données de la société de suivi des navires Kpler, n'a pour l'instant pas eu d'incidence sur les prix.

Dans ces conditions, les investisseurs resteront très attentifs au marché obligataire, qui se tend encore davantage à chaque nouvelle hausse du prix du pétrole.

Les opérateurs anticipent déjà une politique plus restrictive de la part des banques centrales pour maîtriser l'inflation, d'autant plus qu'une série de données provenant des deux côtés de l'Atlantique laisse penser aux investisseurs qu'elles peuvent y parvenir ⁠sans freiner l'activité économique.

L'emploi américain et l'inflation aux ‌Etats-Unis et en zone euro seront au coeur du programme de la semaine et pourraient encore influer sur les anticipations quant à l'évolution des taux.

LES VALEURS A SUIVRE : [L8N45H155]

A WALL STREET

La Bourse de ⁠New York a fini en hausse vendredi grâce aux valeurs liées à l'IA.

Le niveau élevé des cours du brut et des rendements du Trésor américain continue cependant d'inciter les investisseurs à la vigilance au terme d'une semaine en dents de scie.

L'indice ‌Dow Jones a gagné 0,93%, le Standard & Poor's 500, plus large, a pris 0,51%, et le Nasdaq Composite a avancé de son côté de 0,48%.

Microsoft, qui a dévoilé de nouvelles fonctionnalités de son application Copilot, ⁠notamment un outil de programmation et un agent IA disponible en permanence, a gagné 3,7%.

L'IA reste un sujet clé pour les investisseurs. La Chine et les ⁠États-Unis ont convenu de lancer un dialogue sur cette technologie ‌en essor, dans le cadre d'un consensus en huit points conclu lors de la visite du président chinois Xi Jinping aux États-Unis, a indiqué samedi le ministère chinois des Affaires étrangères.

L'IA doit être encadrée bien au-delà d'un seul dispositif d'autorégulation, ​a par ailleurs déclaré Bill Gates, cofondateur de Microsoft, appelant le Congrès américain à adopter une législation en la matière.

Les contrats à ‌terme donnent lundi une baisse de 0,4% pour le Dow Jones, de 0,38% pour le Standard & Poor's-500 et de 0,74% pour le Nasdaq.

EN ASIE

L'indice Nikkei de la Bourse de Tokyo a perdu les gains enregistrés en début de séance et perd 0,14%, pénalisé par le recul des ​contrats à terme aux Etats-Unis, tandis que les investisseurs attendent les résultats du fabricant américain de puces mémoire Micron Technology plus tard cette semaine.

En Chine, les Bourses reculent nettement lundi, l'optimisme suscité par le sommet américano-chinois de la semaine dernière s'étant estompé. Les valeurs technologiques reculent après qu'un groupe bipartite de députés américains a présenté vendredi un projet de loi visant à interdire au gouvernement fédéral d'équiper les systèmes gouvernementaux sensibles de composants de fabrication chinoise dans les centres de ⁠données dédiés à l'IA.

L'indice CSI 300 des grandes capitalisations perd 2,32%, tandis que le SSE Composite de Shanghaï cède 1,83%.

La Bourse de Hong Kong gagne en revanche 0,78%.

TAUX / CHANGES

Les rendements américains avancent lundi, portés par la nouvelle hausse des prix de l'énergie.

Le rendement des Treasuries à dix ans gagne 2,8 points de base à 5,2087% et celui du titre à deux ans prend 4,2 points de base à 4,9056%.

Le marché obligataire reste fortement affecté par la hausse des anticipations d'inflation et le renforcement de paris sur les hausses de taux de la Réserve fédérale (Fed) dans les mois à venir : le rendement des obligations américaines à 30 ans a atteint la semaine dernière son plus haut niveau depuis 22 ans, tandis que celui des obligations de référence à 10 ans a touché un pic de 19 ans.

Sur le marché des changes, le dollar gagne 0,14% face à un panier de devises de référence et l'euro perd 0,05% à 1,1385 dollar.

AUCUN INDICATEUR ÉCONOMIQUE ​MAJEUR À L'AGENDA DU 28 SEPTEMBRE

(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Augustin Turpin)