L'Europe vue en hausse malgré l'incertitude au Moyen-Orient
information fournie par Reuters 02/06/2026 à 08:54

Le logo de l'Euronext sur un bâtiment du quartier de la Défense à Courbevoie

par Diana Mandia

Les principales Bourses européennes sont attendues en hausse mardi à l'ouverture, l'annonce par le Liban d'un cessez-le-feu ‌partiel entre le Hezbollah et Israël apportant un certain soulagement après une séance mouvementée la veille, et même si l'incertitude entourant les négociations de paix au Moyen-Orient garde les opérateurs sur le qui-vive.

Les contrats à terme signalent une hausse ​de 0,39% pour le CAC 40 parisien, de 0,58% pour le Dax à Francfort, de 0,39% pour le FTSE à Londres et de 0,56% pour le Stoxx 600.

Les perspectives de paix au Moyen-Orient devraient à nouveau retenir l'attention des investisseurs, une fois de plus désorientés face à la profusion d'informations sur l'évolution des discussions et attentifs à la situation au Liban, théâtre d'une escalade militaire israélienne contre le Hezbollah qui pourrait compliquer encore davantage la sortie du conflit.

Après ​un regain de tensions au cours du week-end, le Liban a annoncé lundi soir un cessez-le-feu partiel entre le Hezbollah et Israël et, bien que de nouveaux affrontements aient eu lieu ces dernières heures entre les deux parties, cette annonce a quelque peu apaisé les esprits face à des tensions qui ​menaçaient de faire échouer les négociations, déjà complexes, entre Washington et Téhéran.

Selon l'agence de presse Tasnim, l'Iran, qui ⁠réclame que tout accord de paix avec les Etats-Unis scelle la fin des hostilités sur tous les fronts, avait décidé de suspendre les négociations en cours avec Washington en raison des attaques israéliennes au Liban, ‌un revirement qui a de nouveau secoué les marchés énergétiques et fait grimper les prix du pétrole lundi.

Les cours du Brent reculent de de 0,99% à 94,04 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) perdent 1,09% à 91,16 dollars, ce qui témoigne d'un climat moins agité ce mardi.

Le président américain Donald Trump a pour sa part dit ​croire à un accord dans les prochains jours.

"La situation devrait rester instable pour le ‌moment, au moins jusqu'à ce que l'Iran et les États-Unis parviennent à un accord concret dans le cadre de leurs négociations", a déclaré Kumiko Ishikawa, analyste ⁠chez Sony Financial Group, ajoutant que les marchés devraient continuer à se montrer nerveux et sensibles aux informations relayées par la presse.

La persistance du conflit maintient les opérateurs en alerte, la guerre déclenchée par l'opération américano-israélienne contre l'Iran fin février faisant craindre une vague inflationniste qui obligerait les banques centrales à resserrer leur politique monétaire.

Dans la zone euro, la publication, à 9h00 GMT, des données préliminaires sur l'inflation du mois de mai sera une bonne occasion de mesurer ⁠ces pressions, alors que les marchés s'attendent à ‌une hausse des taux d'intérêt par la BCE lors de sa réunion de ce mois-ci.

Les investisseurs attendent également mardi l'enquête JOLTS sur le nombre d'offres d'emploi aux États-Unis, qui donne ⁠un aperçu du marché du travail avant la publication du rapport mensuel vendredi.

LES VALEURS À SUIVRE :

À WALL STREET

La Bourse de New York a fini en hausse lundi, portée par la présentation d'une nouvelle puce Nvidia (+6,26%) promettant d'intégrer directement des ‌capacités d'intelligence artificielle (IA) dans les ordinateurs personnels et malgré le flou concernant les négociations de paix entre les États-Unis et l'Iran.

Les valeurs technologiques ont soutenu le Nasdaq et le S&P 500, qui ont ⁠atteint de nouveaux records de clôture.

L'indice Dow Jones a gagné 0,09%, le Standard & Poor's 500, plus large, a pris 0,26%, et le Nasdaq Composite a ⁠avancé de son côté de 0,42%.

Le secteur lié à l'IA ‌reste un pilier essentiel de la Bourse de New York, et cette technologie en plein essor ne cesse de faire parler d'elle : La start-up Anthropic a déposé en toute confidentialité une demande d'introduction en Bourse aux États-Unis, devançant ​ainsi son concurrent OpenAI dans la course pour accéder aux marchés boursiers.

EN ASIE

L'indice Nikkei de la Bourse de Tokyo a reculé ‌mardi après avoir atteint un nouveau record lors de la séance précédente, l'incertitude géopolitique pesant sur l'appétit pour le risque et le récent rallye lié à la technologie incitant à la prise de bénéfices.

Les Bourses chinoises sont en revanche dans le vert, portées par ​les valeurs technologiques. L'indice composite de la Bourse de Shanghai progresse de 0,45% et le CSI 300 des grandes capitalisations avance de 1,47%.

La Bourse de Hong Kong gagne 1,82%.

TAUX / CHANGES

Le marché obligataire se calme quelque peu après la hausse des taux enregistrée la veille.

Le rendement des Treasuries à dix ans perd 4,7 points de base à 4,4296%, tandis que celui du titre à deux ans cède 3 points de base à 4,0205%.

Dans la zone euro, le ⁠rendement du Bund allemand à dix ans perd 5,2 points de base à 2,9608%, tandis que celui de l'obligation à deux ans perd 4,5 points de base à 2,5844%.

Sur le marché des changes, le dollar perd 0,11% face à un panier de devises de référence et l'euro gagne 0,13% à 1,1645 dollar.

La pression sur le yen se poursuit, celui-ci s'établissant mardi à 159,68 pour un dollar, mais les autorités financières japonaises se sont abstenues de renforcer leurs mises en garde, une modération qui, selon les analystes, traduit une certaine prudence, les récentes interventions pour soutenir la devise n'ayant eu qu'un effet de courte durée.

"Nous maintenons notre position et restons prêts à intervenir sur le marché des changes si nécessaire", a déclaré mardi la ministre japonaise des Finances, Satsuki Katayama, lors d'une conférence de presse, tout en mettant en garde contre les mouvements spéculatifs.

PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L'AGENDA DU MARDI 2 JUIN :

PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT

FR 06h45 Déficit budgétaire avril -42,87

mds

ZE 09h00 Inflation IPCH sur ​un an mai 3,2% 3,0%

(flash)

US 14h00 Offres d'emploi JOLTS avril 6,880 mlns 6,866

mlns

(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Augustin Turpin)