L'Europe vue en baisse, la géopolitique et la "tech" pèsent
information fournie par Reuters 13/10/2026 à 08:13

La bourse Euronext, située dans le quartier d'affaires de La Défense à Paris

par Diana Mandia

Les principales Bourses européennes sont attendues en baisse mardi à l'ouverture, dans un climat de prudence lié ‌aux tensions accrues au Moyen-Orient et aux doutes sur l'intelligence artificielle (IA), tandis que les investisseurs attendent la publication des résultats des grandes banques américaines plus tard dans la journée.

D'après les premières indications disponibles, le CAC 40 parisien pourrait ​perdre 0,35% à l'ouverture.

Les contrats à terme signalent une baisse de 0,11% pour le Dax à Francfort et de 0,09% pour le Stoxx 600. Le FTSE de la Bourse de Londres est en revanche vu sur un gain de 0,21%.

Les frappes meurtrières qui ont visé l'aéroport international de Ryad, capitale de l'Arabie saoudite, le week-end dernier, ont mis en évidence l'instabilité d'une région clé pour l'approvisionnement en pétrole, ce qui a propulsé lundi le Brent à ​son plus haut niveau depuis environ deux semaines, à plus de 106 dollars le baril.

Même si les cours reculent légèrement mardi dans la matinée, la récente escalade des Houthis yéménites, alliés de Téhéran, contre le royaume, partenaire de Washington, ne contribue pas à rassurer un marché extrêmement sensible, avec le ​risque que la dette souveraine soit à nouveau sous pression après un léger répit ces derniers jours.

"Les marchés ⁠redécouvrent que la géopolitique prend toute son importance lorsqu'elle se répercute sur l'inflation", souligne Charu Chanana, stratège en chez Saxo à Singapour.

La trêve énergétique entre la Russie et l'Ukraine annoncée dimanche par Donald Trump ‌semble, pour le moins, fragile, le président Volodimir Zelensky ayant déjà accusé Moscou de l'avoir violée en menant des attaques contre six cibles énergétiques dans le pays.

La publication, mercredi, des chiffres de l'inflation américaine donnera un aperçu actualisé de l'évolution des prix à l'approche de la réunion de la Réserve fédérale (Fed) en fin de mois et des élections de mi-mandat ​aux États-Unis, mais avant cela, ce mardi même, les investisseurs prendront connaissance des résultats ‌trimestriels de plusieurs grandes banques américaines, un autre bon indicateur du climat économique après des mois de turbulences géopolitiques.

Les opérateurs chercheront avant tout à déceler ⁠les signes de l'impact de la récente flambée des rendements obligataires sur les opérations de fusion-acquisition et la croissance des prêts.

Les investisseurs suivent également de près le secteur de l'intelligence artificielle (IA), préoccupés non seulement par les dépenses colossales qu'il engendre, mais aussi par la présence croissante de concurrents chinois tels que CXMT, ce qui pèse mardi sur les marchés asiatiques après avoir affecté Wall Street la veille.

De manière plus générale, les opérateurs analysent les dernières prévisions ⁠de croissance du Fonds monétaire international (FMI), qui estime ‌que l'économie mondiale parviendra en 2026 à enregistrer une croissance supérieure à 3% grâce aux investissements dans l'IA, qui compensent le choc énergétique provoqué par la guerre au Moyen-Orient.

L'institution financière ⁠a revu à la hausse sa prévision de croissance pour la zone euro cette année, mais abaissé celles concernant la France, dont la croissance ne devrait atteindre que 0,4%, en ligne avec les perspectives de la Banque de ‌France (BdF).

LES VALEURS À SUIVRE : [L8N45Y1DZ]

La saison des résultats bat également ses débuts en Europe.

Le géant du luxe LVMH a fait état lundi d'une croissance organique de ses ventes inférieure aux attentes des analystes ⁠au troisième trimestre, la demande pour ses marques de mode et de maroquinerie s'étant détériorée en raison de la faiblesse du marché en Chine.

Eramet a ⁠pour sa part confirmé lundi son intention de lancer une ‌augmentation de capital avec Droits Préférentiels de Souscription (DPS) de 500 millions d'euros au quatrième trimestre de 2026 qui va faire de l'État français le principal actionnaire du groupe.

À WALL STREET

La Bourse de New York a fini en ​ordre dispersé lundi, les investisseurs se montrant prudents face à la hausse des cours pétroliers.

L'indice Dow Jones a gagné 0,38%, le ‌Standard & Poor's 500, plus large, a perdu 0,06%, et le Nasdaq Composite a reculé de son côté de 0,44%.

Aux valeurs, Microsoft a gagné 1,1% après avoir dévoilé lundi sa nouvelle puce IA, Maia 300.

La performance des fabricants de puces a été particulièrement faible, ​l'indice des semi-conducteurs de Philadelphie reculant jusqu'à son plus bas niveau en trois semaines, après des informations sur les progrès rapides de leur rival chinois ChangXin Memory Technologies (CXMT).

EN ASIE

L'indice Nikkei de la Bourse de Tokyo recule de 1,96%, plombé par les valeurs technologiques, dans le sillage de Wall Street la veille.

L'indice Kospi de la Bourse de Séoul est également à la peine, perdant 5,5%.

La vague de ventes d'actions liées à l'IA se fait également sentir ⁠en Chine, ce qui a entraîné le CSI 300 à son plus bas niveau depuis plus d'un an.

L'indice des grandes capitalisations de Chine continentale efface toutefois ses pertes vers la fin de la séance et avance de 0,39%, tandis que le SSE Composite de Shanghaï prend 0,55%.

La Bourse de Hong Kong cède 0,02%.

TAUX / CHANGES

Le rendement des Treasuries à dix ans recule de 4,4 points de base à 5,2000% après un week-end prolongé, tandis que celui du titre à deux ans perd près de 2 à 4,7722%.

Sur le marché des changes, le dollar perd 0,15% face à un panier de devises de référence, tout en restant proche d'un pic de 18 mois, tandis que l'euro gagne 0,17% à 1,1172 dollar.

PÉTROLE

Le Brent cède 0,98% à 105,61 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) perd 1,07% à 92,74 dollars.

PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L'AGENDA DU 13 OCTOBRE :

PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT

DE 06h00 Inflation (final) septembre

- sur un mois +0,6% +0,6%*

- ​sur un an +3,3% +3,3%*

* précédente estimation

(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Augustin Turpin)