L'Europe vue dans le rouge, les tensions au Moyen-Orient s'intensifient
information fournie par Reuters 02/09/2026 à 12:32

Ouverture des marchés à la Bourse de Londres

par Coralie Lamarque

Les principales Bourses européennes sont attendues en baisse mercredi à l'ouverture, une nouvelle vague ‌de frappes au Moyen-Orient maintenant la pression sur les prix du pétrole et les rendements.

D'après les premières indications disponibles, le CAC 40 parisien pourrait perdre 0,15% à l'ouverture.

Les contrats à terme signalent ​une baisse de 0,48% pour le Dax à Francfort, de 0,37% pour le FTSE à Londres et de 0,39% pour le Stoxx 600.

Le contexte géopolitique continue de tourmenter les investisseurs, les États-Unis ayant mené mardi soir une série de bombardements en Iran, provoquant une riposte de la part de Téhéran, réduisant ainsi les espoirs d'un apaisement rapide des tensions au Moyen-Orient.

Ces nouvelles frappes ​alimentent le risque d'une escalade des hostilités à la suite des échanges de tirs survenus au cours du week-end, pour la première fois depuis juillet et alors que le conflit dure depuis désormais plus de six mois, attisant les craintes concernant l'approvisionnement ​en pétrole et l'inflation.

Téhéran a prévenu qu'il empêcherait toutes les exportations de pétrole depuis le ⁠Golfe, ne cédant pas aux menaces du président américain Donald Trump qui a répété mardi que Washington frapperait l'Iran "encore plus fort" en cas de réponse aux récentes attaques ‌américaines.

Par conséquent, les cours du pétrole s'envolent à leur plus haut niveau depuis cinq semaines, le Brent s'établissant à plus 95 dollars le baril.

En parallèle, les données préliminaires ont montré mardi que l'inflation en zone euro s'est accélérée à 3,3% sur un an en août, soit bien supérieur à l'objectif ​fixé par la Banque centrale européenne (BCE) à 2%.

Cette recrudescence des tensions au ‌Moyen-Orient conjuguée aux données économiques assombrit les perspectives des marchés à l'aube des réunions de politique monétaire, avec notamment celle de ⁠la BCE les 9 et 10 septembre suivie de la Fed les 15 et 16 septembre, les paris d'un resserrement monétaire se renforçant.

Les marchés évaluent à 67% la probabilité d’une hausse de 25 points de base des taux d’intérêt de référence lors de la prochaine réunion de la banque centrale américaine, contre 39,6% il y a une semaine, selon l’outil FedWatch du CME ⁠Group.

"Préparez-vous à un mois de forte volatilité, ‌car les rendements élevés suscitent des inquiétudes dans toutes les classes d'actifs", ont déclaré les analystes de DBS dans une note.

"Si la chute des obligations ⁠ne se résorbe pas, les décideurs politiques devront probablement recourir à des mesures plus agressives pour plafonner les rendements", ont-ils ajouté.

LES VALEURS À SUIVRE :

À WALL STREET

La Bourse de New York a ‌fini en baisse mardi, sous l'effet des hausses des rendements obligataires et des prix du pétrole dans un contexte de regain des hostilités entre les États-Unis et ⁠l'Iran, douchant de quelconques espoirs d'une issue au conflit ayant fait flamber les prix énergétiques mondiaux.

L'indice Dow Jones a cédé 0,79%, ⁠ou 418,97 points, à 52.766,9 points.

Le S&P-500, plus ‌large, a perdu 54,67 points, soit 0,71%, à 7.631,47 points.

Le Nasdaq Composite a reculé de son côté de 271,11 points (1,03%) à 26.099,77 points.

EN ASIE

Les marchés boursiers asiatiques chutent mercredi à la ​suite des nouvelles frappes aériennes américaines contre l'Iran.

La Bourse de Tokyo chute de 2,68% à 64.439,54 points.

En ‌Chine, l'indice composite de la Bourse de Shanghai recule de 0,93% et le CSI 300 des grandes capitalisations abandonne 1,33%. La Bourse de Hong Kong perd 0,80%.

TAUX / CHANGES

Sur le marché obligataire, la vague de ventes se poursuit ​à l'échelle mondiale, la flambée des prix du pétole en raison de la reprise des frappes au Moyen-Orient faisant craindre l'explosion de la dette publique.

Le rendement des Treasuries à dix ans avance de 0,8 point de base à 4,8041% et le deux ans de 0,6 point de base à 4,4001%.

Sur le marché des changes, le billet vert se maintient près de son ⁠plus haut niveau depuis deux semaines, l'attrait de la devise en tant que valeur refuge étant renforcé par la hausse des rendements des bons du Trésor et les anticipations croissantes d'une hausse des taux de la Fed.

Le dollar grignote 0,07% face à un panier de devises de référence, tandis que l'euro perd 0,11% à 1,1579 dollar.

PÉTROLE

Les cours du pétrole restent à la hausse, prolongeant la forte hausse enregistrée lors de la séance précédente, les frappes réciproques entre les États-Unis et l'Iran dans la nuit amplifiant les craintes concernant l'approvisionnement mondial par le Golfe.

Le Brent prend 0,71% à 95,32 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) avance de 0,37% à 90,55 dollars.

PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L'AGENDA DU 2 SEPTEMBRE:

PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT

FR 06h45 Solde budgétaire juillet n.d. €-106,77

mds

USA 12h15 Enquête ADP sur ​l'emploi août 48.000 44.000

USA 14h00 Commandes à l'industrie juillet +0,6% -0,3%

(Rédigé par Coralie Lamarque, édité par Augustin Turpin)