L'Europe vue dans le rouge, les regards braqués sur l'Iran
information fournie par Reuters 03/03/2026 à 07:48

Des crics de pompe à pétrole imprimés en 3D, le drapeau iranien et un graphique boursier

par Mara Vilcu

Les principales Bourses européennes sont attendues dans le rouge mardi à l'ouverture, alors que ‌les investisseurs s'interrogent quant aux conséquences des frappes américaines et israéliennes contre l'Iran sur les prix de l'énergie et l'économie mondiale.

D'après les premières indications disponibles, le CAC 40 parisien pourrait perdre ​0,92% à l'ouverture.

Les contrats à terme signalent une baisse de 1,22% pour le Dax à Francfort, de 0,49% pour le FTSE à Londres et de 1,12% pour l'EuroStoxx 50.

"L'incertitude en matière de politique économique était déjà élevée et, avec le conflit iranien, le risque géopolitique devrait également augmenter", estime Rupal Agarwal, stratège quantitatif pour l'Asie chez Bernstein à Singapour.

Les marchés mondiaux sont ​pris dans dans un climat d'incertitude accrue alors que le président américain Donald Trump cherche à justifier une guerre ouverte et sans limite avec l'Iran, ce qui fait à nouveau chuter les actions et augmentant encore les prix de l'énergie.

"Nous sommes ​déjà considérablement en avance sur nos prévisions", a-t-il dit dans ses premiers commentaires publics depuis ⁠le début du conflit, alors que plus d'un millier de cibles en Iran avaient été frappées et que le guide suprême de la Révolution iranienne, l'ayatollah Ali ‌Khamenei, a été tué samedi, de même que d'autres hauts responsables à Téhéran.

"Mais peu importe le temps que ça prendra, ça ira. Tout ce qui est nécessaire", a-t-il ajouté.

Lundi soir, les Etats-Unis ont conseillé à leurs ressortissants de partir immédiatement de plus d'une dizaine de pays du Proche-Orient, citant ​des "risques sécuritaires", alors que la guerre livrée par Washington et Israël contre ‌l'Iran s'est intensifiée et élargie, avec un nouveau front ouvert au Liban.

Et alors qu'aucune fin aux hostilités n'est en vue, un ⁠responsable des Gardiens de la révolution iranienne a dit lundi que le détroit d'Ormuz était fermé au trafic maritime et que le pays tirerait sur tout navire tentant de le franchir.

En dehors du plan géopolitique, les investisseurs vont surveiller avec attention les chiffres sur l'inflation préliminaire dans la zone euro attendus à 10h GMT.

LES VALEURS A SUIVRE : [L8N3ZQ2KH]

A WALL STREET

La Bourse de New ⁠York a résisté lundi au choc ‌provoqué par le déclenchement au cours du week-end par les Etats-Unis et Israël d'une guerre contre la République islamique d'Iran, qui fait craindre un embrasement ⁠régional et provoque une flambée des cours du pétrole susceptible de peser sur l'économie mondiale.

L'indice Dow Jones a cédé 0,15%, ou 73,14 points, à 48.904,78 points. Le Standard & Poor's 500, plus ‌large, a pris 2,74 points, soit 0,04% à 6.881,62 points. Le Nasdaq Composite a avancé de son côté de 80,65 points, soit 0,36% à 22.748,857 points.

EN ASIE

La Bourse ⁠de Tokyo recule de 3,19%, les investisseurs restant nerveux pour la deuxième journée consécutive après les frappes américaines et israéliennes ⁠contre l'Iran.

Les actions de la Bourse de Shanghaï ‌ont brièvement atteint leur plus haut niveau depuis dix ans avant de reculer en milieu de journée mardi, tandis que celles de Hong Kong prolongent leur baisse, la guerre au Moyen-Orient ​pesant sur le moral des investisseurs et alimentant l'aversion au risque sur les marchés régionaux.

L'indice composite ‌de la Bourse de Shanghai recule de 0,93% et le CSI 300 des grandes capitalisations abandonne 0,91%.

La Bourse de Hong Kong perd 0,54%.

TAUX

Les rendements américains évoluent peu.

Le rendement des Treasuries à dix ans gagne 0,5 point ​de base à 4,0574%. Le deux ans progresse de 0,1 point de base à 3,4876%.

CHANGES

Le yen et l'euro sont en petite baisse, alors que l'aggravation du conflit au Moyen-Orient attire l'attention sur les pays dépendants des importations d'énergie et sur la manière dont les banques centrales pourraient réagir aux pressions inflationnistes.

Le dollar bénéficie de la demande de valeurs refuges tandis ⁠que la guerre aérienne menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran s'étend aux pays voisins.

Le dollar gagne 0,35% face à un panier de devises de référence.

L'euro perd 0,17% à 1,1667 dollar.

Le yen japonais perd 0,04% pour atteindre 154,70 yens pour un dollar américain.

PÉTROLE

Les prix du pétrole augmentent pour la troisième journée consécutive mardi, alors que l'intensification du conflit entre les États-Unis, Israël et l'Iran et les menaces pesant sur le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz exacerbent les craintes d'une interruption de l'approvisionnement en provenance de cette région clé du Moyen-Orient.

Le Brent gagne 2,69% à 79,83 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) progresse de 2,06% à 72,70 dollars.

PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L'AGENDA DU 3 MARS :

PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT

FR 07h45 Solde budgétaire janvier - -124,74 mds

EZ 10h00 Inflation février

(préliminaire)

- ​sur un an 1,7% 1,7%

(Rédigé par Mara Vîlcu, édité par Augustin Turpin)