L'Europe tient son rebond avec les espoirs de désescalade en Iran
information fournie par Zonebourse 25/03/2026 à 08:39

Les Bourses européennes devraient poursuivre leur redressement des deux derniers jours mercredi matin, les marchés d'actions restant soutenus par l'espoir d'un apaisement des tensions au Moyen-Orient après l'annonce par l'Iran d'une réouverture partielle du détroit d'Ormuz sur fond de négociations avec les Etats-Unis. Les contrats à terme sur indices suggèrent à ce stade une hausse de 0,7% pour le CAC 40 à Paris, une progression de 0,8% pour le DAX à Francfort comme pour l'Euro STOXX 50 alors que le FTSE 100 à Londres - très exposé aux matières premières - devrait débuter en léger repli de 0,2%.

Les investisseurs semblent retrouver un peu d'appétit pour les actifs risqués alors que Téhéran a annoncé que les navires "non hostiles" pouvaient désormais emprunter le détroit d'Ormuz, une réouverture à la navigation qui ferait partie d'un plan en 15 points dévoilé hier par Washington afin de mettre fin au conflit.

Une désescalade qui reste fragile

La tension est toutefois loin d'être retombée dans la région puisque Israël a continué mardi ses bombardements massifs sur la République islamique.

Parallèlement, Benjamin Netanyahu a douché tout espoir de paix rapide en expliquant que c'était à Israël de décider quand la paix devait revenir et ce ne serait pas avant que Tsahal ait atteint "tous ses objectifs".

Par ailleurs, des rumeurs font état du déploiement de 3 000 soldats américains dans la région, ce qui relance l'hypothèse d'une opération terrestre sur le sol iranien, sans compter l'officialisation de la présence de 50 000 soldats dans la région du Golfe, de quoi envisager une opération de grande envergure.

Mais les investisseurs s'accrochent à l'espoir d'une issue diplomatique, comme en témoigne le vigoureux rebond de 2,9% opéré ce mercredi par l'indice Nikkei à la Bourse de Tokyo. A Hong Kong, le Hang Seng affichait toutefois des gains plus limités en fin de séance, de l'ordre de 0,5%, tandis que le CSI 300, regroupant les grandes capitalisations de Chine continentale, s'adjugeait 1,2%.

Détente sur les cours du brut

Le message positif envoyé par Téhéran, perçu comme un premier signe de désescalade dans une crise qui dure depuis près d'un mois, apparaît susceptible d'apaiser - au moins pour un temps - les craintes liées à l'envolée des prix de l'énergie à l'échelle mondiale.

Sur le marché pétrolier, les cours, qui étaient montés lundi à des sommets depuis l'été 2022, subissent des prises de bénéfice dans l'anticipation d'une baisse des tensions sur le dossier iranien.

Le Brent abandonne 3,9% pour revenir en direction de 100 dollars le baril, à 100,4 dollars exactement, et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) cède 3,1% sous 89,5 dollars.

A ce stade de la semaine, le marché pétrolier se dirige vers une première performance hebdomadaire négative à l'issue de cinq semaines de hausse, les spéculations sur un possible succès des discussions en cours prenant le dessus sur les conséquences potentielles des disruptions actuelles.

Léger reflux de l'aversion pour le risque

Signe d'un retour au calme sur les marchés, le franc suisse et le yen, considérés comme des actifs refuge, s'inscrivent en baisse, tandis que l'appétit pour le risque soutient les cryptomonnaies telles que le bitcoin ( 0,8%).

L'espoir d'un apaisement des tensions au Proche-Orient n'avait pas profité à Wall Street hier, même si la place américaine avait achevé la séance sur des replis modérés. Au coup de cloche final, le Dow Jones cédait 0,2%, le S&P 500 autour de 0,4% et le Nasdaq près de 0,8%.

A en croire l'orientation des contrats "futures", la Bourse de New York devrait rebondir de 0,6% à 0,7% cet après-midi.

Divergences de vues, entre pessimisme et opportunités d'achat

D'après certains analystes, les marchés boursiers européens, qui ont subi de plein fouet la résurgence des tensions géopolitiques et le choc énergétique, pourraient être à l'aube d'un rebond tactique significatif, estiment les stratèges de HSBC.

Selon une note publiée par Duncan Toms, le stratège de HSBC, le sentiment de marché a atteint des niveaux de pessimisme si extrêmes qu'il constitue désormais un "signal d'achat à contre-courant".

De son point de vue, ce positionnement exagérément sombre suggère que le risque de baisse est déjà largement intégré dans les cours, ouvrant la voie à une progression de 7% à 8% en cas de désescalade.

D'autres se montrent plus circonspects.

Chez Dorval Asset Management, on estime que la situation pourrait avoir un point de non retour en Europe, ce qui pourrait pousser les investisseurs à continuer à privilégier le marché américain en attendant d'en savoir plus.

"Cette crise a déjà produit un décalage majeur par rapport au consensus de début d'année : la résilience de Wall Street face à la vulnérabilité de l'Europe et de l'Asie", constate François-Xavier Chauchat­­, son économiste et stratégiste.

"L'Europe et l'Asie - très dépendantes en matière d'énergie fossile - ont en effet été très exposées par cette crise", ajoute le spécialiste.

"Dans le cas de l'Europe, ce risque est accentué par les anticipations de hausse des taux de la BCE, qui risquent de ne pas complètement disparaître", prévient-il.

Statu quo sur l'obligataire et l'euro

Sur le marché obligataire, l'annonce d'une possible baisse des tensions sur le dossier iranien ne se traduit pas par une détente des rendements des emprunts d'Etat. Le taux des Treasuries à dix ans prend plus de cinq points de base à 4,39%.

Du côté des changes, l'euro se stabilise face au dollar en réaction au semblant d'apaisement des tensions géopolitiques. La monnaie unique campe toujours sur son support de 1,16 face au billet vert.

Si les indicateurs économiques sont plus que jamais relégués au second plan dans le contexte actuel, les intervenants de marché s'intéresseront tout de même, dans la journée, aux derniers chiffres de l'inflation au Royaume-Uni, à l'indice Ifo du climat des affaires en Allemagne puis aux prix à l'importation attendus cet après-midi aux Etats-Unis.