L'Europe suspendue à la diplomatie USA-Iran
information fournie par Zonebourse 01/07/2026 à 10:45

Plus de 90 minutes après l'ouverture de la première séance du mois de juillet, les Bourses européennes reculent, hormis le Dax ( 0,26%). Elles restent toujours suspendues à la moindre avancée dans les pourparlers entre les Etats-Unis et l'Iran. Les deux camps peinent à trouver un accord solide qui permettrait la réouverture totale du détroit d'Ormuz. Face à cette impasse, les yeux se tournent vers le Qatar, qui endosse le rôle de médiateur pour débloquer les discussions. Après 10h30, le CAC 40 cède 0,42% à 8 369,04 points. L'Euro Stoxx 50 perd 0,16% à 6 317,88 points.

Dans une interview diffusée hier soir à la télévision d'État, Mohammad Ghalibaf, président du Parlement iranien, a annoncé la couleur en s'adressant à Washington : "Nous privilégions le dialogue mais si ce dialogue ne se concrétise pas, nous sommes également prêts à la guerre", alors que des délégations iranienne et américaine doivent mener des discussions distinctes avec le Qatar, pays médiateur avec le Pakistan pour régler le conflit au Moyen-Orient.

Dans le détail, il s'agit de discussions techniques à Doha entre l'Iran, le Qatar et le Pakistan, sans la présence des Américains.

"À ma connaissance, aucune rencontre directe n'est programmée entre les deux parties (américaine et iranienne) dans les prochains jours", a déclaré de son côté le porte-parole du ministère des Affaires étrangères au Qatar. L'Iran et les Etats-Unis ont ainsi envoyé des émissaires à Doha. Arrivés à Doha, Steve Witkoff et Jared Kushner représentent le camp américain.

L'Iran s'apprête à discuter ce mercredi avec le Qatar au sujet des sommes iraniennes bloquées à l'étranger à cause des sanctions américaines.

Pétrole : les difficultés de l'Iran

Dans ce contexte, les cours du pétrole ne cessent de fluctuer depuis le début du conflit. Vers 10h30, le Brent recule de 0,37% à 72,65 dollars. Le WTI poursuit son repli, perdant 1,16% à 69,22 USD.

Sur l'or noir d'ailleurs, Mohammad Bagher Ghalibaf, dans son interview de la veille, a affirmé que "depuis la levée du blocus et dans la foulée de la signature d'un protocole d'accord avec les États-Unis le 17 juin, l'Iran a "exporté plus de 40 millions de barils de pétrole". Mais durant "les 50 à 60 jours précédents", le pays a été "dans l'impossibilité totale d'exporter ne serait-ce qu'un seul baril de pétrole".

Dans l'actualité des sociétés, Air Liquide va dépenser 170 millions de dollars. Ce montant va lui permettre de construire, détenir et exploiter deux nouvelles unités de production de gaz industriels dans l'Etat de l'Indiana aux Etats-Unis. L'objectif est de fournir des gaz ultra-purs au premier site américain de SK hynix, une entreprise sud-coréenne dédiée aux puces mémoires avancées.

Crédit Agricole et Worldline ont annoncé une évolution de leur collaboration sur les services de paiement aux commerçants en France, avec le rachat par la banque de 100% du capital de CAWL, acteur des services de paiements aux commerçants en France. La cession a été réalisée le 30 juin 2026. Dans le détail, Crédit Agricole a acquis la totalité des actions détenues par Worldline dans CAWL, devenant ainsi son actionnaire unique.

Deux jours après avoir annoncé l'acquisition de Kartos Therapeutics, le laboratoire français Ipsen va également procéder au rachat de Memo Therapeutics. Les deux sociétés ont conclu un accord définitif en vertu duquel Ipsen va acquérir l'intégralité des actions émises et en circulation de Memo Therapeutics AG.

En Europe, le géant énergétique italien Eni et la maison de négoce suisse Mercuria ont signé un accord pour créer une coentreprise visant à superviser les activités de négoce de matières premières énergétiques sur les marchés mondiaux de l'énergie. La coentreprise, détenue à parts égales par les deux groupes, fonctionnera de manière indépendante et non consolidée via une structure de holding dotée de plateformes de négoce internationales.

France : l'activité manufacturière renoue avec la croissance en juin

Côté statistiques, les investisseurs ont pris connaissance ce matin des PMI manufacturiers.

Au mois de juin, l'indice PMI manufacturier français a révélé un retour à la croissance. Il est ainsi passé de 49,7 à 51,2 points, contre une prévision à 50,7 points. Un indice sous le seuil des 50 points marque une contraction de l'activité. Pour Joe Hayes, senior principal economist à S&P Global Market Intelligence : "si les fabricants français sont restés confrontés à un climat économique difficile, la dégradation de la conjoncture enregistrée en mai ne s'est pas confirmée en juin, le secteur ayant au contraire renoué avec la croissance. Les indices PMI relatifs aux prix se sont par ailleurs repliés par rapport au mois dernier, cette tendance pouvant préfigurer un ralentissement de l'inflation, tant dans le secteur manufacturier que dans l'ensemble de l'économie".

En zone euro, le PMI manufacturier est ressorti à 51,4 en juin, contre un consensus de 51,3 après 51,6 en mai, a indiqué S&P Global.

En Allemagne, le PMI dans le secteur manufacturier en juin est passé de 50,1 à 50,3. Il était attendu à 50.