L'Europe se replie : entre tensions mondiales et pétrole fort
information fournie par Zonebourse 24/09/2026 à 17:53

Les Bourses européennes ont clôturé la séance de ce jeudi en ordre dispersé. Les incertitudes géopolitiques continuent de peser lourdement sur la tendance globale. Les contours d'un accord de paix entre les Etats-Unis et l'Iran semblent loin de se dessiner, malgré l'apparition de rares signaux d'accalmie ces derniers jours. Le CAC 40 a enregistré une deuxième séance de suite dans le rouge, perdant 0,52% à 8 081,43 points. Londres, Francfort et Amsterdam ont cédé respectivement 0,23%, 0,61% et 0,03%.

A Wall Street, la prudence domine également. Les marchés américains cèdent encore du terrain. Vers 17h45, le S&P 500, le Dow Jones et le Nasdaq reculent respectivement de 0,53%, 0,75% et 0,78%.

Escalade verbale au Moyen-Orient

Cette fébrilité des indices reflète l'intensification de la crise politique et militaire au Moyen-Orient. Dans une vidéo diffusée par l'agence de presse Fars, Yahya Rahim Safavi, conseiller du guide suprême iranien Mojtaba Khamenei a mis en garde ce jeudi contre une extension de la guerre "jusqu'à l'océan Indien" en cas de nouvelle attaque des Etats-Unis contre l'Iran.

De son côté, les Houthis du Yémen ont menacé les Etats-Unis. Le conseiller du ministre chargé de la Défense du gouvernement autoproclamé houthi, Abed Mohammed al-Thawr, dans un entretien mardi à Sanaa, a déclaré que "Si les Etats-Unis osaient soutenir l'Arabie saoudite par des frappes aériennes ou un appui aérien (...) nous considérerions tous les intérêts américains autour de nous comme des cibles".

Ce climat d'hostilité s'est aussi installé à New York. Hier, le président iranien Massoud Pezeshkian s'est défendu après les paroles virulentes de Donald Trump, lors de sa prise de parole devant l'auditoire de l'ONU à Big Apple. Répondant au président américain qui menaçait d'"annihiler" l'Iran, Pezeshkian a prévenu que "la résistance du peuple iranien ne fera que s'intensifier face aux sanctions, à la pression croissante et à l'intimidation grandissante". Il a affirmé que son pays ne "baisserait pas la tête", s'estimant victime du "terrorisme" américain.

Du côté de la diplomatie américaine, on se montre toujours Marco Rubio, secrétaire d'Etat américain s'est exprimé devant les journalistes. Il a fait savoir qu'un accord avec l'Iran nécessiterait un travail de longue haleine et que Donald Trump disposait également d'options militaires.

Flambée de l'énergie

Ces vives tensions au Moyen-Orient font toujours craindre des perturbations sur le trafic maritime et les approvisionnements mondiaux en énergie. Dans ce contexte très mouvementé, les cours du pétrole maintiennent leur trajectoire haussière. Le baril de Brent de la mer du Nord bondit de 4,32% à 107,77 USD après 17h45. Le WTI américain progresse de 3,72% à 96,25 USD. Cette montée des prix du pétrole ravive les inquiétudes sur l'inflation.

Outre le conflit américano-iranien, les marchés gardent un oeil également sur la rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping cet après-midi à Washington. En attendant d'en savoir plus sur la teneur des discussions entre les deux chefs d'Etat, la Chine et les Etats-Unis ont prolongé jusqu'au 10 janvier 2027 leur trêve commerciale.

"Nous sommes convenus de prolonger la détente économique entre nos deux pays qui devait prendre fin le 10 novembre (...), afin de nous laisser plus de temps pour voir ce que nous pouvons faire sur le plan économique", a déclaré à la chaîne Fox News le ministre des finances américain, Scott Bessent.

Sur le marché des devises, l'euro est en très léger repli face au dollar (-0,04%) et se négocie contre 1,1377 dollar.

Christian Dior et Bénéteau brillent

Dans l'actualité des sociétés cotées, à Paris Christian Dior a dominé largement le marché SRD, bondissant de 15,28%. L'entreprise française de mode appartenant à LVMH grimpe suite à l'officialisation hier d'un projet d'offre volontaire de la part de la famille Arnault. Elle s'est donné comme objectif de simplifier la structure actionnariale du groupe LVMH. Dans un communiqué publié hier soir, Christian Dior a fait part de ce projet à l'étude. Celui-ci devrait démarrer par l'absorption de Financière Agache par Agache, puis d'Agache par Christian Dior.

Bénéteau ( 8,14%) s'est envolé aussi au SRD, porté par des résultats très rassurants au 1er semestre. Le constructeur de bateaux de plaisance a dévoilé hier soir une perte nette (part du Groupe) de 21,4 millions d'euros, en repli de 13,8%. De son côté, le chiffre d'affaires s'est établi à 449,2 MEUR, en hausse publiée de 11,2% sur un an et de 13% à taux de change constant. Enfin, l'Ebitda du groupe a atteint 29,4 MEUR, contre 8,5 MEUR au 1er semestre.

De son côté, Schneider Electric (-1,21%) a reculé alors que le leader mondial des technologies de l'énergie a annoncé ce matin la conclusion d'un accord avec Shelly Group et ses deux actionnaires fondateurs, Dimitar Dimitrov et Svetlin Todorov. Il porte sur l'acquisition par Schneider Electric de Shelly, fournisseur de solutions IoT et de bâtiments intelligents, dans le cadre d'une opération intégralement en numéraire valorisant la société à 1,2 milliard d'euros.

Ailleurs en Europe, Raspberry Pi a flambé de 19,56% à Londres. La société qui conçoit des ordinateurs monocartes haute performance, des modules de calcul et des semi-conducteurs a dévoilé une performance record au 1er semestre. Le chiffre d'affaires s'est envolé de 90%, à 256,9 millions de dollars. De son côté, l'Ebitda ajusté a flambé de 108%, à 40,3 millions de dollars. Le résultat avant impôts a atteint 19,6 millions de dollars, soit une progression de 216%.

En Suède, H&M a perdu 2,02%, essuyant l'une des plus fortes baisses de l'indice STOXX Europe 600. Le groupe de prêt-à-porter a fléchi malgré des résultats trimestriels meilleurs que prévu. Le résultat d'exploitation (Ebit) s'élève à 6,04 milliards de couronnes suédoises, contre 4,91 MdsSEK il y a un an et une prévision moyenne des analystes de 5,09 MdsSEK. Exprimé en monnaies locales, son chiffre d'affaires sur la période s'est quant à lui accru de 1% pour s'établir à 57,19 milliards de couronnes, alors que le marché visait 57,12 milliards. Sa marge brute s'est améliorée, passant de 52,9% à 54%, mais les analystes font remarquer qu'elle a été portée par un effet positif de 1,6 point de pourcentage lié au remboursement des droits de douane américains. En excluant cet élément, celle-ci serait ressortie en dessous des prévisions.