L'Europe s'offre une trêve mais les menaces se précisent
information fournie par Zonebourse 30/10/2026 à 08:38

Les marchés d'actions européens devraient quelque peu marquer le pas vendredi matin à l'ouverture mais se dirigent malgré tout vers des gains sur l'ensemble de la semaine, à la faveur d'une solide moisson de résultats qui a permis aux indices de retrouver quelques couleurs. A en croire les premières indications disponibles, l'Euro STOXX 50 et le DAX de Francfort devraient débuter en baisse d'environ 0,3%, tandis que le CAC 40 devrait confirmer son retour en forme avec une progression théorique de 0,3% attendue en début de séance.

L'indice parisien semble, enfin, sur le point de sortir la tête de l'eau puisqu'il s'achemine à ce stade de la semaine vers des gains hebdomadaires de l'ordre de 2,4%, soit sa meilleure performance depuis le mois d'août, dans le sillage d'une série de comptes trimestriels ressortis au-dessus des attentes.

Les ténors de la cote que sont STMicroelectronics ( 10,6% depuis lundi), TotalEnergies ( 5,8%), Renault ( 5,6%) ou Société Générale ( 4,5%) sont tout particulièrement parvenus à tirer leur épingle du jeu au cours des dernières séances.

Porté par les bonnes publications de Volkswagen, Henkel et adidas, entre autres, le DAX s'adjuge pour sa part près de 3,4% cette semaine, devançant un indice Euro STOXX 50 en hausse de 2,3%.

L'IA de plus en plus perçue comme un risque

Les nerfs des investisseurs ont pourtant été mis à rude épreuve ces derniers jours, notamment avec une montée du questionnement sur la rentabilité future des énormes investissements dans l'intelligence artificielle (IA), le dossier chaud du moment.

Le ralentissement de la croissance des revenus publicitaires d'Alphabet, la maison-mère de Google, est venu alimenter les craintes d'une cannibalisation de la recherche sur Internet par les algorithmes.

En toute logique, ces doutes conduisent certains intervenants à s'interroger sur les niveaux de valorisation atteints à Wall Street, qui a fini dans le rouge hier soir après avoir connu trois séances de répit.

Amazon et Intel n'ont pas réussi à rassurer après la clôture, en dévoilant des performances là encore jugées décevantes.

"Les intervenants se demandent visiblement si les taux de croissance exceptionnels de ces derniers trimestres sont réellement tenables. Le marché ne valorise plus les succès passés, il commence sérieusement à pricer les menaces futures", explique Andreas Lipkow, analyste marchés chez CMC Markets.

Et si les marchés européens semblent retrouver un peu d'allant, ce n'est pas le cas des indices new-yorkais, puisque le Nasdaq Composite accuse un repli de près de 0,9% à ce stade de la semaine.

Des incertitudes toujours élevées

Les risques augmentent pourtant aussi sur le Vieux Continent : à l'issue de sa réunion d'hier, la BCE a reconnu que les effets du choc énergétique ne s'étaient pas encore pleinement matérialisés et que l'intensification et la persistance de ce choc risquaient d'alimenter davantage l'inflation et d'affaiblir la croissance.

Dans ce contexte, la première estimation de la croissance dans la zone euro au troisième trimestre, attendue à 11h00, sera très suivie sur les marchés, tout comme les derniers chiffres de l'inflation en France et en Allemagne.

D'après le consensus, la croissance dans la région devrait ressortir autour de 0,2% sur la période allant de juillet à septembre en raison des diverses perturbations climatiques ayant affecté l'activité cet été.

"Le risque pour la fin de l'année est plutôt baissier du fait de la remontée des taux longs qui risque de peser sur le crédit aux ménages et aux entreprises", rappelle par ailleurs Bruno Cavalier, l'économiste en chef d'Oddo BHF.

A surveiller aussi, l'indice PMI de Chicago, qui permettra cet après-midi d'en savoir plus sur la santé de l'activité manufacturière aux Etats-Unis.