L'Europe rebondit, le recul des rendements obligataires offre un répit
information fournie par Reuters 30/03/2026 à 18:32

Le graphique du DAX, l'indice allemand des prix des actions, à la bourse de Francfort

par Diana Mandia

Les Bourses européennes ont terminé en hausse lundi, le recul des rendements obligataires ayant apporté un répit aux actions, même si ‌le contexte est toujours instable et que les investisseurs restent attentifs à la guerre au Moyen-Orient.

À Paris, le CAC 40 a gagné 0,92% à 7.772,45 points. À Francfort, le Dax a pris 0,88% et à Londres, le FTSE 100 a progressé de 1,61%.

L'indice EuroStoxx ​50 a fini sur un gain de 0,37%, le FTSEurofirst 300 a pris 0,98% et le Stoxx 600 a gagné 0,82%.

Après avoir été hésitants en début de sance, les marchés d'actions ont finalement réussi à rebondir après la clôture dans le rouge de vendredi dernier, la situation au Moyen-Orient pesant sur les actifs risqués.

La guerre dure depuis plus d'un mois déjà et les attaques réciproques entre Israël et l'Iran se poursuivent, tandis que les déclarations menaçantes — et souvent contradictoires — des parties belligérantes laissent les marchés sceptiques quant à ​une issue rapide du conflit.

Le président américain Donald Trump a de nouveau mis en garde Téhéran lundi, disant que sans prochaine ouverture du détroit d'Ormuz, le pays courait le risque de la destruction de ses puits de pétrole et de ses infrastructures électriques, tout en faisant état de "grand progrès accomplis" dans les discussions avec la République islamique.

Les Houthis du ​Yémen, alliés d'Iran, ont par ailleurs pris part au conflit pour la première fois samedi, ce qui accroît le risque d'une ⁠extension de la guerre et des perturbations du trafic maritime d'hydrocarbures et de marchandises.

"La perspective d'un conflit de courte durée (4 à 6 semaines) semble ainsi s'éloigner peu à peu et certains indicateurs économiques publiés la semaine dernière reflètent d'ores et ‌déjà les craintes des entreprises et des ménages de voir le conflit s'installer", écrit Florent Wabont, économiste chez Ecofi.

La baisse des rendements obligataires a toutefois permis aux actions de regagner un peu de terrain, même si le marché de la dette souveraine devrait rester perturbé par la situation géopolitique.

De plus, les investisseurs se montrent de plus en plus inquiets face à une guerre sans perspective claire de résolution et qui ​pourrait également peser sur la croissance économique.

Le président de la Réserve fédérale (Fed), Jerome Powell, a déclaré lundi ‌que la banque centrale américaine était bient placée pour attendre et voir quel serait l'effet du conflit sur l'économie et l'inflation.

Les répercussions de la hausse des prix de l'énergie sur ⁠l'inflation commencent de toute façon à se faire sentir, comme le montrent les données allemandes publiées lundi, qui donnent probablement un avant-goût de celles de la zone euro, prévues mardi.

PÉTROLE

Les cours du pétrole sont volatils au moment de la clôture des Bourses en Europe, le Brent enregistrant un léger recul, tout en se dirigeant vers une hausse mensuelle d'environ 58%, ce qui dépasserait le gain observé après l'invasion du Koweït par l'Irak à l'été 1990.

La référence pour le marché mondial recule de 0,88% à 111,58 dollars le baril, tandis ⁠que le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) gagne ‌1,92% à 101,55 dollars.

Dans une déclaration commune publiée lundi, les ministres des Finances du G7 se sont par ailleurs dit prêts à prendre "toutes les mesures nécessaires" pour préserver la stabilité des marchés de l'énergie ⁠et limiter les répercussions économiques du conflit au Moyen-Orient.

Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a pour sa part déclaré que le marché mondial du pétrole était bien approvisionné, et que le nombre de navires transitant par le détroit d'Ormuz est en augmentation.

VALEURS

A Paris, Sodexo ‌a pris 3,7% à la faveur d'un relèvement de recommandation par Jefferies, qui passe à "acheter" sur le titre, le courtier américain considérant que l'arrivée d'un DG externe à la tête du groupe de restauration collective crée les conditions ⁠d'un redressement.

Les valeurs énergétiques du Stoxx ont pris 1,69%, aidées par les prix élevés de l'énergie. La société norvégienne Equinor et les géants pétroliers Shell, BP et TOTALENERGIES ont ⁠tous fini dans le vert.

Orsted a bondi de plus de 7% ‌après que Bank of America a relevé sa recommandation à "acheter", invoquant l'amélioration des perspectives pour ce développeur d'éoliennes en mer dans le contexte de la crise énergetique.

L'action du producteur d'aluminium Norsk Hydro a grimpé de 9%, les frappes iraniennes contre deux des plus ​grands producteurs du Moyen-Orient ayant fait grimper le cours du métal. Le compartiment des ressources de base, s'est distingué, terminant sur un gain de ‌1,24%.

A WALL STREET

A l'heure de la clôture en Europe, le Dow Jones prend 0,91%, le Standard & Poor's 500 0,52% et le Nasdaq Composite 0,37%, les indices rebondissant après une séance difficile vendredi dernier.

Tout comme en Europe, les producteurs d'aluminium américains grimpent lundi après des frappes aériennes iraniennes sur deux grands producteurs ​du Moyen-Orient durant le week-end, le géant Alcoa gagnant plus de 12%.

LES INDICATEURS DU JOUR

L'inflation allemande s'est accélérée de manière significative en mars (+2,8%), sous l'effet de la flambée des prix de l'énergie, montrent les données préliminaires publiées lundi par l'Office fédéral de la statistique.

Cette hausse, bien qu'anticipée par les marchés, pourrait n'être qu'un début, prévient Friedrich Heinemann, économiste chez ZEW.

Dans la zone euro, le sentiment économique s'est dégradé plus que prévu en mars, tandis que les anticipations d'inflation se sont envolées, montrent les données publiées lundi par ⁠la Commission européenne.

TAUX

Les taux des obligations allemandes obligataires de la zone euro ont reculé lundi après avoir atteint leur plus haut niveau depuis plusieurs années.

Les investisseurs s'interrogent de plus en plus sur les risques que la guerre ferait peser sur la croissance économique, surtout dans un scénario de conflit prolongé.

"Et dans ce cas, il sera difficile pour la BCE de relever ses taux dans un contexte économique aussi morose", note Felix Schmidt, économiste chez Berenberg.

Le rendement du Bund allemand à dix ans a reculé de 6 points de base à 3,0370%. Le deux ans a perdu points de base à 2,6225%.

Aux Etats-Unis, les rendements amplifient leur baisse après les propos du président de la Réserve fédérale (Fed).

Le rendement des Treasuries à dix ans recule de 10,6 points de base à 4,3343%. Le deux ans perd 10,0 points de base à 3,8156%.

CHANGES

Le dollar gagne 0,35% face à un panier de devises de référence, bénéficiant de sa condition de valeur refuge et avoisinant son plus haut niveau depuis dix mois.

L'euro perd 0,45% à 1,1456 dollar.

A SUIVRE LE 31 MARS:

(Certaines ​données peuvent accuser un léger décalage)

(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Benoit Van Overstraeten)