L'Europe prête à saluer l'accord de principe entre les Etats-Unis et l'Iran information fournie par Zonebourse 15/06/2026 à 08:32
Les grandes places européennes devraient débuter en nette hausse lundi matin, les investisseurs accueillant favorablement la perspective d'un accord entre l'Iran et les Etats-Unis en vue de mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, une nouvelle qui apaise une grande partie de leurs craintes du moment. A environ 45 minutes de l'ouverture, le CAC se dirige vers un gain de 1,4% à l'ouverture, le DAX gagne théoriquement 1% à Francfort et le STOXX 600 est vu en hausse de 1,2%.
Les grandes places européennes devraient ouvrir en hausse, les investisseurs accueillant favorablement la perspective d'un accord entre l'Iran et les Etats-Unis en vue de mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, qui apaise une grande partie de leurs craintes du moment.
Le protocole envisagé par Washington et Téhéran, qui doit être conclu le 19 juin, fixe non seulement les conditions d'une fin des hostilités mais aussi celles d'une réouverture du détroit d'Ormuz, avant une phase de négociations de soixante jours destinée à résoudre les questions les plus délicates, à commencer par le sort du programme nucléaire iranien.
Ces avancées devraient inciter les investisseurs à opter pour les actifs risqués en cette première journée de la semaine.
Les opérateurs de marché étaient déjà largement revenus vers les actifs à risque vendredi après que Donald Trump eut évoqué le scénario d'un accord imminent afin d'arrêter le conflit dans le Golfe, après quasiment quatre mois de combats. L'indice Europe STOXX 600 en avait profité pour rebondir de 1,9% et le S&P 500 s'était adjugé autour de 0,5%.
Les nouvelles sur le front diplomatique profitaient déjà largement aux places asiatiques. A Tokyo, l'indice Nikkei bondissait de quasiment 5% lundi en toute fin de séance.
A Wall Street, les futures sur indices new-yorkais signalent pour l'instant une ouverture sur des gains allant de 1% à 2%.
Baptême du feu pour Kevin Warsh
Malgré l'accalmie au Moyen-Orient, les marchés pourraient continuer de naviguer dans un climat mêlé d'optimisme et d'incertitudes, alors que les investisseurs attendent plus de précisions sur la politique monétaire de la Réserve fédérale dans un contexte de craintes sur une résurgence des tensions inflationnistes aux Etats-Unis.
Le comité stratégique de la Fed rendra mercredi soir sa décision sur ses taux et publiera simultanément ses nouvelles prévisions économiques, avant la première conférence de presse du tout nouveau président de l'institution, Kevin Warsh.
S'ils pronostiquent à une écrasante majorité (97%) un statu quo sur les taux, les analystes préviennent qu'il faut s'attendre à une réunion plutôt "restrictive", les dernières données économiques ayant montré qu'un biais en faveur d'un assouplissement n'est pas justifié.
"Alors que Kevin Warsh a été choisi par Donald Trump pour mener une politique de baisse de taux directeurs, il lui sera très difficile de convaincre les membres du FOMC de mener à bien ce projet car l'inflation a fortement accéléré depuis le début de la guerre en Iran (4,2% en mai) et car trois bons rapports sur l'emploi se sont suivis (plus d'un demi-million d'emplois créés en 3 mois)", estime Bastien Drut, le responsable de la stratégie et de l'analyse chez CPRAM.
Les investisseurs seront surtout attentifs à la tonalité du discours du nouveau patron de l'institution afin de tenter d'en savoir plus sur la trajectoire des prochaines décisions à venir.
D'après l'outil FedWatch du CME, 30% des opérateurs de marché n'excluent pas au moins un relèvement de taux d'ici à la fin de l'année compte tenu du raffermissement récent de l'inflation.
Un programme chargé, malgré une semaine raccourcie à Wall Street
La Banque d'Angleterre devrait elle aussi maintenir ses taux inchangés jeudi, mais le vote pourrait devenir plus équilibré avec davantage de membres favorables à une hausse des taux.
Sauf énorme surprise, la Banque du Japon devrait quant à elle relever une nouvelle fois son taux principal à l'issue de sa réunion de demain.
Outre les réunions des banques centrales, la semaine s'annonce riche en indicateurs économiques, avec notamment les chiffres des ventes de détail aux Etats-Unis, prévus mercredi, qui devraient confirmer que la consommation reste solide Outre-Atlantique en dépit de l'envolée des prix de l'essence, un élément là encore de nature à justifier une politique moins accommodante de la part de la Fed.
Sur le marché obligataire, l'appétit pour les actifs risqués pèse sur le prix des Treasuries à 10 ans, dont le rendement prend plus de deux points de base pour s'établir à 4,4870%.
Du côté des devises, l'euro remonte vers 1,1615 face au dollar, l'apaisement des craintes géopolitiques reléguant au second plan la perspective d'un durcissement du discours de la Fed, favorable au billet vert.
Les prix du pétrole refluent logiquement dans le sillage de l'accord de principe scellé entre Washington et Téhéran.
Le Brent lâche 4,2% à 83,6 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) cède plus de 4,2% sous 80,8 dollars.
"On peut considérer que les cours pétroliers sont désormais revenus à des niveaux considérés comme normaux, autour de 83 dollars le baril, puisqu'à titre de comparaison, ils se situaient autour de 70 dollars avant le début de la guerre", soulignent ce matin les équipes de Danske Bank.
Le retour de l'appétit pour le risque ne pénalise pas des actifs refuge comme le yen ( 0,1%) ou l'or ( 2,2%).
A noter que la semaine sera raccourcie du côté de New York en raison de la journée fériée de Juneteenth , qui marquera vendredi la commémoration de la fin de l'esclavage.