L'Europe poursuit sa temporisation avant plusieurs rendez vous clés information fournie par Zonebourse 20/05/2026 à 08:27
Les principales Bourses européennes sont attendues en baisse mercredi matin, les investisseurs privilégiant la prudence avant une série de rendez-vous importants qui pourraient générer un regain de volatilité sur les marchés alors que les rendements obligataires poursuivent leur mouvement ascendant. D'après les premières indications disponibles, le CAC 40 parisien devrait perdre 0,1% à l'ouverture, s'éloignant encore un peu plus du seuil des 8 000 points qu'il avait enfoncé la semaine dernière. Le DAX à Francfort est attendu en baisse de 0,4%. Le FTSE 100 à Londres pourrait lui aussi refluer de 0,4%, tout comme l'indice Europe STOXX 600
Les investisseurs demeurent sur leurs gardes alors que l'enlisement du conflit au Moyen-Orient les oblige à revoir à la hausse leurs anticipations en matière d'inflation du fait de la cherté du pétrole, avec pour corollaire un retour des questionnements sur l'évolution de la politique des grandes banques centrales, qui poussent les taux vers des records pluriannuels des deux côtés de l'Atlantique.
En dépit de ce regain d'inquiétudes, les marchés d'actions ont fait preuve d'une certaine résilience dernièrement, le STOXX 600 ne se situant qu'à 4% de son plus haut historique établi fin février.
Les intervenants continuent visiblement de faire le pari d'une flambée temporaire des prix de l'énergie, à l'inverse du choc de 2022, consécutif à la guerre en Ukraine, qui avait fait dérailler les indices.
"Même si les dernières séances ont été marquées par une légère consolidation des actifs risqués, aucune des conditions ayant provoqué les corrections plus agressives observées par le passé n'est aujourd'hui réunie", fait remarquer Henry Allen, stratège chez Deutsche Bank.
"Lors des précédents épisodes de correction, on retrouvait systématiquement une combinaison de plusieurs facteurs : un choc énergétique persistant, des indicateurs économiques clairement récessionnistes ou un durcissement agressif des banques centrales", estime l'analyste.
Une actualité chargée sur le front des résultats et des indicateurs
Pour se rassurer, les investisseurs suivront avec attention, ce soir après la clôture de Wall Street, la publication trimestrielle à grand spectacle du géant américain des puces dédiées à l'IA Nvidia, qui constituera de loin le point d'orgue de la semaine.
Le rally des valeurs liées à l'IA a largement soutenu les marchés boursiers mondiaux depuis le début de l'année et les investisseurs chercheront à s'assurer que les performances et les prévisions dévoilées par le groupe californien signifient que l'état de grâce est susceptible de se poursuivre.
Les attentes étant particulièrement élevées après la forte hausse des valeurs technologiques et des semi-conducteurs, Nvidia va non seulement devoir dépasser les attentes au niveau de ses profits, mais également laisser entrevoir une accélération de la demande.
"Nvidia a habitué le marché à dépasser les attentes, donc la surprise doit désormais être plus significative", prévient Charu Chanana, la responsable de la stratégie d'investissement chez Saxo.
"Toute déception pourrait se répercuter sur les semi-conducteurs, le Nasdaq et d'autres valeurs liées à l'IA", avertit la stratégiste.
Avant cela, les investisseurs prendront connaissance sur le plan économique des derniers chiffres de l'inflation pour le mois d'avril en zone euro, qui seront surveillés alors que la Banque centrale européenne (BCE) a récemment ouvert la porte à une hausse des taux en juin.
Pour ajouter à une journée déjà bien chargée, ce mercredi doit également marquer la parution des "minutes" de la dernière réunion de la Fed, qui pourraient conforter l'idée que les chances de baisse des taux sont désormais devenues très minces cette année.
Au vu de la remontée des tensions inflationnistes, Kevin Warsh, le nouveau président de la Fed, ne semble guère avoir les coudées franches pour satisfaire le désir de Donald Trump de baisser les taux.
Signaux d'alerte sur l'obligataire
La Bourse de New York avait fini en baisse mardi, succombant à la montée en flèche des rendements obligataires interprétée comme un signe de l'imminence de la fin du cycle d'assouplissement monétaire de l'institution.
Si les écarts sont restés limités, les allégements l'ont emporté et le Dow Jones cédait au final 0,6% à 49 364 points, tandis que le S&P 500 lâchait 0,7% à 7 354 points. Le Nasdaq 100 reculait de son côté de 0,6% à 28 819 points.
Les marchés obligataires sont clairement passés en mode "surchauffe", avec un rendement des bons du Trésor américain à 30 ans qui a franchi dans la nuit le cap de 5,20%, un niveau inédit depuis juillet 2007.
Celui des Treasuries à 10 ans poursuit lui aussi sa remontée : après avoir franchi depuis une semaine le seuil symbolique des 4,5%, il gagne encore plus de quatre points de base à 4,6670%, là encore un plus haut depuis de presque 20 ans.
Le mouvement de tension gagne également l'Europe. Le rendement du Bund allemand à dix ans, référence pour la zone euro, progresse de 3,5 points de base à 3,198%, tandis que l'OAT française se rapproche à nouveau des 4,0%, à 3,990%.
Dans ce contexte tendu, l'euro retombe sous la barre de 1,16 face au dollar, pour se traiter à 1,1596, non loin de son support technique de 1,1590.
Les cours pétroliers reculent légèrement, l'absence d'escalade en Iran ne réussissant pas à totalement convaincre des investisseurs toujours préoccupés par la chute de l'approvisionnement due à la fermeture prolongée du Détroit d'Ormuz.
Donald Trump a de nouveau menacé Téhéran, mardi, en prévenant que les Etats-Unis pourraient encore frapper "un gros coup".
Le Brent reflue malgré tout de 0,4% à 110,8 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) abandonne 0,3% à 103,8 dollars.