L'Europe finit sur de faibles variations, compte à rebours pour la Fed information fournie par Reuters 28/10/2026 à 18:19
Les Bourses européennes ont terminé sur de faibles variations mercredi, les investisseurs se préparant aux annonces de la Réserve fédérale (Fed), qui devrait maintenir ses taux inchangés dans la soirée, malgré un contexte toujours marqué par les craintes inflationnistes.
À Paris, le CAC 40 a fini inchangé à 7.886,96 points. À Francfort, le Dax a pris 0,42% et à Londres, le FTSE 100 a grappillé 0,07%.
L'indice EuroStoxx 50 a progressé de 0,06%, le FTSEurofirst 300 de 0,09% et le Stoxx 600 de 0,06%.
Selon la majorité des analystes, la banque centrale américaine devrait laisser l'objectif de taux des "fed funds" à son niveau actuel, dans une fourchette de 3,75% à 4,00%, mais les opérateurs ont peu d'espoir que cette pause, qui ferait suite à un relèvement en septembre, soit de longue durée.
"Compte tenu de l'aversion de (Kevin) Warsh, président de la Fed, pour les indications prospectives, cela signifie qu'il n'y aura pas de forte opposition aux anticipations du marché, qui penchent clairement en faveur d'une hausse des taux en décembre", a déclaré Marc Chandler, stratège chez Bannockburn Global Forex.
Selon Lucas Meric, analyste d'Indosuez Wealth Management, il est probable que les membres de la Fed conservent une tonalité restrictive au cours des prochaines semaines, en mettant l'accent sur l'inflation, tant que celle-ci n'aura pas envoyé de signaux plus rassurants, et alors que les signes de détente au Moyen-Orient restent, pour l'heure, plutôt rares.
Les opérateurs estiment ainsi à 78% la probabilité que la banque centrale américaine relève ses coûts d'emprunt de 25 points de base en décembre, selon le FedWatch du CME Group.
Dans un contexte d'impasse prolongée au Moyen-Orient, les prix du pétrole restent en effet une source de grande préoccupation.
Une nouvelle attaque des Houthis yéménites contre une raffinerie en Arabie saoudite, mardi, a ravivé les inquiétudes concernant les risques liés à l'approvisionnement, tandis qu'un haut responsable iranien a déclaré mercredi à Reuters que l'Iran rejetait les propositions des médiateurs qataris visant à trouver une solution diplomatique au conflit qui l'oppose aux États-Unis.
Le Brent prend 2,09% à 116,26 dollars le baril à l'heure de la clôture des Bourses européennes, et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) avance de 3,53% à 103,43 dollars, ce dernier intensifiant sa progression après la publication d'une série de données faisant état d'une baisse inattendue des stocks aux Etats-Unis.
De son côté, le prix de référence du gaz naturel en Europe a atteint mercredi 100 euros par mégawattheure (MWh) pour la première fois depuis décembre 2022, ce qui constitue une preuve supplémentaire que le marché de l'énergie reste un facteur inflationniste de premier plan.
La BCE devrait également annoncer un statu quo sur ses taux jeudi après des relèvements des couts d'emprunt en juin et en septembre, mais les investisseurs seront attentifs à toute allusion aux redoutés effets de second tour liés à la récente poussée inflationniste.
Les points sensibles de cette réunion de l'institut de Francfort sont par ailleurs nombreux : les investisseurs chercheront à savoir si la BCE pourrait envisager une intervention face aux récentes tensions liées à la dette souveraine en France, ou obtenir des précisions sur la succession de la présidente Christine Lagarde alors que les rumeurs concernant un éventuel départ anticipé continuent de circuler.
Outre la politique monétaire, cette semaine est placée sous le signe de la "tech", avec la publication des résultats trimestriels de certaines des grandes capitalisations américaines. Microsoft et Alphabet sont au programme mercredi, après la clôture de la Bourse de New York, dans un nouveau test pour un secteur en pleine mutation et de plus en plus endetté face aux exigences de l'intelligence artificielle (IA).
Au Royaume-Uni, les investisseurs analysent les détails du nouveau budget qui, entre autres mesures, impose aux banques des taxes plus clémentes qu'anticipé par les investisseurs.
VALEURS
Les investisseurs ont analysé mercredi une longue liste de résultats d'entreprises de premier plan.
À Paris, Stellantis a grimpé de plus de 15%, le constructeur automobile ayant annoncé une amélioration de sa marge opérationnelle au troisième trimestre.
Le fabricant français de logiciels Dassault Systèmes a en revanche abandonné 4,50%, même s'il a relevé ses objectifs annuels de chiffre d'affaires, de marge et de bénéfice.
Le spécialiste français des moyens de paiement Worldline a quant à lui progressé de 4,1%, au lendemain de la publication de ses résultats trimestriels supérieurs aux attentes.
Rémy Cointreau a abandonné 2,4%, les investisseurs se montrant sceptiques quant à la reprise des ventes malgré un chiffre d'affaires organique en progression au deuxième trimestre.
Danone, qui a publié une croissance organique supérieure aux attentes de ses ventes au troisième trimestre, a gagné 2,63%.
Ailleurs en Europe, ASMI s'est octroyé 4%, le fabricant néerlandais d'équipements pour la fabrication de puces ayant annoncé mardi soir que son chiffre d'affaires du quatrième trimestre dépasserait les prévisions et que son objectif de chiffre d'affaires pour 2030 serait atteint avec trois ans d'avance.
À Londres, les banques britanniques Llyods Banking Group, Natwest et Barclays ont toutes fini dans le vert après que le ministre des Finances, John Healey, a dévoilé mercredi, dans le cadre de son budget, une hausse de la surtaxe imposée au secteur moins importante que prévu.
A WALL STREET
La Bourse de New York évolue sur de faibles variations, l'attentisme s'imposant avant la décision de la Fed et la publication des résultats de Microsoft et Amazon.
A l'heure de la clôture en Europe, le Dow Jones gagne 0,24%, le Standard & Poor's 500 0,18%, mais le Nasdaq Composite perd 0,04%
Aux valeurs, le fabricant de puces mémoire Micron Technology avance de 4,7%, dans le sillage des résultats du groupe sud-coréen SK Hynix.
LES INDICATEURS DU JOUR
Aux Etats-Unis, le déficit commercial s'est creusé de manière inattendue en septembre, à 134,9 milliards de dollars, les importations ayant atteint un niveau record en raison de la forte demande de biens d'équipement liée au développement des infrastructures d'IA, selon les données publiées mercredi par le ministère du Commerce.
En Allemagne, le moral des consommateurs devrait se dégrader moins que prévu à l'approche du mois de novembre, montre une enquête publiée mercredi par l'institut GfK et le Nuremberg Institute for Market Decisions (NIM).
CHANGES
Le dollar perd 0,06% face à un panier de devises de référence en attendant les annonces de la banque centrale américaine, tandis que l'euro avance de 0,22% à 1,1147 dollar.
La livre sterling reste plutôt stable après la présentation des détails du nouveau budget britannique, s'affichant en légère hausse (+0,05%) face au dollar.
Cependant, le dollar néo-zélandais s'est déprécié face au billet vert après que la Banque de réserve de Nouvelle-Zélande a, contre toute attente, maintenu ses taux d'intérêt inchangés ce mercredi.
TAUX
Les rendements des bons du Trésor américain progressent en attendant la Fed et alors que les prix élevés du pétrole maintiennent vives les craintes inflationnistes.
Le rendement des Treasuries à dix ans prend 3,5 points de base à 5,0279%. Le deux ans ressort à 4,7722%, également en hausse de plus de 3 points de base.
Dans la zone euro, le rendement du Bund allemand à dix ans a pris 2,6 points de base à 3,3812%. Le deux ans a gagné 5,3 points de base à 3,1034%.
En France, le rendement de l'OAT à dix ans a avancé de 2,5 points de base pour clôture à 4,9399%.
Au Royaume-Uni, le rendement du Gilt à 10 ans a fini presque inchangé à 5,3402% après avoir reculé plus tôt dans la séance, après la la présentation du budget par le ministre des Finances.
(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Augustin Turpin)