L'Europe finit sans direction, Trump exclut le recours à la force au Groenland information fournie par Reuters 21/01/2026 à 18:34
par Diana Mandia
Les Bourses européennes ont terminé en ordre dispersé mercredi, les tensions politiques et commerciales occupant le devant de la scène en raison des visées du président américain sur le Groenland même si sa promesse de ne pas recourir à la force pour y parvenir a quelque peu apaisé les craintes du marché.
À Paris, le CAC 40 a terminé sur un gain de 0,08% à 8.069,17 points. Le Footsie britannique a pris 0,11%, tandis que le Dax allemand a reculé de 0,51%.
L'indice EuroStoxx 50 a perdu 0,06% et le FTSEurofirst 300 0,08%, tandis que le Stoxx 600 a fini quasi inchangé (+0,01%).
La séance a été volatile mercredi en Europe, les investisseurs restant prudents en raison de la recrudescence des tensions entre Washington et Bruxelles au sujet du territoire danois du Groenland, que le locataire de la Maison blanche souhaite s'approprier citant des raisons de sécurité nationale.
Donald Trump a en effet réitéré mercredi, dans un discours très attendu prononcé au Forum économique mondial de Davos, en Suisse, sa volonté de prendre le contrôle de l'île arctique, tout en disant ne pas vouloir recourir à la force pour mettre la main sur ce territoire riche en minerais stratégiques.
Ce projet, qui soulève des interrogations quant à l'avenir de l'Otan, dont les États-Unis et le Danemark sont tous deux membres, ravive également les différends commerciaux entre les deux alliés, Donald Trump ayant menacé d'imposer des droits de douane supplémentaires aux pays européens qui s'y opposeraient.
En réponse, le Parlement européen a annoncé mercredi suspendre le processus de ratification de l'accord commercial signé en juillet 2025 entre le bloc et les Etats-Unis.
Des analystes tels qu'Art Hogan, stratège chez B Riley Wealth, soulignent que les déclarations de Donald Trump écartant le recours à la force dans l'Arctique ont contribué mercredi à un répit dans la vente d'actions, même si les craintes commerciales devraient persister.
"Ce n'est pas tant ce que le président a dit qui importe, mais plutôt ce qu'il n'a pas dit", souligne pour sa part Brian Jacobsen, stratège chez Annex Wealth Management dans le Wisconsin, notant que le président américain n'avait pas réitéré à Davos sa menace de droits de douane contre l'Europe.
Preuve des inquiétudes, le cours de l'or a franchi pour la première fois mercredi les 4.800 dollars l'once, sur fond de demande accrue d'actifs refuges, et ressort à 4.845 dollars au moment de la clôture des Bourses européennes.
VALEURS
L'action Danone a souffert mercredi à la Bourse de Paris (-8,4%) après que l'agence sanitaire singapourienne a ordonné le rappel de certaines préparations lactées pour nourrissons en raison d'une possible contamination. Lactalis et Nestlé ont annoncé des rappels similaires.
Edenred s'est en revanche envolé de plus de 10%, un tribunal brésilien ayant accordé une injonction à Ticket, filiale du groupe français, suspendant les nouvelles règles pour le système de tickets-restaurant du pays.
Au niveau sectoriel, les actions des groupes miniers se sont distinguées avec un gain de 3,64%, la forte demande de valeurs refuges ayant propulsé les cours de l'or vers de nouveaux records.
Le luxe (+0,85%) a été soutenu par Burberry (+5%), qui a déclaré mercredi viser un bénéfice annuel en ligne avec les attentes.
Barry Callebaut a bondi de 3,29% après l'annonce de la nomination de l'ancien patron d'Unilever, Hein Schumacher, au poste de directeur général du groupe suisse.
A WALL STREET
La Bourse de New York rebondit mercredi après une séance difficile la veille, les investisseurs recevant avec un certain soulagement les déclarations de Donald Trump à Davos.
A l'heure de la clôture en Europe, le Dow Jones prend 0,90%, le Standard & Poor's 500 gagne 1,01% et le Nasdaq Composite avance de 1,20%.
LES INDICATEURS DU JOUR
L'inflation des prix à la consommation en Grande-Bretagne a accéléré à 3,4% en décembre, après 3,2% en novembre sur un an, un taux plus élevé que prévu qui pourrait, selon George Holmes, directeur général d'Aurora Capital, donner moins de marge de manoeuvre à la Banque d'Angleterre (BoE) pour réduire rapidement les coûts d'emprunt.
CHANGES
Le billet vert se stabilise après avoir atteint son plus bas niveau en trois semaines face à l'euro et au franc suisse en raison des turbulences géopolitiques et commerciales et évolue en hausse de 0,06% face à un panier de devises de référence, tandis que l'euro perd 0,24% à 1,1696 dollar.
TAUX
Les rendements obligataires ont progressé mercredi dans la zone euro, les investisseurs surveillant les tensions géopolitiques et commerciales.
Le rendement du Bund allemand à dix ans a pris 1,8 point de base à 2,8796%. Le deux ans a quant à lui avancé de près de 2 points de base à 2,0913%.
Aux Etats-Unis, les rendements sont en revanche en légère baisse après leurs récentes hausses.
Le rendement des Treasuries à dix ans a reculé de 2,8 points de base à 4,2667%, tandis que celui de l'obligation à deux ans a perdu 0,6 point de base à 3,5908%.
PÉTROLE
Le marché pétrolier est plutôt stable mercredi, les investisseurs surveillant les stocks de brut américains, l'arrêt temporaire de la production de deux grands gisements au Kazakhstan et les pressions géopolitiques.
Le Brent cède 0,02% à 64,91 dollars le baril, tandis que le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) grappille 0,07% à 60,40 dollars.
A SUIVRE LE 22 JANVIER :
(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Kate Entringer)