L'Europe finit en repli avec le regain des tensions USA-Iran
information fournie par Reuters 08/07/2026 à 18:56

La bourse Euronext, située dans le quartier d'affaires de La Défense à Paris

par Claude Chendjou

Les Bourses européennes ont terminé nettement dans le rouge mercredi, à un creux d'une semaine, après que ‌le président américain Donald Trump a déclaré que l'accord provisoire pour mettre fin à la guerre avec l'Iran était mort, ravivant les craintes d'un enlisement au Moyen-Orient et provoquant une forte hausse des cours du pétrole.

À Paris, le CAC 40 ​a fini sur une perte de 2,18% à 8.252,66 points, affecté en outre par Kering (-4,97%). Le Footsie britannique a reculé de 1,66% et le Dax allemand a reflué de 2,35%. L'indice en Espagne a enregistré l'une des plus fortes baisses en Europe, reculant de 3,01%, sur fond de menace des Etats-Unis de tout couper tout lien commercial avec Madrid.

L'indice EuroStoxx 50 a perdu 2,02%, le FTSEurofirst 300 1,79% et le Stoxx 600 1,76%.

Au moment de la clôture en Europe, le ​Dow Jones recule de 1,51%, le Standard & Poor's 500 de 088% et le Nasdaq de 0,85%. La hausse de 4,18% de Broadcom a cependant apporté un répit aux valeurs du secteur des puces électroniques, récemment malmenées. Apple a annoncé son intention de dépenser plus de 30 milliards de dollars dans le cadre d'un ​accord d'approvisionnement en semi-conducteurs conclu en début de semaine avec le fabricant de puces.

La plupart des grands secteurs du ⁠S&P 500 sont en repli, à l'exception notable de l'indice de l'énergie (+2,13%).

Interrogé avant un sommet de l'Otan en Turquie, quelques heures après une reprise des hostilités entre les Etats-Unis et l'Iran, ainsi que la révocation par ‌Washington d'une licence autorisant Téhéran à vendre du pétrole, Donald Trump a déclaré : "Pour moi, traiter avec eux est une perte de temps".

"Cela représente tout de même un revers majeur, au moment même où les nations du monde entier poussaient un soupir de soulagement à l'idée qu'une solution à plus long terme se profile", a souligné Susannah Streeter, chef stratège investissements chez Wealth ​Club.

Les marchés avaient revu à la baisse leurs anticipations d'une nouvelle hausse des taux d'intérêt ‌par la Banque centrale européenne (BCE) avant la fin de l'année, et les responsables de l'institution avaient indiqué que les risques liés à la croissance et à l'inflation ⁠étaient plus équilibrés après l'annonce du cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l'Iran.

Avec le regain des tensions, les opérateurs anticipent désormais une hausse des taux de 38 points de base cette année, selon les données compilées par LSEG, contre 25 points de base mardi.

Le nouveau contexte géopolitique a par ailleurs provoqué un bond de plus de 5% des cours du pétrole, une amplification de la volatilité, des tensions sur le marché obligataire et une aversion généralisée au risque.

Le Fonds monétaire international (FMI) ⁠a de nouveau abaissé mercredi sa prévision de ‌croissance mondiale pour cette année, à 3,0%, mettant en garde contre les risques persistants liés à la guerre au Moyen-Orient.

VALEURS EN EUROPE

Dans le sillage de la remontée des cours du pétrole, à ⁠Paris TotalEnergies a pris 2,31% et Maurel et Prom 6,29%, tandis qu'ailleurs en Europe, BP a avancé de 3,53%, Shell de 2,27% et Eni de 3,71%.

Dans le transport aérien, Air France et Wizz Air ont abandonné respectivement 6,55 et 4,97%, ‌tandis que Lufthansa a cédé 6,75%, pénalisé en outre par une dégradation de Citigroup qui est passé de "neutre" à "vendre" sur le groupe allemand.

Dans le reste de l'actualité des entreprises, le groupe Vivendi a annoncé ⁠prendre acte de la décision de la cour d'appel de Paris "qui a considéré que Vincent Bolloré et Bolloré SE ne contrôlaient pas Vivendi". L'action Vivendi a ⁠fini en baisse de 11,64%.

Aperam a fléchi de 3,55% avec ‌l'abaissement de la recommandation d'Exane BNP sur l'aciériste.

UniCredit (-2,86%) a annoncé avoir acquis 47,6% de Commerzbank (-2,27%), se rapprochant d'une prise de contrôle de la banque allemande qu'elle tentait d'acheter depuis 2024.

Vistry a dégringolé de 7,13% après l'annonce par la société ​d'une perte avant impôts d'environ 30 millions de livres sterling prévue pour le premier semestre. Le secteur de la construction résidentielle au ‌Royaume-Uni a plongé de 4,05%.

Bahnhof a bondi de 17,09% après que l'opérateur de télécommunications Telenor (+0,20%) a accepté d'acquérir une participation majoritaire dans le fournisseur internet suédois dans le cadre d'une opération évaluée à 6,1 milliards de couronnes suédoises (552,07 millions d'euros).

CHANGES

Le dollar est globalement stable (+0,2%) face ​à un panier de devises internationales, se maintenant autour de son plus haut d'une semaine, après les propos de Donald Trump sur l'Iran.

Les cambistes attendent par ailleurs à 18h00 GMT le compte rendu de la réunion de juin de la Réserve fédérale américaine (Fed), la première présidée par son nouveau président Kevin Warsh.

L'euro recule de 0,17%, à 1,1392 dollar, quasiment inchangé, tandis que la livre sterling s'échange à 1,3359 dollar (+0,04%).

TAUX

Le rendement du Bund allemand à dix ans a fini sur ⁠un gain de 10 points de base, à 3,08%, tandis que le deux ans s'est envolé de 12 points, à 2,70%, à un plus haut d'environ un mois. Le rendement des bons du Trésor américain à dix ans bondit de 6,6 points de base, à 4,59%, tandis que le deux ans avance de sept points, à 4,23%.

Les rendements obligataires souverains en zone euro ont réagi aux dernières déclarations de Donald Trump sur le cessez-le-feu avec l'Iran et la révocation par les Etats-Unis de l'autorisation permettant à Téhéran de vendre du pétrole.

PÉTROLE

Les cours pétroliers ont touché un sommet de deux semaines alors que Donald Trump a déclaré que le mémorandum d'entente visant à mettre fin au conflit avec l'Iran était "terminé", ravivant les craintes de perturbations des approvisionnements en brut au Moyen-Orient.

Le Brent grimpe de 7,89% à 80,01 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) bondit de 7,37% à 75,62 dollars.

A SUIVRE JEUDI:

LA SITUATION SUR LES MARCHÉS

(Certaines données ​peuvent accuser un léger décalage)

(Rédigé par Claude Chendjou, édité par Sophie Louet)