L'Europe finit en nette hausse, l'espoir d'un accord de paix prévaut information fournie par Reuters 12/06/2026 à 18:07
par Diana Mandia
Les Bourses européennes ont terminé en hausse vendredi, portées par l'espoir d'un accord de paix imminent au Moyen-Orient, malgré une nouvelle série de déclarations contradictoires entre Washington et Téhéran sur les éléments des négociations.
À Paris, le CAC 40 a gagné 1,83% à 8.350,87 points. À Francfort, le Dax a pris 1,66% et à Londres, le FTSE 100 a progressé de 1,63%.
L'indice EuroStoxx 50 a fini en hausse de 2,01%, le FTSEurofirst 300 a gagné 1,88% et le Stoxx 600 a avancé de 1,80%.
Sur la semaine, le Stoxx 600 a pris 1,62% et le CAC 40 1,61%.
Les places boursières européennes ont conservé leur optimisme tout au long d'une séance malgré un flux d'informations plutôt chaotique concernant la possibilité d'un accord de paix entre l'Iran et les États-Unis dans les prochaines heures.
Après avoir annoncé jeudi soir un accord "excellent" susceptible de permettre la réouverture tant attendue du détroit d'Ormuz, le président américain Donald Trump a refroidi vendredi les espoirs en accusant le régime iranien d'avoir falsifié les termes du compromis, dont les grandes lignes ont été divulguées par Téhéran via les médias d'État iraniens.
"On ne sait jamais quels seront les détails définitifs. On ne sait jamais quelle partie détient toute l'information. C'est ce qui préoccupe vraiment les marchés : ne pas savoir qui croire", a déclaré Chris Zaccarelli, directeur des investissements chez Northlight Asset Management.
Au-delà de légères différences, les modalités de l'accord qui reste à finaliser ont été confirmées à Reuters par des sources occidentales, pakistanaises et iraniennes, qui observent qu'elles satisfont la majorité des revendications avancées par Téhéran il y a deux mois lors des négociations sous l'égide du Pakistan.
La partie américaine s'en trouverait lésée, ajoute-t-on, Donald Trump n'obtenant "au mieux" que la réouverture du détroit d'Ormuz.
Le retour à la normale sur cette voie cruciale pour le transport mondial d'hydrocarbures, fermée depuis le début du conflit fin février, serait toutefois une bonne nouvelle pour les perspectives d'inflation, qui ont grimpé en flèche ces derniers mois et ont conduit la Banque centrale européenne (BCE) à relever jeudi ses taux d'intérêt pour la première fois depuis près de trois ans.
La semaine à venir s'annonce encore plus chargée en réunions des banques centrales, avec à l'ordre du jour la Banque du Japon (BoJ), la Réserve fédérale américaine (Fed) et la Banque d'Angleterre (BoE).
Aux États-Unis, tous les regards seront tournés vers le nouveau patron de la Fed, Kevin Warsh, qui présidera sa première réunion à un moment particulièrement délicat.
"(Il) risque d'être assailli de questions sur le souhait de baisses de taux de Donald Trump durant la conférence de presse. On peut d'ailleurs se demander combien de temps la bonne entente entre Warsh et Trump durera, étant donné qu'il parait peu probable que la Fed puisse baisser les taux dans les prochains mois", écrit dans une note Bastien Drut, analyste chez CPRAM.
PÉTROLE
Les cours du pétrole reculent de plus de 3%, à leur plus bas niveau depuis près de deux mois, après l'annonce par Donald Trump d'un accord imminent avec l'Iran.
Le Brent cède 3,63% à 87,10 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) 3,64% à 84,52 dollars.
VALEURS
A Paris, le fabricant français de drones Exail Technologies a chuté de plus de 16%, au lendemain de la publication d'un communiqué signalant un désaccord avec un investisseur sur la valorisation d'obligations, à l'approche d'une échéance de refinancement de la dette.
Le compartiment du voyage a grimpé de plus de 4%, sur fond d'espoirs au Moyen-Orient, Accor avançant de 5,6% et Air-France KLM de plus de 8% à Paris.
Le secteur bancaire a également connu une bonne séance grâce aux espoirs de paix (+4,1%), une tendance dont ont également profité les banques françaises Société Générale (+6%) et BNP Paribas (+5%)
La perspective d'une réouverture du détroit d'Ormuz et par conséquent d'une désescalade des cours du brut a pénalisé en revanche le secteur de l'énergie (-1,17%), ce dernier étant le seul compartiment du Stoxx 600 à avoir clôturé dans le rouge. TotalEnergies a perdu 2,07% à Paris.
A WALL STREET
A l'heure de la clôture en Europe, le Dow Jones gagne 0,71%, le Standard & Poor's 500 0,39% et le Nasdaq Composite 0,17%.
Au-delà des anticipations géopolitiques, les investisseurs surveillent comme comme le lait sur le feu le début de SpaceX sur le Nasdaq, qui grimpe de 24% à 167,74 dollars l'action après une introduction en Bourse (IPO) record.
LES INDICATEURS DU JOUR
La séance a été riche en indicateurs de premier ordre sur l'évolution des prix et de l'activité économique.
En France, l'inflation harmonisée selon les normes européennes (IPCH) est ressortie à 2,8% sur un an en mai, en ligne avec l'estimation initiale, selon les données définitives publiées vendredi par l'Insee.
En Allemagne, l'inflation a légèrement ralenti à +2,7% sur un an en mai, a annoncé vendredi l'Office fédéral des statistiques, confirmant ainsi les données préliminaires.
La Bundesbank allemande a par ailleurs déclaré vendredi que la première économie de la zone euro ne devrait croître que de 0,5% en 2026, soit un chiffre inférieur aux 0,6% prévus en décembre, tandis que les prévisions de croissance pour 2027 ont été ramenées de 1,3% à 0,8%.
Au Royaume-Uni, l'économie s'est contractée de 0,1% en avril, enregistrant sa première baisse mensuelle depuis août, en raison des difficultés rencontrées par l'industrie du divertissement et de l'annulation d'évènements sportifs, notamment les Grands Prix de Formule 1, qui ont suivi le déclenchement de la guerre en Iran.
Aux Etats-Unis, le moral des consommateurs s'est amélioré en juin, la baisse des prix de l'essence ayant apporté un certain soulagement aux ménages, même si les inquiétudes liées à l'inflation persistent, montrent vendredi les résultats préliminaires de l'enquête mensuelle de l'Université du Michigan.
CHANGES
Le dollar perd 0,14% face à un panier de devises de référence, la perspective d'un accord de paix réduisant l'intérêt des investisseurs pour les valeurs refuges, tandis que l'euro perd 0,01% à 1,1576 dollar.
TAUX
Les rendements des bons du Trésor américain remontent légèrement après leur recul de la veille, les opérateurs se tournant vers la réunion de politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed) prévue la semaine prochaine, qui sera la première sous la présidence de Kevin Warsh et se tiendra dans un contexte de craintes inflationnistes liées à la guerre au Moyen-Orient.
Le rendement des Treasuries à dix ans gagne 1,2 point de base à 4,4769%. Le deux ans est quasi inchangé à 4,0746%.
Dans la zone euro, les espoirs d'une paix prochaine ont fait reculer les rendements des obligations allemandes, celui du titre à dix ans perdant 2,8 points de base à 2,9965% et celui de son homologue à deux ans abandonnant 5 points de base à 2,6188%.
A SUIVRE LE 15 JUIN : [L8N42I0OB]
(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Benoit Van Overstraeten)