L'Europe finit en baisse, déroute à Wall Street information fournie par Reuters 05/11/2026 à 18:18
par Diana Mandia
La plupart des Bourses européennes ont terminé en baisse jeudi, avec tous les regards tournés vers les États-Unis, où les craintes d'une réglementation plus stricte de l'intelligence artificielle (IA) ont déclenché une violente vague de ventes à la Bourse de New York et, en particulier, sur l'indice Nasdaq à forte composante technologique.
À Paris, le CAC 40 a gagné 0,34% à 8.205,37 points. À Francfort, le Dax a reculé de 0,41% et à Londres, le FTSE 100 a perdu 0,43%.
L'indice EuroStoxx 50 a terminé sur un recul de 0,61%, le FTSEurofirst 300 de 0,41% et le Stoxx 600 de 0,45%.
A l'heure de la clôture en Europe, le Dow Jones cède 2,40% et le Standard & Poor's 500 3,18%, tandis que le Nasdaq Composite recule de 4,31%, après avoir plongé de plus de 5% plus tôt dans l'après-midi.
Le Nasdaq 100, qui regroupe les plus grandes capitalisations de l'indice, s'apprête à perdre pas moins de 1.800 milliards de dollars en capitalisation boursière jeudi, les investisseurs craignant que la victoire écrasante des démocrates aux élections de mi-mandat mardi ne freine le rythme de développement des infrastructures d'intelligence artificielle (IA) et ne vienne briser la dynamique fulgurante du secteur.
Les actions des fabricants de puces et des fournisseurs de services cloud spécialisés dans l'IA sont dans la tourmente pour le deuxième jour consécutif, et la vague de ventes s'est intensifie, entraînant une chute de 9% de l'indice des semi-conducteurs de Philadelphie, plombé par poids lourds tels que Nvidia et Broadcom, qui abandonnent plus de 6% chacun.
Ces résultats financiers décevants accentuent encore la pression : l'action Qualcomm s'effondre de 11% après que ses ventes de puces pour smartphones se sont révélées inférieures aux prévisions.
Selon les analystes d'UBS, environ 30% de l'augmentation de la capacité des centres de données américains prévue d'ici 2028 pourrait être compromise par d'éventuels arrêts de la construction, ce qui met en évidence le risque qui pèse sur un secteur dont la croissance dépend du déploiement rapide de nouvelles installations.
"Il s'agit d'un secteur volatil et cyclique, et lorsque le sentiment change, les réactions sont vives", déclaré Mark Hackett, stratège des marchés chez Nationwide.
Si le secteur technologique est beaucoup plus restreint en Europe, la secousse s'est également faite sentir sur le Vieux Continent, provoquant une chute de 3,28% du compartiment sectoriel du Stoxx 600 et pesant sur la tendance générale du marché en fin de séance, alors même que l'évolution des actions avait été plutôt solide pendant la majeure partie de la journée.
En outre de la saison de résultats qui se poursuit, les investisseurs ont analysé jeudi la décision de politique monétaire de la Banque d'Angleterre (BoE) qui, comme prévu, a relevé son taux directeur à 4%, sa première mesure de ce type depuis trois ans. Elle a également averti qu'au moins une nouvelle hausse était probable si le conflit entre les États-Unis et l'Iran se poursuivait.
VALEURS
Air France-KLM, qui a dépassé les attentes au troisième trimestre, a grimpé de 12%, profitant également de la bonne tenue du secteur du transport aérien.
Les valeurs du secteur des semi-conducteur Siltronic, ASML et Soitec ont perdu entre 6% et 16%, sur fond de craintes liées à l'IA.
Le sidérurgiste ArcelorMittal a quant à lui fini sur une baisse de 1,12% effaçant les gains enregistrés plus tôt dans la séance.
À Francfort, Rheinmetall a plongé de 16% après avoir revu à la baisse ses prévisions de chiffre d'affaires pour 2026 pour la deuxième fois en trois mois, pesant sur le compartiment sectoriel du Stoxx 600 (-3%).
LES INDICATEURS DU JOUR
Le nombre de personnes ayant déposé une nouvelle demande d'allocations chômage aux Etats-Unis a atteint la semaine dernière son plus bas niveau depuis 57 ans, s'établissant à 189.000, ce qui témoigne de la résilience du marché du travail.
Dans la zone euro, les prix à la production ont augmenté comme prévu sur un mois en septembre, montrent les données publiées jeudi par Eurostat.
En France, la production industrielle a baissé de façon inattendue en septembre, de 0,5%, montrent les données publiées jeudi par l'Insee.
TAUX
Les rendements des obligations souveraines reculent jeudi, les investisseurs se tournant vers des valeurs refuges face à l'effondrement des valeurs technologiques.
Le rendement des Treasuries à dix ans perd 5,1 points de base à 4,8408%, tandis que celui du titre à deux ans cède 6,7 points de base à 4,5143%.
Dans la zone euro, le rendement du Bund allemand à dix ans a abandonné 4 points de base à 3,2455%. Le deux ans a quant à lui reculé de 4,2 points de base à 2,9716%.
En France, le rendement de l'OAT à dix ans a fini sur un recul de près de 3 points de base à 4,7930%.
La forte baisse des cours du pétrole observée mercredi a également contribué à la détente des rendements, alors que les investisseurs évaluent la possibilité que la nouvelle majorité démocrate au Congrès américain favorise la fin de la guerre avec l'Iran.
CHANGES
Sur le marché des changes, le dollar perd 0,10% face à un panier de devises de référence, dans un contexte de baisse des rendements souverains, tandis que l'euro grappille 0,04% à 1,1232 dollar.
PÉTROLE
Les cours du pétrole sont repartis à la hausse après avoir ouvert en repli dans le sillage de l'important reflux de la veille.
Le Brent prend 2,3% à 96,80 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) avance de 2,29% à 90,14 dollars.
A SUIVRE LE 6 NOVEMBRE :
(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Augustin Turpin)