L'Europe finit dans le vert un mois calamiteux pour les actions
information fournie par Reuters 31/03/2026 à 18:21

Bourse Euronext dans le quartier d'affaires de La Défense à Paris

par Diana Mandia

Les Bourses européennes ont terminé en hausse mardi, les investisseurs gardant l'espoir d'une détente dans le conflit au ‌Moyen-Orient, tout en accusant de lourdes pertes sur le mois, marqué par une envolée record des prix du pétrole.

À Paris, le CAC 40 a gagné 0,57% à 7.816,94 points. À Francfort, le Dax a pris 0,31% et à Londres, ​le FTSE 100 a progressé de 0,48%.

L'indice EuroStoxx 50 a fini sur un gain de 0,30%, le FTSEurofirst 300 de 0,40% et le Stoxx 600 de 0,43%.

Ce mois de mars mouvementé a toutefois entraîné des pertes pluriannuelles pour les principaux indices : le CAC 40 a connu une chute mensuelle de 8,9%, la plus forte depuis mars 2020, lors de la crise sanitaire liée au COVID-19, tandis que le Stoxx 600 a perdu 7,99%, son plus important recul depuis ​juin 2022.

La dernière séance du mois a néanmoins été favorable aux actions, les investisseurs accueillant avec soulagement une information du Wall Street Journal selon laquelle le président américain serait disposé à stopper la campagne militaire en Iran même si le détroit d'Ormuz, voie d'acheminement essentielle pour les hydrocarbures, était toujours largement fermé.

Sur ​le terrain, la guerre se poursuit toutefois et les prix du pétrole restent élevés, signe que les marchés ne ⁠sont pas vraiment convaincus d'un retour rapide à la normale dans la région.

Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a déclaré mardi que les prochains jours allaient être décisifs pour l'issue de la guerre, ‌avertissant que celle-ci pouvait gagner en intensité si le régime iranien ne parvenait pas à un accord.

Le cours du baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, est sur le point d'enregistrer la plus forte hausse mensuelle de son histoire, de plus de 60%, dépassant ainsi celle enregistrée en septembre 1990 (+46%), à la suite de l'invasion du ​Koweït par l'Irak.

Mardi à l'heure de la clôture des Bourses, le Brent prend 5,5% à ‌118,98 dollars le baril, non loin du pic de 119,50 dollars atteint le 9 mars dernier, le niveau le plus élevé enregistré depuis le début de ⁠la crise actuelle.

Le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) prend quant à lui 1,09% à 104,00 dollars.

Selon une enquête de Reuters, la production pétrolière de l'Opep a chuté en mars à 21,57 millions de barils par jour, son plus bas niveau depuis juin 2020, la guerre ayant entraîné la fermeture du détroit d'Ormuz pour la plupart des navires et contraint les pays producteurs à réduire leurs exportations.

La flambée des prix de l'énergie inquiète les responsables politiques et monétaires, ⁠qui ont constaté cette semaine une forte hausse ‌de l'inflation globale dans les principales économies de la zone euro. Dans la zone euro, l'inflation a atteint 2,5% en mars, avec une hausse de 4,9% des prix de l'énergie.

VALEURS

À Paris, ⁠l'action Getlink a pris 3,5% après l'augmentation de la participation de Mundys au capital de l'opérateur du tunnel sous la Manche.

Alstom a gagné 5,39% après avoir remporté un contrat via un consortium pour une valeur totale du projet de ‌2,75 milliards de dollars (2,40 milliards d'euros).

À Zurich, l'action UBS a pris 3,9% après que le Financial Times a rapporté que les députés suisses étaient disposé à un compromis sur le projet d'augmentation des fonds ⁠propres de la banque.

Au niveau sectoriel, la défense s'est distinguée avec un gain de 1,83%, tandis que les matières premières ont progressé de 2,27% et ⁠l'énergie de 0,42%.

Ce compartiment a enregistré une performance exceptionnelle en ‌mars, porté par les prix du pétrole, affichant un gain de 14%.

A WALL STREET

A l'heure de la clôture en Europe, le Dow Jones gagne 1,06%, le Standard & Poor's 500 1,38% et le Nasdaq Composite 1,86%.

LES INDICATEURS DU JOUR

La séance ​a été riche en indicateurs, au-delà des chiffres de l'inflation en zone euro.

La confiance des consommateurs américains a progressé de manière ‌inattendue en mars, mais les ménages s'attendent à une hausse de l'inflation au cours des douze prochains mois, montre l'enquête de l'organisation patronale Conference Board, publiée mardi.

Le nombre d'offres d'emploi aux États-Unis a pour sa part reculé plus que prévu en février, montrent des ​données du département du Travail américain.

En France, les dépenses de consommation des ménages en biens se sont repliées plus que prévu en février, selon les données de l'Insee.

Au Royaume-Uni, l'économie britannique a à peine progressé à la fin de l'année 2025, ce qui pourrait compliquer la tâche du gouvernement pour préserver la croissance économique alors que la guerre en Iran risque de peser sur la demande et de faire grimper l'inflation.

CHANGES

Le dollar se déprécie de 0,33% face à ⁠un panier de devises de référence, dans l'espoir d'une détente du conflit au Moyen-Orient.

Le billet vert reste toutefois en passe d'enregistrer son meilleur trimestre depuis le troisième trimestre 2024, bénéficiant de la demande pour les actifs jugés refuge face à l'incertitude.

L'euro gagne 0,46% à 1,1518 dollar.

TAUX

Les rendements des obligations d'État de la zone euro ont reculé par rapport aux plus hauts enregistrés depuis le début de la guerre, les investisseurs semblant se concentrer désormais sur le risque d'un ralentissement de la croissance lié au choc énergétique.

Le rendement du Bund allemand à dix ans a perdu 3,4 points de base à 3,0051%. Le deux ans a fini quasi stable à 2,6211%.

L'écheance à 10 ans a atteint vendredi son plus haut niveau depuis 2011, à 3,13%.

Aux Etats-Unis, le rendement des Treasuries à dix ans perd 1,4 point de base à 4,3284%. Celui de l'obligation à deux ans perd 2,3 points de base à 3,8053%.

A SUIVRE MERCREDI 1er AVRIL :

(Certaines données ​peuvent accuser un léger décalage)

(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Blandine Hénault)