L'Europe finit dans le vert, le risque d'un resserrement monétaire recule information fournie par Reuters 02/10/2026 à 18:19
par Coralie Lamarque
Les Bourses européennes ont terminé en hausse vendredi, l'inflation modérée des indicateurs sous-jacents en Europe et le rapport sur l'emploi américain moins bon que prévu calmant les craintes d'un resserrement monétaire.
À Paris, le CAC 40 a gagné 0,79% à 7.897,19 points. À Francfort, le Dax a avancé de 1,13% et à Londres, le FTSE 100 a pris 0,32%.
L'indice EuroStoxx 50 a progressé de 0,94%, le FTSEurofirst 300 de 0,65% et le Stoxx 600 de 0,69%.
Sur la semaine, le Stoxx 600 a reculé 1,21% et le CAC 40 a perdu 2,24%.
La dernière séance de la semaine a été marquée par la publication de deux indicateurs économiques décisifs pour les perspectives des marchés, à savoir l'inflation préliminaire en zone euro et le rapport sur l'emploi américain.
Les données publiées par Eurostat ont montré que la hausse des prix s'accélérait plus que prévu dans la zone euro, l'inflation préliminaire ressortant à 3,8% sur un an en septembre, contre des prévisions à 3,6% et après 3,2% en août.
Bien que l'inflation se rapproche davantage du double de l'objectif fixé par Francfort (+2,0%), la hausse modérée des indicateurs sous-jacents indique que les coûts élevés de l'énergie ne sont pas à même de déclencher une spirale inflationniste.
Ce constat intervient alors que la présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, avait déclaré lundi qu'une réponse mesurée resterait appropriée pour juguler l'inflation en l'absence d'effets de second tour.
De l'autre côté de l'Atlantique, le rapport sur l'emploi aux États-Unis a révélé une chute bien plus importante que prévu de la création d'emplois non-agricoles en septembre, tombant à 29.000 en septembre alors que les attentes tablaient sur 90.000 créations après 133.000 (révisé de 162.000) le mois précédent.
Ce mauvais chiffre s'avère toutefois positif pour les perspectives des marchés, leur permettant de tabler que la Réserve fédérale américaine (Fed) s'abstiendra d'augmenter une nouvelle fois ses taux lors de sa prochaine réunion, fin octobre.
"Décembre reste notre scénario de base pour la prochaine action, même si la récente flambée des rendements, ainsi que toute avancée dans les négociations sur la guerre en Iran d’ici là, pourraient encore remettre en cause un nouveau resserrement monétaire", a déclaré Matthew Ryan, responsable de la stratégie de marché chez Ebury, dans une note.
Les marchés bénéficient également du soulagement sur les cours pétroliers après que les dirigeants du G7 sont convenus vendredi de libérer jusqu'à 100 millions de barils sous 4 mois afin de lutter contre la crise énergétique mondiale causée par le conflit au Moyen-Orient.
VALEURS
Lanterne rouge du CAC 40, Kering a perdu 3,22% à la suite des déclarations de la direction aux analystes lors de la conférence préalable à la clôture du troisième trimestre.
Ailleurs en Europe, Volvo Cars a chuté de 7,35% après avoir émis un avertissement concernant ses ventes et sa situation de trésorerie.
À WALL STREET
Au moment de la clôture en Europe, Wall Street reste dans le vert, le Dow Jones avançant de 0,32%, le Standard & Poor's 500 de 0,67% et le Nasdaq Composite de 1,13%.
LES INDICATEURS DU JOUR
L'indice des prix sous-jacents en zone euro, qui exclut les coûts volatils de l'alimentation, l'énergie, l'alcool et le tabac, ressort à +2,5% en septembre, comme anticipé et après 2,4% en août, montrent les données préliminaires d'Eurostat.
En plus de la chute de la création d'emplois, le rapport publié par le département du Travail américain a fait état d'une légère hausse surprise du taux de chômage, ressortant à +4,2% en septembre tandis que les économistes interrogés par Reuters tablaient sur +4,1% après le même chiffre en août.
CHANGES
Le billet vert recule à la suite du rapport sur l'emploi américain.
Le dollar perd 0,20% face à un panier de devises de référence, tandis que l'euro gagne 0,16% à 1,1259 dollar.
TAUX
Le marché obligataire reste sujet à de fortes pressions, en particulier sur les rendements français, face aux inquiétudes sur les finances publiques et au lendemain de la présentation du projet de budget 2027 par le gouvernement français.
Le "spread", ou écart de rendement, entre les obligations allemandes et françaises à dix ans se resserre quelque peu, à 140 points de base (pdb), après avoir dépassé à mi-séance le seuil des 150 pdb, une première depuis fin 2011.
En France, le rendement de l'OAT à dix ans a cédé 0,4 point de base à 4,8620%. Le deux ans a progressé de 1,7 point de base à 3,7356%.
Outre-Rhin, le rendement du Bund allemand à dix ans a grappillé 0,5 point de base à 3,4599%. Le deux ans a pris 1,4 point de base à 3,0637%.
Outre-Atlantique, le rendement des Treasuries à dix ans avance de 2,6 points de base à 5,2600%. Le deux ans gagne 4,0 points de base à 4,8268%.
PÉTROLE
Les cours pétroliers se maintiennent à la baisse au gré de la libération de réserves de produits pétroliers annoncée par le G7, bien que le Brent ait freiné son recul observé plus tôt pour repasser au dessus des 100 dollars le baril.
Le Brent cède 1,84% à 100,43 dollars le baril tandis le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) perd 3,07% à 90,02 dollars.
À SUIVRE LUNDI 5 OCTOBRE :
LA SITUATION SUR LES MARCHÉS
(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Coralie Lamarque, édité par)