L'Europe finit dans le vert, le marché croit à la détente en Iran
information fournie par Reuters 14/04/2026 à 18:34

Le graphique de l'indice boursier allemand DAX est photographié à la bourse de Francfort

par Diana Mandia

Les Bourses européennes ont terminé en hausse mardi, les investisseurs misant sur une reprise rapide ‌des négociations visant à mettre fin à la guerre en Iran, un espoir qui fait reculer les prix du pétrole et apaise dans une certaine mesure les craintes inflationnistes.

À Paris, le CAC 40 a ​gagné 1,12% à 8.327,86 points. À Francfort, le Dax a pris 1,27% et à Londres, le FTSE 100 a progressé de 0,25%.

L'indice EuroStoxx 50 a fini sur une hausse 1,35%, le FTSEurofirst 300 a pris 0,96% et le Stoxx 600 s'est octroyé 0,99%.

Les négociations entre l'Iran et les Etats-Unis, dont une première session a échoué durant le week-end, pourraient reprendre prochainement à Islamabad, selons des sources, et le président ​américain, Donald Trump, a quant à lui déclaré dans une interview accordée au New York Post que les pourparlers pourraient reprendre dans les deux prochains jours.

Cette perspective redonne confiance aux investisseurs, désireux de voir la fin d'un conflit qui dure déjà depuis un mois et ​demi et qui menace de raviver l'inflation et de ralentir l'économie mondiale.

Le Fonds monétaire international (FMI) a abaissé ⁠mardi sa prévision de croissance pour l'économie mondiale, invoquant précisément la flambée des prix de l'énergie et les perturbations de l'approvisionnement causées par la guerre, qui bloque le détroit d'Ormuz ‌et perturbe la production de pétrole et gaz dans le Golfe.

Depuis fin février, les responsables de la politique monétaire sont à l'affût du moindre signe susceptible de modifier la trajectoire des taux d'intérêt, mais plusieurs d'entre eux, dont la présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, ont tenté de se montrer prudents mardi, ​soulignant qu'aucune hausse immédiate des taux n'était acquise et que l'impact du conflit ‌restait incertain.

Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, s'est pour sa part dit mardi très confiant quant à la poursuite de la baisse ⁠de l'inflation sous-jacente aux États-Unis, et a réitéré son appel à la Réserve fédérale (Fed) pour qu'elle abaisse ses taux d'intérêt.

La saison des résultats trimestriels des entreprises, qui a débuté cette semaine tant aux États-Unis qu'en Europe, devrait par ailleurs aider les investisseurs à mieux cerner l'impact de la guerre sur l'activité économique.

PÉTROLE

Les prix du pétrole reculent mardi avec les espoirs d'un retour des discussions entre les Etats-Unis et l'Iran.

Le ⁠Brent perd 3,38% à 95,97 dollars le ‌baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) recule de 5,89% à 93,24 dollars.

L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a toutefois nettement abaissémardi ses prévisions de croissance de ⁠l'offre et de la demande de pétrole, et son directeur, Fatih Birol, a estimé que l'actuel niveau élevé des cours ne reflète pas la gravité de la menace que fait peser la guerre sur ‌les marchés énergétiques mondiaux.

VALEURS

L'action LVMH a fini presque stable (-0,06%) au lendemain de la publication de ventes au premier trimestre inférieures aux attentes pour le géant français du luxe, qui a ⁠déclaré subir les répercussions du conflit au Moyen-Orient.

Kering a a gagné 2,9%, les investisseurs attendant la publication de ses résultats après la clôture ⁠de la Bourse, un premier test crucial pour ‌le directeur général Luca de Meo.

Ailleurs en Europe, Givaudan a pris 2,68%, le fabricant suisse de parfums et d'arômes ayant dépassé les attentes au premier trimestre.

A WALL STREET

Les espoirs d'une reprise du dialogue au ​Moyen-Orient soutiennent la Bourse de New York, où le Dow Jones avance de 0,63%, le Standard & Poor's 500 ‌de 1,02% et le Nasdaq Composite de 1,66%.

Les investisseurs analysent par ailleurs une avalanche de résultats des banques américaines et sanctionnent sévèrement l'action Wells Fargo, qui plonge de 4,8% après que ses revenus d'intérêts (RNI) se sont révélés inférieurs aux attentes ​du marché au premier trimestre.

LES INDICATEURS DU JOUR

Les prix à la production aux États-Unis ont augmenté moins que prévu en mars, même si les pressions pressions inflationnistes déclenchées par le conflit restent vives.

Sur l'année, les prix à la production ont augmenté de 4% le mois dernier, après 3,4% en février et un consensus qui tablait sur une hausse de 4,7%.

CHANGES

L'apaisement des tensions pèse sur le dollar, qui ⁠a connu une forte appréciation au début de la guerre en Iran en raison de sa réputation de valeur refuge.

Le billet vert perd 0,25% face à un panier de devises de référence, tandis que l'euro gagne 0,29% à 1,1791 dollar.

TAUX

Les rendements des obligations souveraines de la zone euro ont nettement baissé mardi, les espoirs d'une résolution du conflit au Moyen-Orient se renforçant et les déclarations de responsables de la BCE contribuant à tempérer les anticipations de hausse des taux.

Le rendement du Bund allemand à dix ans a perdu 5,9 points de base à 3,0296%. Le deux ans reculé 9,4 points de base à 2,5453%.

Aux Etats-Unis, le rendement des Treasuries à dix ans perd 2,2 points de base à 4,2755%. Le deux ans recule de 1,1 points de base à 3,7699%.

A SUIVRE LE 15 AVRIl :

(Certaines données peuvent ​accuser un léger décalage)

(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Augustin Turpin)