L'Europe finit dans le vert, l'incertitude géopolitique persiste
information fournie par Reuters 13/05/2026 à 18:11

CSG fait ses débuts sur Euronext Amsterdam à Amsterdam

par Diana Mandia

Les Bourses européennes ont terminé en hausse mercredi, rebondissant après les pertes enregistrées lors de la séance précédente, même si les craintes inflationnistes maintiennent ‌les rendements obligataires à des niveaux élevés et qu'un accord de paix entre les États-Unis et l'Iran reste incertain.

À Paris, le CAC 40 a terminé la séance sur un gain de 0,35% à 8.007,97 points, se redressant après un passage dans le rouge. Le Footsie britannique a pris 0,58% et le ​Dax allemand a gagné 0,61%.

L'indice EuroStoxx 50 a fini sur un gain de 0,70%, le FTSEurofirst 300 de 0,85% et le Stoxx 600 de 0,66%.

Un certain attentisme s'est installé sur les marchés alors que Donald Trump a entamé ce mercredi la première visite d'un président américain en Chine depuis près d'une décennie, au cours de laquelle le locataire de la Maison blanche pourrait encourager Pékin à convaincre Téhéran de parvenir à un accord pour mettre fin à leur conflit.

Même si le président a déclaré qu'il n'avait pas besoin de l'aide de Pékin, une intensification de la pression pourrait être la bienvenue, ​étant donné que les efforts diplomatiques semblent être dans l'impasse, ce qui maintient les prix du pétrole à des niveaux élevés et ravive les craintes inflationnistes.

Les prix à la production (IPP) aux États-Unis ont bondi de 1,4% le mois dernier, ce qui représente leur plus forte hausse en quatre ans, selon les données publiées mercredi, juste au lendemain de la publication d'un indice des prix à la consommation ​à son plus haut niveau en trois ans, en raison précisément de la flambée des prix de l'énergie.

"Ces chiffres sont très préoccupants en matière ⁠d'inflation et cela signifie tout simplement que Kevin Warsh ne devrait pas baisser les taux de sitôt, voire pas avant la fin de l'année", a déclaré Peter Cardillo, chef économiste chez Spartan Capital Securities.

Le Sénat américain a confirmé mardi la nomination de Kevin Warsh au ‌poste de gouverneur pour un mandat de 14 ans et doit désormais se prononcer sur sa confirmation pour un mandat de quatre ans à la présidence de la Fed, dans le cadre d'un vote distinct prévu ce mercredi.

Dans la zone euro, plus dépendante des importations d'énergie que les États-Unis et donc plus vulnérable, les investisseurs s'attendent à ce que la Banque centrale européenne (BCE) procède à trois hausses de taux d'ici la fin de l'année.

PÉTROLE

Les prix du pétrole fluctuent moins ​mercredi, offrant un peu de répit, les investisseurs attendant de nouveaux développements sur le Moyen-Orient et la visite en Chine ‌de Donald Trump.

Le Brent recule de 0,91% à 106,79 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) gagne 0,19% à 102,45 dollars.

Le conflit continue d'avoir de graves répercussions sur les ⁠marchés mondiaux de l'énergie. Selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE), l'approvisionnement mondial en pétrole devrait diminuer d'environ 3,9 millions de barils par jour en 2026 en raison des perturbations causées par la guerre en Iran.

L'agence s'attend désormais à une baisse de la demande de 420.000 barils par jour cette année, contre une baisse de 80.000 barils par jour dans ses prévisions précédentes.

L'Opep a également revu mercredi à la baisse ses prévisions concernant la croissance de la demande mondiale de pétrole en 2026.

VALEURS

De nombreuses publications ont rythmé mercredi les échanges en Europe.

À Paris, Alstom a gagné 2%, le fabricant du TGV ayant publié un ⁠résultat d'exploitation ajusté annuel globalement stable.

Le fabricant français de tubes ‌en acier Vallourec a grimpé de plus de 12% après une hausse de 4% de son bénéfice d'exploitation au premier trimestre, tandis que le groupe d'investissement Eurazeo a pris 1,9% après avoir fait état d'actifs sous gestion (AUM) en hausse de ⁠7% sur un an à fin mars.

Ailleurs en Europe, Zurich Insurance a gagné 4% à la faveur d'une hausse des primes brutes émises au premier trimestre pour son activité d'assurance dommages, tandis qu'Allianz a avancé de 1,1% grâce à un bond de 52% de son bénéfice net trimestriel.

Merck KGaA a grimpé ‌de plus de 7% après avoir relevé sa prévision de résultat d'exploitation ajusté pour cette année.

Adecco a plongé de plus de 16%, les analystes notant une marge brute sous les attentes qui contrebalance une croissance organique du chiffre d'affaires meilleure que prévu.

La banque ⁠néerlandaise ABN Amro a bondi de 8,6%, les investisseurs saluant un bénéfice trimestriel en hausse de 12% sur un an, au-dessus des attentes.

Sur le Stoxx 600, les valeurs technologiques ont connu une bonne ⁠performance mercredi (+2,39%), portées par l'industrie des semi-conducteurs. Infineon Technologies, STMicroelectronics et Aixtron ‌ont fini sur des gains allant de 9% à 11%.

Les ressources de base ont pour leur part bondi de 4,26%.

A WALL STREET

La Bourse de New York évolue en ordre dispersé ce mercredi, alors que les investisseurs analysent les données sur les prix à la production et leurs répercussions sur la ​politique monétaire.

A l'heure de la clôture en Europe, le Dow Jones recule de 0,44%, tandis que le Standard & Poor's 500 prend 0,21% et le Nasdaq Composite avance de ‌0,72%.

La vague de ventes massives dans le secteur des semi-conducteurs, qui a pesé sur les marchés mardi, s'est stabilisée mercredi. L'indice Philadelphia SE Semiconductor progresse d'environ 2%.

L'action Nebius Group bondit de plus de 15%, le groupe technologique ayant publié un bond spectaculaire de son chiffre d'affaires trimestriel.

LES INDICATEURS DU JOUR

Outre les prix à la production aux États-Unis, ​les indicateurs de la zone euro publiés mercredi ont brossé un tableau peu réjouissant pour le bloc, avec une inflation élevée en France et des signes de ralentissement économique.

La deuxième estimation du produit intérieur brut (PIB) pour la période janvier-fin mars a confirmé mercredi le ralentissement de la croissance dans la zone euro, qui ressort à 0,1% contre 0,2% au cours des derniers trois mois de 2025.

En France, le taux de chômage a surpris mercredi, atteignant 8,1% de la population active au premier trimestre, son plus haut niveau depuis le premier trimestre 2021.

L'inflation, harmonisée selon les normes européennes (IPCH), s'est pour sa part ⁠établie à 2,5% sur un an en avril en France, en ligne avec les attentes, selon les données définitives publiées mercredi par l'Insee.

CHANGES

Le dollar se raffermit sur fond de craintes inflationnistes et d'incertitude géopolitique au Moyen-Orient et gagne 0,19% face à un panier de devises de référence, tandis que l'euro perd 0,21% à 1,1712 dollar.

La livre sterling cède à son tour 0,13% face au dollar.

TAUX

Les rendements des obligations d'État allemandes ont légèrement augmenté mercredi, restant proches de leurs plus hauts niveaux depuis plusieurs années, alors que les investisseurs s'attendent à ce que la BCE relève ses taux d'intérêt pour lutter contre l'inflation.

Le rendement du Bund allemand à dix ans a pris un point de base à 3,1092%, tout comme l'obligation à deux ans, qui a fini à 2,7185%.

Au Royaume-Uni, les rendements ont baissé mercredi après avoir grimpé en flèche la veille, dans un contexte politique agité.

Aux États-Unis, les craintes inflationnistes entraînent une hausse des rendements obligataires, les dernières données renforçant l'idée que la Fed maintiendra ses taux inchangés face au risque d'une hausse des prix.

Le rendement des Treasuries à dix ans prend 2 points de base à 4,4924%. Le deux ans affiche quant à lui une progression de 1,3 point de ​base à 4,0085%.

A SUIVRE LE 14 MAI :

(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)

(Rédigé par Diana Mandiá)