L'Europe finit dans le vert avec le recul du pétrole et des taux information fournie par Reuters 06/10/2026 à 18:46
par Claude Chendjou
Les Bourses européennes ont terminé en hausse mardi sur fond de repli des rendements obligataires et des cours pétroliers après les récentes tensions sur les marchés financiers alors que les investisseurs se tournent désormais vers la saison des résultats trimestriels d'entreprises.
À Paris, le CAC 40 a fini sur un gain de 0,40% à 7.865,07 points. Le Footsie britannique a avancé de 0,42% et le Dax allemand a progressé de 0,82%.
L'indice EuroStoxx 50 a gagné 0,52%, le FTSEurofirst 300 0,48% et le Stoxx 600 0,47%, porté essentiellement par le secteur de la santé (+0,47%).
Au moment de la clôture en Europe, le Dow Jones avance de 0,66%, le Standard & Poor's 500 de 0,85% et le Nasdaq de 0,83%, ces deux derniers indices ayant inscrit en séance un record dans le sillage de la hausse de plusieurs valeurs du groupe des "Magnificent Seven".
Nvidia (+1,12%), baromètre de l'engouement pour l'intelligence artificielle (IA), se distingué en approchant la barre des 6.000 milliards de dollars de capitalisation boursière.
La tendance observée en Europe et aux Etats-Unis se reflète dans le reste du monde où les marchés boursiers ont atteint mardi leurs plus hauts niveaux en deux semaines.
Ils ont été portés par la baisse des prix du pétrole, tandis que le recul des rendements obligataires a contribué à stabiliser le sentiment des investisseurs. Parallèlement, ces derniers anticipent une solide saison des résultats qui devrait être alimentée par la croissance de l'IA.
L'indice MSCI monde a ainsi progressé de 0,5%, tandis que le S&P 500 a ouvert à un niveau record pour la première fois depuis la mi-août et le Nasdaq, de son côté, est en passe d'inscrire un troisième record d'affilée.
Les actions sont recherchées au lendemain d'une déroute sur le marché obligataire, notamment en France, où les difficultés budgétaires et la dette ont alimenté le spectre d'une contagion à l'ensemble de la zone euro.
L'incertitude politique en Espagne où le président du gouvernement, Pedro Sanchez, a convoqué des élections anticipées pour le 29 novembre, conjuguée au niveau d'endettement de l'Italie, avaient également favorisé la veille un accroissement de l'écart des taux avec l'Allemagne, considérée comme la référence en zone euro.
Mais mardi nombre d'investisseurs ont relativisé la perspective d'un éclatement de la zone euro. Marine Le Pen, candidate d'extrême droite et favorite pour l'élection présidentielle du printemps en France, a en outre déclaré qu'elle souhaitait ramener le déficit budgétaire du pays à 3% d'ici 2030.
"D'un côté, la pression est assez forte sur le marché des obligations d'État. Mais du côté des entreprises, la situation n'est pas si mauvaise. Les bénéfices des sociétés restent très solides. La saison des résultats approche à grands pas et les attentes sont élevées", a expliqué James Klempster, directeur adjoint de la gestion multi-actifs chez Liontrust.
VALEURS EN EUROPE
Schneider Electric a abandonné 4,50%, accentuant ses pertes depuis l'annonce de l'acquisition de la société de logiciels américaine PTC pour 22,6 milliards de dollars.
Biomérieux (+2,49%), Eurofins Scientific (+0,79%), Sartorius Stedim (+2,76%) et DiaSorin (+1,61%) ont profité des perspectives favorables sur le secteur pharmaceutique dans la lignée de la récente bonne performance des groupes américains comme Charles River.
Genmab a bondi de 4,42% après la publication des résultats d'une étude sur une association de médicaments avec AbbVie contre le cancer du sang.
Sabadell s'est adjugé 2,56%, le groupe bancaire français BPCE ayant acquis une participation d'environ 7% dans la banque espagnole.
Le distributeur britannique de mode en ligne ASOS a plongé de 9,56%, des médias ayant rapporté que des clients du groupe avaient reçu des notifications indiquant que l'entreprise avait été piratée.
Aperam a chuté de 5,07% après l'avertissement émis par le sidérurgiste sur la hausse des coûts de l'énergie qui devrait peser sur son bénéfice d'environ 20 millions d'euros par trimestre.
LES INDICATEURS DU JOUR
Les ventes au détail dans la zone euro ont rebondi en août, de 0,1%, mais ce rythme est inférieur à celui anticipé par le consensus, montrent les données publiées par Eurostat.
Les commandes à l'industrie en Allemagne ont baissé à un rythme plus rapide que prévu en août, de 10,6%, par rapport au mois précédent, selon l'Office fédéral de la statistique.
La production industrielle de la France a baissé de façon inattendue en août, de 0,3%, après un recul de 0,6% en juillet, montrent les données publiées par l'Insee.
Le déficit du budget de l'Etat français s'est établi à 159,6 milliards d'euros fin août, selon les données publiées par le ministère de l'Action et des Comptes publics.
CHANGES
Le dollar recule mardi de 0,36% face à un panier de devises de référence et s'achemine vers sa plus forte baisse en une séance depuis le 25 septembre.
L'euro en profite pour rebondir de 0,42%, à 1,1269 dollar, après être tombé lundi à un creux depuis le 3 septembre, à 1,1252.
La livre sterling s'échange à 1,3282 dollar, en hausse de 0,48%.
TAUX
Le rendement des bons du Trésor américain à dix ans se replie de 4,8 points de base, à 5,2603%, alors que les anticipations d'un relèvement des taux de la Réserve fédérale américaine (Fed), lors de sa réunion de politique monétaire prévue ce mois-ci, se sont atténuées à la suite de la publication du rapport sur l'emploi aux Etats-Unis, ressorti plus faible que prévu.
Le rendement du Bund allemand à dix ans a fini en repli de 1,1 point de base, à 3,48%, tandis que le deux ans, plus sensible aux anticipations sur les taux, a cédé environ quatre points, à 3,07%.
L'écart de rendement entre le Bund et l'OAT à dix ans s'est rétréci autour de 125 points de base, alors qu'il avait dépassé vendredi 158 points de base, le niveau le plus élevé depuis fin 2011.
PÉTROLE
Le cours pétroliers reculent mardi, les craintes liées à l'offre s'étant apaisées grâce à l'augmentation des exportations de brut du Moyen-Orient et à un accord conclu par les pays du G7 visant à libérer des stocks d'urgence de diesel et de brut.
Le Brent reflue de 1,47% à 98,87 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) décline de 1,03% à 88,5 dollars.
A SUIVRE MERCREDI:
(Rédigé par Claude Chendjou, avec la contribution de Lawrence Delevingne, Stella Qiu, Tom Westbrook et Medha Singh; édité par Benoit Van Overstraeten)