L'Europe finit dans le vert avec le recul des cours du pétrole
information fournie par Reuters 27/07/2026 à 18:16

La Bourse de Francfort

par Diana Mandia

Les Bourses européennes ont terminé en hausse lundi, la baisse des cours du pétrole due à la suspension des frappes ‌au Moyen-Orient ayant favorisé la prise de risque avant une série de décisions des banques centrales et de publications de résultats financiers plus tard dans la semaine.

À Paris, le CAC 40 a gagné 0,40% à 8.406,06 points. À Francfort, le Dax a ​pris 1,30% et à Londres, le FTSE 100 a progressé de 0,42%.

L'indice EuroStoxx 50 a fini sur un gain de 0,27% et le Stoxx 600 de 0,19%. Le FTSEurofirst 300 a quant à lui enregistré un léger recul de 0,04%

Les États-Unis et l'Iran ont suspendu ce week-end leurs attaques respectives au Moyen-Orient et, bien que Téhéran revendique toujours le contrôle d'Ormuz, la trêve a entraîné une baisse des cours du pétrole qui soulage les investisseurs après la reprise des frappes au début du mois.

Le Brent, qui ​avait dépassé la barre des 100 dollars le baril la semaine dernière pour la première fois depuis fin mai, recule lundi de plus de 7% pour s'établir à 89,69 dollars le baril, tandis que le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) perd 6,76% à 83,29 dollars.

Les conséquences à plus long terme de cette pause restent pour ​l'instant une inconnue, d'autant plus que les Houthis du Yémen, alliés de l'Iran, ont mis en place un nouveau blocus dans ⁠la mer Rouge.

Le président américain Donald Trump s'est pour sa part déclaré lundi prêt à mener une "action militaire forte" en cas d'échec de la diplomatie.

"Le marché semble être perpétuellement à la recherche de bonnes nouvelles provenant d'une région ‌qui n'en fournit pourtant aucune', a déclaré John Evans, analyste chez PVM, ajoutant qu'il n'y a aucune garantie que le pétrole reprendra bientôt son cours depuis le Moyen-Orient.

L'impact de ce répit des prix sur la politique monétaire reste en outre incertain.

Si la Réserve fédérale américaine (Fed) devrait laisses ses taux inchangés mercredi, environ un tiers des opérateurs prévoit une hausse, ce qui laisse penser que le débat au ​sein de l'institution pourrait être intense.

Les marchés s'accordent davantage sur le retour de l'été et estiment à ‌80% la probabilité d'un relèvement des coûts d'emprunt en septembre.

"Si les tensions géopolitiques et pétrolières se poursuivent durant l'été, il (Kevin Warsh, président de la Fed, NDLR) ne pourra ⁠pas se contenter de tenir un discours de fermeté sur l'inflation sans passer aux actes", écrivent lundi les analystes d'ODDO.

La Banque d'Angleterre (BoE) annoncera pour sa part sa décision de politique monétaire jeudi, suivie de celle de la Banque du Japon (BoJ) vendredi, toutes deux devant maintenir leurs taux inchangés bien que restant prudentes face aux risques d'inflation.

En parallèle, les opérateurs se préparent à une avalanches de résultats semestriels tout au long de la semaine, à commencer par le géant français du luxe LVMH dès ce lundi, avant ⁠les géants technologiques Microsoft, Meta, Apple et Amazon ‌dans les jours à venir.

VALEURS

À Paris, SES et Eutelsat ont gagné 1,14% et 4,5% respectivement, les deux opérateurs de satellites ayant annoncé s'attendre à recevoir des paiements incitatifs dans le cadre d'un plan de ⁠la Commission fédérale des communications (FCC) américaine.

Dans le sillage de la chute des cours pétroliers, TotalEnergies et Maurel & Prom ont perdu 2% et 5,1%, tandis que le compartiment des énergies fossiles du Stoxx 600 a enregistré une perte de 1,86%.

À l'inverse, la détente ‌des cours du brut a profité aux compagnies aériennes, Air France-KLM gagnant 1,32%. Le compartiment des entreprises du secteur du voyage a fini sur un gain de 1,94%.

Le groupe de luxe français LVMH a fini en légère ⁠hausse (+1,1%) avant la publication de ses chiffres trimestriels juste après la clôture de la Bourse.

À Londres, Vodafone a grimpé de 4,8%, l'opérateur de télécommunications ayant revu à la ⁠hausse ses prévisions à la suite de son accord avec ‌Safaricom.

À Amsterdam, ASML a reculé de plus de 8% après que le site The Information a rapporté que la Chine avait commencé à produire localement des machines de lithographie DUV, un outil essentiel à la fabrication de puces longtemps dominé par le ​groupe néerlandais.

Cette information a également pesé sur les actions des entreprises exposées à la chaîne d'approvisionnement mondiale des équipements pour semi-conducteurs. BE Semiconductor Industries ‌a perdu plus de 9%, Soitec 7,12%, et Infineon 4,5%.

Le compartiment technologie du Stoxx 600 a fini la séance sur un recul de 1,62%.

A WALL STREET

La Bourse de New York évolue en ordre dispersé lundi après une ouverture dans le vert, les actions des semi-conducteurs et de l'énergie ​pesant sur la tendance.

Le Dow Jones gagne 0,19%, tandis que le Standard & Poor's 500 perd 0,25% et le Nasdaq Composite cède 0,53%.

LES INDICATEURS DU JOUR

La croissance des prêts aux entreprises dans la zone euro est restée stable en juin, montrent les données publiées lundi par la Banque centrale européenne (BCE).

En Allemagne, moral des entrepreneurs s'est amélioré plus que prévu en juillet, montre une enquête de l'institut Ifo publiée lundi.

TAUX

La baisse des cours pétroliers fait reculer les rendements obligataires lundi après leurs récents gains sur fond ⁠d'escalade au Moyen-Orient.

Le rendement des Treasuries à dix ans perd 3,6 points de base à 4,6426%, tandis que celui du titre à deux ans abandonne 1,3 point de base à 4,3180%.

Dans la zone euro, le rendement du Bund allemand à dix ans a diminué de 4,7 points de base à 3,1266%. Le deux ans a quant à lui reculé de 3,9 points de base pour finir à 2,7809%.

Outre l'impact que pourraient avoir les décisions et les déclarations des banques centrales, le marché obligataire pourrait également réagir cette semaine au grand nombre de données attendues, parmi lesquelles figurent notamment l'inflation PCE aux États-Unis et les premières estimations de croissance pour le deuxième trimestre des deux côtés de l'Atlantique.

CHANGES

Sur le marché des changes, le dollar évolue peu (-0,01%) face à un panier de devises de référence, les investisseurs analysant l'impact de l'accalmie au Moyen-Orient sur les prix et attendant la réunion de la Fed plus tard dans la semaine.

L'euro grappille à son tour 0,08% à 1,1376 dollar EUR=.

A SUIVRE LE 28 JUILLET :

(Certaines données ​peuvent accuser un léger décalage)

(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Benoit Van Overstraeten)