L'Europe finit dans le rouge, l'espoir d'un accord rapide US-Iran s'éloigne
information fournie par Reuters 26/05/2026 à 18:24

La salle de surveillance des marchés d'Euronext Paris. (Crédits: Euronext)

par Diana Mandia

Les Bourses européennes ont terminé en baisse mardi, à l'exception de Londres, , les investisseurs se montrant plus prudents ‌face au risque alors que les tensions entre l'Iran et les États-Unis continuent d'assombrir les perspectives d'une réouverture prochaine du détroit d'Ormuz.

À Paris, le CAC 40 a abandonné 1,03% à 8.173,11 points, tandis que le Dax allemand a reculé de 0,72%.

Le ​Footsie britannique a pris 0,24%, à son retour d'un week-end prolongé.

L'indice EuroStoxx 50 a perdu 1,09%, le FTSEurofirst 300 0,55% et le Stoxx 600 0,51%.

Les investisseurs ont pris leurs distances mardi par rapport à l'optimisme affiché la veille quant à une résolution rapide du conflit au Moyen-Orient, alors que les tensions entre les États-Unis et l'Iran restent vives et que les prix du Brent remontent dans un contexte de grande incertitude.

La presse iranienne a fait état d'explosions tôt dans la ​matinée dans des zones côtières à proximité du détroit d'Ormuz et le commandement central de l'armée américaine a déclaré avoir mené des frappes défensives dans le sud de l'Iran, affirmant que celles-ci visaient des installations de lancement de missiles et des navires iraniens qui tentaient de poser des mines.

L'Iran a ensuite accusé Washington ​d'avoir violé le cessez-le-feu en vigueur entre les deux pays depuis près de sept semaines, ajoutant qu'il se réservait le ⁠droit de riposter, ce qui montre à quel point la situation pourrait dégénérer rapidement, bien que les deux parties aient également fait état de progrès dans leurs discussions ces derniers jours.

"Ce qui s'est passé est assez ‌simple : nous sommes rentrés chez nous ce week-end en pensant que nous étions proches d'un cessez-le-feu, et voilà qu'il y a de nouvelles hostilités. Je pense donc que le marché attend de voir comment la situation évolue", a déclaré Marc Chandler, stratège chez Bannockburn Global Forex à New York.

Après avoir clôturé lundi en baisse de 7%, le prix du Brent a repris son ​ascension mardi et a de nouveau franchi la barre des 100 dollars le baril, ce ‌qui met une fois de plus en évidence les risques que le marché de l'énergie fait peser sur l'inflation générale.

Isabel Schnabel, membre du directoire de la Banque ⁠centrale européenne (BCE), a dit dans un entretien accordé à Reuters que Francfort devrait relever ses taux d'intérêt en juin, même en cas d'accord de paix, le conflit ayant duré bien plus longtemps que prévu et la flambée des prix de l'énergie se répercutant sur l'ensemble de l'économie.

Les opérateurs anticipent actuellement au moins deux hausses des taux d'intérêt de 25 points de base chacune dans la zone euro d'ici la fin de l'année.

VALEURS

A Paris, Air France-KLM a gagné 1,97% profitant du relèvement ⁠de recommandation de Morgan Stanley à "surpondérer", tandis que ‌Carmila a pris 2,5% après que Jefferies a relevé sa recommandation à "acheter" contre "conserver".

Ailleurs en Europe, la major britannique BP a perdu 4% après avoir démis de ses fonctions son président Albert Manifold, ⁠avec effet immédiat, citant des manquements "inacceptables" en matière de gouvernance et des problèmes de conduite.

Le spécialiste britannique du bricolage Kingfisher, qui a fait état mardi d'une baisse de son chiffre d'affaires sous-jacent au premier trimestre, mais maintenu son objectif annuel ‌de bénéfice, a gagné 1,7%.

Ferrari a reculé de plus de 8% après la présentation lundi soir de sa première voiture entièrement électrique, qui intervient à un moment où ses concurrents reviennent sur leurs ambitions en ⁠matière d'électrification, invoquant une faible demande. Ce plongeon a contribué à la baisse du secteur de l'automobile sur le Stoxx, qui a fini la séance sur ⁠un recul de 1,96%.

Le luxe a également été malmené mardi (-2,26%), ‌avec les groupes français Hermès, Kering abandonnant plus de 3% et pesant sur le CAC 40.

A WALL STREET

A l'heure de la clôture en Europe, le Dow Jones perd 0,23% après avoir enregistré vendredi un record de clôture, le Standard & ​Poor's 500 gagne 0,54% et le Nasdaq Composite avance de 0,95%.

Les valeurs liées aux semi-conducteurs se distinguent, avec Micron Technology s'envolant de ‌plus de 16% et atteignant pour la première fois une capitalisation boursière de 1.000 milliards de dollars, portée par l'engouement pour le secteur de l'IA et après qu'UBS a relevé son objectif de cours pour l'action.

LES INDICATEURS DU JOUR

La confiance des consommateurs américains s'est dégradée en ​mai sur fond d'inquiétudes liées à l'impact de la guerre d'Iran sur l'inflation, montre l'enquête mensuelle du Conference Board publiée mardi.

L'indice de confiance calculé par l'organisation patronale s'est établi ce mois-ci à 93,1, contre 93,8 en avril (révisé de 92,8).

CHANGES

Le dollar est stable face à un panier de devises de référence, dans un contexte d'incertitude géopolitique, les nouvelles frappes américaines contre l'Iran ayant tempéré l'optimisme quant à un cessez-le-feu à court terme.

L'euro perd à son tour 0,22% à 1,1617 dollar.

TAUX

Les rendements obligataires ⁠de la zone euro ont repris leur ascension mardi avec le regain de tensions au Moyen-Orient et après une forte baisse la veille.

Le rendement du Bund allemand à dix ans a pris 3,2 points de base à 2,9812%. Le deux ans a gagné 5,6 points de base à 2,5933%.

Aux États-Unis, où le marché obligataire a rouvert mardi après un long week-end, les rendements rattrapent la baisse enregistrée la veille par leurs homologues mondiaux.

Le rendement des Treasuries à dix ans perd 6,8 points de base à 4,5044%, tandis que celui de l'obligation à deux ans cède 5,5 points de base à 4,0722%.

PÉTROLE

L'incertitude quant à la possibilité de parvenir rapidement à un accord pour mettre fin à la guerre et rétablir la circulation maritime dans le détroit d'Ormuz fait à nouveau avancer les prix du Brent, référence mondiale du marché.

Ce contrat prend 4,34% à 100,31 dollars le baril, tandis que le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) recule de 2,35% à 94,33 dollars.

(Rédigé par Diana Mandiá)