L'Europe finit dans le désordre, partagée entre résultats et Moyen-Orient
information fournie par Reuters 16/07/2026 à 18:29

Ancien bâtiment de la Bourse de Paris

par Coralie Lamarque

Les Bourses européennes ont terminé en ordre dispersé jeudi, tandis que Wall Street évolue de manière similaire, ‌les marchés demeurant hésitants face à une vague de résultats d'entreprises encourageants alors que la situation reste toujours sous surveillance au Moyen-Orient.

À Paris, le CAC 40 a abandonné 0,05% à 8.377,86 points. À Francfort, le Dax a ​perdu 0,53%, tandis qu'à Londres, le FTSE 100 a pris 0,54%.

L'indice EuroStoxx 50 a pris 0,05% et le FTSEurofirst 300 0,14%, tandis que le Stoxx 600 a lâché 0,01%.

Tandis que les investisseurs ont appréhendé une série de résultats relativement positifs, le moral des marchés reste en demi-teinte, l'incertitude entourant le Moyen-Orient continuant de peser.

Les États-Unis et l'Iran ont poursuivi jeudi leurs bombardements, alors qu'une ressortissante américaine détenue depuis 2024 par l'Iran a été libérée, ​une décision perçue comme un signe d'ouverture en vue d'un accord de paix.

Il pourrait s'agir d'une des premières avancées diplomatiques entre les deux parties depuis que le cessez-le-feu entre Téhéran et Washington signé le 17 juin a été mis à mal par une reprise des hostilités.

Dans le même ​temps, l’Iran a demandé au mouvement houthi au Yémen de se tenir prêt à fermer la voie maritime ⁠pétrolière de la mer Rouge si les États-Unis frappaient les infrastructures énergétiques iraniennes, ont indiqué jeudi trois sources à Reuters, ce qui constitue une nouvelle menace sérieuse pour l’approvisionnement énergétique mondial.

Sur le plan ‌des résultats, la séance a été marquée par les publications de Sodexo et Publicis, qui viennent ouvrir le bal des résultats semestriels français, alors qu'aux États-Unis, les publications des grandes banques mardi et mercredi ont déjà donné le tempo.

En parallèle, les rendements obligataires français attirent l'attention des opérateurs, le taux d'emprunt à 30 ans de l'État français s'établissant ​jeudi à son plus haut niveau depuis octobre 2008, dans un contexte d'inquiétude lié ‌à la situation des finances publiques et à l'approche du débat sur le budget 2027.

PÉTROLE

Les cours pétroliers oscillent légèrement, réagissant modérément à l'information selon laquelle ⁠Téhéran a demandé aux Houthis du Yémen de se tenir prêts à fermer la voie maritime pétrolière de la mer Rouge.

"Des perturbations simultanées affectant le détroit d’Ormuz et celui de Bab el-Mandeb amplifieraient considérablement les tensions sur la chaîne d’approvisionnement, aggraveraient les contraintes liées à la disponibilité des pétroliers et feraient grimper les primes d’assurance", a déclaré Wael Makarem, responsable de la stratégie des marchés financiers chez Exness.

Le Brent perd 0,25% à 84,74 ⁠dollars le baril et le brut léger américain (West ‌Texas Intermediate, WTI) cède 0,23% à 79,42 dollars.

VALEURS

À Paris, Soitec et STMicroelectronics ont fini en dernière position respectivement du SBF 120 et du CAC 40, avec des pertes de ⁠7,64% et de 4,91%, les investisseurs se montrant exigeants avec les semi-conducteurs alors que le géant taïwanais TSMC a fait état jeudi de résultats record au deuxième trimestre.

À l'inverse, Publicis s'est hissé en tête du CAC 40, ‌avec un gain de 3,07% à la suite de la publication de ses résultats dans la matinée.

Ailleurs en Europe, ABB a reculé de 5,91% alors que le groupe suisse a déclaré ⁠disposer de 14 milliards de dollars pour de nouvelles acquisitions, tout en annonçant le rachat de la société d'automatisation britannique Rotork, qui a bondi ⁠de 66,78%.

À WALL STREET

À l'heure de la clôture en Europe, ‌le Dow Jones avance de 0,30%, le Standard & Poor's 500 cède 0,07% et le Nasdaq Composite perd 0,63%.

LES INDICATEURS DU JOUR

Au Royaume-Uni, le produit intérieur brut (PIB) a progressé de 0,1% en mai, conformément à la prévision ​médiane d'un sondage Reuters auprès d'économistes, inversant ainsi la baisse de 0,1% enregistrée en avril, selon les données officielles publiées ‌jeudi.

Aux États-Unis, les conditions d'activité dans la région de Philadelphie se sont améliorées en juillet, beaucoup plus que prévu, d'après l'enquête mensuelle de l'antenne locale de la Réserve fédérale, l'indice "Philly Fed" ressortant à +41,4 après +10,3 en juin.

Les inscriptions au chômage ont baissé de ​façon inattendue, à 208.000, lors de la semaine au 11 juillet, a annoncé le département du Travail.

Les ventes au détail ont progressé de 0,2% en juin sur un mois, comme prévu, selon les données publiées par le département du Commerce.

CHANGES

La monnaie unique recule, les investisseurs suivant de près les contrats à terme sur le gaz européen, qui ont atteint leur plus haut niveau depuis mars, ce qui alimente les craintes que la ⁠hausse des coûts énergétiques ne pèse sur l'économie de la zone euro et ne limite la poursuite de l'appréciation de l'euro.

Le dollar gagne 0,20% face à un panier de devises de référence, tandis que l'euro perd 0,17% à 1,1443 dollar.

TAUX

Tandis que les données sur l'inflation plus modérées que prévu ont permis de contenir les rendements des bons du Trésor américain, le rendement de l'OAT à 30 ans a atteint un niveau jamais vu depuis la mi-octobre 2008, lors de la crise financière mondiale.

Outre-Atlantique, le rendement des Treasuries à dix ans avance de 2,8 points de base à 4,5734% et le deux ans prend 3,6 points de base à 4,1640%.

Outre-Rhin, le rendement du Bund allemand à dix ans a lâché 0,1 point de base à 3,1355% et le deux ans a cédé 0,2 point de base à 2,7562%.

À SUIVRE LE 17 JUILLET :

LA SITUATION SUR LES MARCHÉS

(Certaines données peuvent ​accuser un léger décalage)

(Rédigé par Coralie Lamarque, édité par Augustin Turpin)