L'Europe en baisse avec les craintes sur l'indépendance de la Fed
information fournie par Reuters 12/01/2026 à 09:43

Bourse Euronext dans le quartier d'affaires de La Défense à Paris

Les principales Bourses européennes sont en légère baisse lundi sur fond de prudence au regard de la ruée sur les actifs refuge comme l'or alors que les tensions entre Donald Trump et Jerome Powell, le ‍président de la Fed, s'intensifient.

À Paris, le CAC 40 perd 0,42% à 8.324,73 points vers 08h25 GMT. À Londres, le FTSE 100 abandonne 0,24% et à Francfort, le Dax cède 0,02%.

L'indice EuroStoxx 50 reflue de 0,32% et le FTSEurofirst 300 de 0,22%. Le Stoxx 600 recule de 0,24%, plombé ‌en premier par le secteur de la finance, tandis que les ressources de base offrent un peu soutien.

Les contrats à terme à Wall Street préfigurent une baisse de 0,49% pour le Dow Jones, de 0,58% pour le Standard & Poor's 500 et de 0,88% pour ​le Nasdaq après une séance dans le vert vendredi marquée par un rapport sur l'emploi qui n'a pas remis en cause les ⁠anticipations sur la trajectoire des taux.

La séance est prudente lundi en Europe alors que les investisseurs analysent la menace de l'administration de Donald Trump d'une poursuite au pénal de Jerome Powell concernant les rénovations du siège de la Réserve ⁠fédérale américaine. Cette initiative est qualifiée par le président ‍de la Fed de "prétexte" pour accroître l'influence de la Maison blanche sur la banque centrale afin qu'elle ⁠abaisse davantage ses taux directeurs.

Les inquiétudes sur l'indépendance de la Fed pèsent sur le dollar, tombé à un creux de trois semaines face aux principales devises, tandis que l'or actif refuge, a touché un record à 4.600,33 dollars l'once.

Le marché attend par ailleurs pour la deuxième semaine complète de ​la nouvelle année des données sur l'inflation américaine, des chiffres sur le commerce en Chine et une série de résultats d'entreprises aux Etats-Unis, à commencer par JPMorgan Chase mardi.

Sur le plan géopolitique, Donald Trump affirme que Téhéran veut négocier, tandis que Washington n'exclut pas des options militaires face à ⁠la répression en Iran. Ces tensions soutiennent les cours pétroliers, le Brent et le WTI ayant pris plus de 3% la ​semaine dernière, leur plus forte hausse hebdomadaire depuis octobre.

Aux valeurs, Abivax grimpe de 25,66%, un média ​ayant rapporté que le géant pharmaceutique américain ​Eli Lilly est toujours intéressé par un rachat du groupe français de biotechnologie.

Crédit Agricole SA recule de 1,10% après des informations selon lesquelles la ​Banque centrale européenne (BCE) est en passe d'autoriser sous conditions le franchissement par le ⁠groupe français du seuil de 20% au capital de la banque italienne Banco BPM (+0,24%).

Pernod Ricard cède près de 1%, les analystes d'Exane BNP Paribas étant passés de "neutre" à "sous-performance" sur le groupe de spiritueux. Ils prévoient que 2026 marquera une nouvelle année de révision à la baisse du consensus sur les entreprises européennes du secteur, jugeant les attentes sur les ventes à périmètre comparable trop optimistes.

Le reste de l'actualité des entreprises est dominée lundi par des projets ‌de changement de direction. Heineken perd 1,57% alors que le brasseur a annoncé le départ de son PDG, Dolf van den Brink, le 31 mai après près de six ans à la tête de l'entreprise.

Le propriétaire et exploitant de parcs commerciaux au Royaume-Uni British Land cède 2,37%, son PDG, Simon Carter, étant également sur le départ pour prendre la direction de la société immobilière spécialisée dans la logistique P3 Logistics Parks.

WH Smith, qui travaille selon Sky News, sur un plan visant à trouver un nouveau président en mesure de remplacer Annette Court d'ici environ 18 mois, abandonne ‌1,16%.

(Rédigé par Claude Chendjou, édité par Blandine Hénault)