L'Europe devrait commencer le second semestre dans le calme
information fournie par Zonebourse 01/07/2026 à 08:27

Les principales Bourses européennes devraient débuter le second semestre de l'année sur une note stable mercredi matin après avoir bouclé hier un premier semestre largement positif, marqué par de bons résultats des entreprises, l'essor de l'IA et l'optimisme lié à une possible résolution du conflit au Moyen-Orient. A Paris, le CAC 40 est attendu autour de son point d'équilibre après avoir progressé de 3,1% au cours du premier semestre. Le DAX allemand se dirige vers un score nul à l'ouverture. L'Euro STOXX 50 est quant à lui vu en repli de 0,1% après avoir engrangé des gains de 9,3% sur les six premiers mois de l'année, une performance qui lui a permis d'inscrire de nouveaux plus hauts historiques dans la journée d'hier.

Si le premier semestre s'est achevé dans l'optimisme, les prises d'initiative pourraient se faire plus limitées aujourd'hui alors que Kevin Warsh, le nouveau président de la Réserve fédérale américaine, a prévu de s'exprimer dans l'après-midi a Sintra (Portugal) à l'occasion du symposium de la Banque centrale européenne (BCE).

Alors que la tonalité résolument restrictive (hawkish) de la dernière réunion de la Fed a déjà produit ses premiers effets en faisant refluer les anticipations d'inflation et en soutenant le dollar, sa prise de parole sera particulièrement scrutée afin de déterminer s'il entend maintenir cette posture de fermeté face à une économie américaine qui continue de faire preuve d'une grande solidité.

La question de l'inflation interroge également, faisant craindre à bon nombre d'intervenants que la Fed ne doive remonter ses taux plus fortement que prévu, d'autant que l'IA pourrait être appelée à devenir, sur le court terme, une source d'inflation via le renchérissement des composants, des infrastructures et, in fine, des équipements technologiques.

Le second semestre devrait démarrer sur une note de prudence

Dans ce contexte, les investisseurs garderont un oeil sur les nombreux indicateurs économiques du jour, à la veille de la sortie des chiffres très attendus de l'emploi américain du mois de juin, qui concentreront toute l'attention des marchés demain à l'approche du long week-end de la fête d'indépendance aux Etats-Unis.

Les investisseurs attendent dans la journée le rapport ADP sur l'emploi privé pour le mois de juin, ainsi que des indicateurs sur l'activité manufacturière des deux côtés de l'Atlantique.

L'incertitude est également alimentée par la perspective de la publication, à 11h00, des chiffres préliminaires de l'inflation en zone euro en juin.

Au vu du récent repli des prix de l'énergie, le taux d'inflation devrait reculer de 3,2% en mai vers 3% sur un an, un motif de soulagement concernant l'évolution de la politique de la BCE.

A Wall Street, les grands marchés d'actions américains ont progressé à l'unisson mardi, soutenus par le retour des grandes valeurs technologiques et des semi-conducteurs après une semaine de prises de bénéfices.

Le S&P 500 a ainsi gagné 0,8% points au terme de la séance et d'environ 15% sur le deuxième trimestre, soit sa meilleure performance depuis 2020.

"Certes, cette performance s'explique en partie par le point de départ très bas de la fin du premier trimestre", rappellent les analystes de Danske Bank.

"Mais même en ajustant ce facteur, l'ampleur du rebond reste remarquable. Les marchés ont connu un net mouvement de revalorisation dans un contexte de croissance résiliente, de prévisions de bénéfices solides et d'une confiance intacte dans le cycle d'investissements lié à l'IA", soulignent-ils.

Dans l'attente du prochain catalyseur

Le secteur technologique avait connu une phase de consolidation récemment, avec des rotations hors des grands noms de la cote en faveur de valeurs ayant sous-performé, mais certains stratèges estiment que cette dynamique ne constitue pas forcément une mauvaise chose dans la mesure où elle contribue à élargir le rally en cours.

Reste maintenant à savoir si les places boursières disposent encore d'assez de carburant pour aller battre de nouveaux records au second semestre.

A New York, les contrats à terme préfigurent pour l'instant une baisse de 0,3% pour le Dow Jones, le S&P 500 et le Nasdaq.

Le rendement du Bund allemand à dix ans repart à la hausse et gagne 1,3 point de base à 2,916%, une tension qui témoigne que les flux restent orientés vers les actifs risqués, même en Europe.

Même tendance pour le taux des Treasuries à dix ans qui gagne plus de quatre points de base, à 4,4180% dans l'attente des prochaines statistiques.

Sur le marché des changes, les cambistes continuent de réévaluer la politique monétaire américaine après le discours jugé agressif de Kevin Warsh de la semaine dernière.

Dans ce contexte, l'euro perd encore du terrain face au dollar, pour s'échanger autour de 1,1408, à un plancher de plus d'un an.

Alors que les flux transitant par le détroit d'Ormuz continuent de s'accélérer, les cours du pétrole continuent d'évoluer à des niveaux proches de l'avant-guerre contre l'Iran, même s'ils tentent d'amorcer un timide rebond après leur récente dégringolade.

Le Brent s'octroie une petite progression de 0,1% au-delà de 73 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) progresse lui aussi de 0,1% à 69,6 dollars.