L'Europe dans le rouge sous un déluge de résultats avant la BCE information fournie par Zonebourse 23/07/2026 à 08:27
Les principales Bourses européennes sont attendues en légère baisse jeudi à l'ouverture d'une séance marquée par une avalanche de résultats de sociétés, tandis que la Banque centrale européenne (BCE) doit rendre ses décisions de politique monétaire après l'heure du déjeuner.
Les premières indications disponibles donnent pour l'instant un recul de 0,2% pour le CAC 40 parisien, de 0,4% pour le DAX à Francfort, de 0,2% pour le FTSE à Londres et de 0,3% pour l'Euro STOXX 50.
Si la séance ne s'annonce pas comme la plus chargée de la saison des résultats, celle de jeudi prochain devant être encore plus intense, elle reste néanmoins marquée par un véritable déluge de publications trimestrielles, dont celles de BNP Paribas, Dassault Systèmes, Nestlé, Nokia, Roche, STMicroelectronics, Thales ou encore UniCredit.
Au milieu de cette vague de résultats, les investisseurs prendront tout de même le temps de jeter un oeil aux déclarations de la Banque centrale européenne (BCE) qui devrait maintenir ses taux inchangés à 14h15, comme largement anticipé par le marché, sans modification significative de son communiqué de politique monétaire.
L'institut basé à Francfort devrait conserver une approche "réunion par réunion", tout en laissant la porte ouverte à une éventuelle hausse de taux en septembre compte tenu des pressions exercées par les prix du pétrole et du gaz.
Dans ce contexte, les commentaires de sa présidente Christine Lagarde seront scrutés à partir de 14h30 à la recherche de la moindre allusion quant à un futur resserrement.
Alphabet inquiète avec la hausse de ses investissements
Egalement au menu du jour, la publication à 14h30 des inscriptions hebdomadaires au chômage aux Etats-Unis permettra d'en savoir plus sur la santé du marché américain du travail.
A New York, les grandes indices avaient fini en ordre dispersé mercredi soir, les investisseurs ayant arbitré entre la remontée du pétrole et des rendements obligataires en attendant les résultats d'Alphabet.
Le propriétaire de Google ne perd pas loin de 3% dans les échanges hors séance après avoir publié des résultats trimestriels solides, mais aussi avoir revu à la hausse ses dépenses d'investissement pour 2026 avec l'essor de l'IA, une perspective qui inquiète les investisseurs alors que son flux de trésorerie disponible est tombé dans le rouge sur le trimestre écoulé.
Le titre Tesla décroche lui de plus de 4% en transactions électroniques dans le sillage de résultats trimestriels ressortis en dessous des prévisions.
La poussée du brut ravive le spectre d'un choc énergétique
La poursuite de la remontée du pétrole devrait par ailleurs constituer un frein à la tendance, avec un Brent qui progresse encore de 2,2% à plus de 96,1 dollars le baril, alors que Donald Trump a de nouveau menacé de frapper des infrastructures iraniennes et que les échanges de frappes entre Washington et Téhéran continuent de perturber le trafic dans le détroit d'Ormuz.
"Avec un Brent qui s'échange au-delà de 95 dollars, la question va progressivement se porter sur la possibilité que la prime de risque géopolitique finisse par se traduire par de véritables ruptures d'approvisionnement", s'inquiète Ahmad Assiri, stratégiste chez Pepperstone.
"Si les risques autour des détroits d'Ormuz et de Bab-el-Mandeb venaient à perturber les flux commerciaux et énergétiques, cela accentuerait la pression à la hausse sur le cours du brut et amplifierait l'impact inflationniste, ancrant un peu plus la posture restrictive (hawkish) des politiques monétaires", prévient l'analyste.
Le brut affiche désormais une hausse proche de 30% depuis le début du mois, ravivant les craintes d'un choc énergétique durable qui pousse en conséquence les rendements obligataires à la hausse.
Sur le marché des emprunts d'Etat, le rendement des bons du Trésor à dix ans revient en direction de ses plus hauts annuels, au-delà de 4,65%, du fait des spéculations concernant le resserrement monétaire de la Fed.
L'euro se redresse légèrement pour se traiter autour de 1,1430 face au dollar dans l'attente du verdict de la BCE, ce qui montre que les cambistes anticipent une politique plus restrictive de la banque centrale.