L'Europe clôt en hausse prudente, espoirs de paix après un cessez-le-feu fragile information fournie par Reuters 10/04/2026 à 18:31
par Diana Mandia
Les Bourses européennes ont terminé en hausse prudente vendredi, les investisseurs plaçant leurs espoirs dans les négociations de paix entre l'Iran et les États-Unis qui doivent se tenir au Pakistan, au terme d'une semaine marquée par un fragile cessez-le-feu dans la guerre au Moyen-Orient.
À Paris, le CAC 40 a gagné 0,17% à 8.259,60 points vers 16h01 GMT. À Francfort, le Dax a fini stable (+0,01%) et à Londres, le FTSE 100 a reculé légèrement (-0,03%).
L'indice EuroStoxx 50 a fini en hausse de 0,51%, le FTSEurofirst 300 a gagné 0,40% et le Stoxx 600 a pris 0,37%.
Sur la semaine le Stoxx 600 a pris 3,05% et le CAC 40 3,73%.
Washington et Téhéran se sont accordés mercredi sur un répit tout relatif de deux semaines – ce qui a donné lieu à une vague d'euphorie sur les marchés. Les négociations à venir visant à instaurer une paix durable occupent depuis lors les investisseurs, impatients de voir les prix de l'énergie revenir à leurs niveaux d'avant la guerre.
La participation des Iraniens aux discussions prévues à Islamabad reste toutefois incertaine, Téhéran ayant subordonné leur tenue au dégel de ses avoirs et à la cessation des attaques israéliennes contre le Liban, que l'État hébreu a frappé de plein fouet quelques heures après l'annonce de la trêve.
Le détroit d'Ormuz reste en outre pratiquement paralysé, et les prix du pétrole, élevés — même s'ils n'ont pas enregistré de nouvelles hausses significatives au-delà des 100 dollars le baril depuis mercredi —, ce qui oblige les investisseurs à garder les pieds sur terre.
Vendredi, les données ont montré que les prix à la consommation aux États-Unis avaient connu une nette accélération en mars (+3,3%), même si le marché est tout sauf surpris, compte tenu de l'évolution récente des cours de l'énergie.
"Même si cela ne justifie pas nécessairement une hausse des taux de la Fed, cela devrait inciter les responsables monétaires à maintenir le statu quo, à moins d'une dégradation plus marquée du marché du travail ou de l'économie dans son ensemble", écrit Bret Kenwell, analyste des marchés américains pour eToro.
"Le marché s'attendait à un chiffre élevé, donc le résultat d'aujourd'hui, conforme aux prévisions, est un léger soulagement. Cependant, il s'agit peut-être du meilleur chiffre d'inflation globale que nous verrons avant un certain temps, car il ne reflète peut-être que partiellement toute l'ampleur du conflit avec l'Iran", avertit Alexandra Wilson-Elizondo, analyste chez Goldman Sachs.
En Allemagne, première économie de la zone euro, l'inflation a également connu une forte accélération en mars (+2,8%), en raison précisément de la flambée des prix de l'énergie, selon les chiffres définitifs publiés vendredi, qui seront suivis par ceux de la zone euro la semaine prochaine.
PÉTROLE
Le Brent prend 1,29% à 97,16 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) 1,59% à 99,43 dollars, dans des échanges volatils, l'approvisionnement en provenance d'Arabie saoudite et le transit par le détroit d'Ormuz étant toujours une source de préoccupation.
Les cours du brut s'apprêtent toutefois à enregistrer leur plus forte baisse hebdomadaire depuis juin dernier, l'accord de cessez-le-feu ayant entraîné mercredi un fort recul des prix.
Les deux principaux contrats ont perdu environ 12% cette semaine.
Par ailleurs, l'administration américaine devrait proroger ce vendredi la dérogation de 30 jours pour l'achat de pétrole russe se trouvant actuellement en mer, décision visant à contenir les prix de l'énergie, déclarent à Reuters deux sources au fait du dossier. La dérogation initiale expire samedi.
VALEURS
Sodexo a reculé de plus de 10% après avoir fait état d'un plongeon de son résultat opérationnel semestriel et avoir révisé à la baisse ses perspectives annuelles, le groupe citant des "enjeux d'exécution" et la revue de ses contrats et actifs.
Le groupe italien de luxe Brunello Cucinelli, qui a fait état jeudi soir d'une hausse de 14% de son chiffre d'affaires à taux de change constants au titre du premier trimestre, a gagné 5,2%.
L'action du détaillant britannique d'électronique AO World a grimpé de 6,9%, la société prévoyant que son bénéfice avant impôts ajusté pour l'exercice se situera dans la fourchette haute de ses prévisions.
Au niveau sectoriel, la technologique a affiché une bonne performance (1,33%) vendredi, porté par le secteur américain, tandis que la défense, affectée par les espoirs d'un apaisement durable des tensions au Moyen-Orient, a perdu 2,18%.
A Paris, Thales a abandonné 3,3%, la pire performance parmi les valeurs du CAC 40.
A WALL STREET
A l'heure de la clôture en Europe, le Dow Jones recule de 0,39%, le Standard & Poor's 500 est stable (+0,03%) et le Nasdaq Composite progresse de 0,43%, porté par les valeurs technologiques.
CoreWeave grimpe de 12% après avoir annoncé la signature d'un accord pluriannuel avec Anthropic et fixé le prix de son émission d'obligations convertibles avec une prime.
LES INDICATEURS DU JOUR
Le moral des ménages américains s'est dégradé plus que prévu en avril et ses anticipations d'inflation ont grimpé, montrent vendredi les résultats préliminaires de l'enquête mensuelle de l'Université du Michigan, sur fond d'inquiétude quant aux répercussions de la guerre au Moyen-Orient.
CHANGES
Le dollar recule de 0,14% face à un panier de devises de référence et s'oriente vers sa plus forte baisse hebdomadaire depuis janvier, les investisseurs se montrant plus optimistes cette semaine grâce au cessez-le-feu entre Iran et les Etats-Unis.
L'euro perd 0,21% à 1,1724 dollar.
TAUX
Les rendements des obligations allemandes, référence dans la zone euro, ont terminé en hausse vendredi, les investisseurs surveillant la situation au Moyen-Orient et les perspectives d'un accord de paix durable qui freine l'envolée des prix de l'énergie.
Le rendement du Bund allemand à dix ans a pris près de 4 points de base à 3,0487%. Le deux ans a fini à 2,5843% après d'avoir enregistré un gain similaire.
Aux Etats-Unis, le rendement des Treasuries à dix ans prend 2,2 points de base à 4,3150%. Le deux ans gagne 1,4 point de base à 3,7973%.
A SUIVRE LE 13 AVRIL :
(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Diana Mandiá)