L'Europe clôt dans le rouge, compte à rebours avant la fin de la trêve USA-Iran
information fournie par Reuters 21/04/2026 à 18:19

Logo de la bourse Euronext près de Paris

par Diana Mandia

Les Bourses européennes ont terminé dans le rouge mardi, les investisseurs se détournant du risque en fin de séance face à l'incertitude qui entoure ‌les négociations entre l'Iran et les États-Unis et alors que la trêve de deux semaines touche bientôt à sa fin sans que la question cruciale du détroit d'Ormuz n'ait été résolue.

À Paris, le CAC 40 a perdu 1,14% à 8.235,72 points. À Francfort, le Dax a reculé de 0,50% et ​à Londres, le FTSE 100 a perdu 1,05%.

L'indice EuroStoxx 50 a abandonné 0,73%, le FTSEurofirst 300 a reculé de 0,91% et le Stoxx 600 a perdu 0,79%.

Le temps presse alors que le cessez-le-feu de deux semaines expire dans un peu plus de 24 heures, et l'inquiétude des investisseurs se reflète dans la nouvelle hausse des prix du pétrole, qui reculaient pourtant en début de séance, tandis que les marchés d'actions ont effacé leurs gains initiaux pour clôturer en nette baisse.

Donald Trump a dit mardi ne pas souhaiter prolonger le cessez-le-feu de deux semaines annoncé le 7 avril, assurant que ​Washington était en position de force dans les négociations et finirait par obtenir un "super accord".

Mais la tenue même d'un nouveau cycle de pourparlers entre les deux parties belligérantes reste incertaine ce mardi, et le ministre pakistanais de l'Information a dit dans un message sur la plateforme X qu'Islamabad attendait toujours une réponse officielle de l'Iran sur la venue d'une délégation pour s'asseoir à la table des ​négociations.

Cette incertitude signifie également que le flou entourant le blocus du détroit d'Ormuz, vital pour le transport des hydrocarbures, devrait perdurer, ce qui pourrait ⁠alimenter davantage la hausse des prix du pétrole et rendre plus rigoureuses les perspectives de politique économique des banques centrales, dont l'un des objectifs est censé être la maîtrise de l'inflation.

Le Brent avance de 2,65% à 98,01 dollars le baril et le brut léger ‌américain (West Texas Intermediate, WTI) gagne 4,14% à 93,32 dollars.

La politique monétaire a d'ailleurs un rendez-vous important ce mardi aux États-Unis, puisque la commission bancaire du Sénat américain entend Kevin Warsh, le candidat du président Donald Trump à la présidence de la Réserve fédérale américaine (Fed), qui s'est engagé à préserver l'indépendance d'une institution qui fait l'objet de vives critiques de la part du locataire de la Maison blanche.

VALEURS

A Paris, Thales a reculé de 5,9%, le groupe n'ayant pas répondu ​aux attentes concernant ses prises de commandes au premier trimestre.

Safran, autre titre du secteur de la défense figurant dans ‌l'indice vedette de la Bourse de Paris, a chuté de 6,7%, après que Jefferies a abaissé sa recommandation à "conserver", tout comme celle de Leonardo (-4,8%), estimant que ces deux titres semblent désormais correctement valorisés ⁠dans un contexte plus difficile.

Le secteur de la défense de l'indice Stoxx a plongé de 4,62%.

Opmobility a abandonné 2,32% en raison d'un recul de son chiffre d'affaires au premier trimestre à périmètre et changes constants.

Ailleurs en Europe, Associated British Foods, qui a annoncé mardi avoir décidé de séparer sa chaîne de mode Primark de ses activités alimentaires à la suite d'un réexamen de la structure du groupe, a perdu 2,6%.

Beiersdorf a reculé de 3,4%, le groupe allemand de biens de consommation ayant fait état d'une baisse de ses ventes trimestrielles.

Royal Unibrew a plongé de 24%, le groupe danois spécialisé dans ⁠les boissons ayant annoncé la fin de son partenariat avec ‌PepsiCo en Europe du Nord.

A WALL STREET

Le regain d'optimisme autour de l'intelligence artificielle (IA) et les bons résultats des entreprises n'ont pas suffi à maintenir la confiance des investisseurs face à l'incertitude qui entoure le conflit au Moyen-Orient.

A l'heure de ⁠la clôture en Europe, le Dow Jones perd 0,23%, le Standard & Poor's 500 0,29% et le Nasdaq Composite 0,15%.

UnitedHealth bondit de 7,3%, le conglomérat du secteur de la santé ayant revu à la hausse ses prévisions de bénéfice annuel et dépassé les attentes de Wall Street pour le premier trimestre.

GE ‌Aerospace recule en revanche de 5% après avoir dit qu'elle se préparait à un contexte plus difficile marqué par la hausse des prix du pétrole, les contraintes d'approvisionnement en carburant et le ralentissement de la croissance mondiale.

LES INDICATEURS DU JOUR

Le moral des investisseurs ⁠allemands s'est effondré en avril pour atteindre son plus bas niveau depuis plus de trois ans, les entreprises ressentant les conséquences économiques de la guerre bien au-delà de la simple flambée des ⁠prix, montre l'enquête mensuelle publiée mardi par l'institut d'études économiques ZEW.

Au Royaume-Uni, ‌la croissance des salaires, hors primes, a ralenti à 3,6% en rythme annuel sur les trois mois à fin février, tandis que le taux de chômage est ressorti à 4,9%, après 5,2% le mois précédent, montrent les données publiées mardi par l'Office for National Statistics (ONS).

"Alors que la progression des ​salaires nominaux continue de ralentir et que l'inflation devrait nettement accélérer dans les mois à venir, les ménages pourraient entrer dans une nouvelle phase de baisse des salaires ‌réels, ce qui pèsera davantage sur la croissance", écrit Luke Bartholomew, économiste en chef adjoint chez Aberdeen.

Les données sur l'inflation, prévues mercredi, permettront d'évaluer davantage la vitesse à laquelle le choc sur les prix de l'énergie se diffuse dans l'économie, ajoute-t-il, notant que la Banque d'Angleterre (BoE) devrait en tout cas maintenir ses taux inchangés lors de ​sa réunion plus tard ce mois-ci.

Aux Etats-Unis, les ventes au détail ont progressé plus que prévu en mars, ce qui s'explique en grande partie par une hausse de 15,5% des recettes des stations-service, due à la flambée des prix liée au conflit au Moyen-Orient.

"Les ménages restent pour l'instant résilients, s'appuyant peut-être sur les remboursements d'impôts et leurs économies pour continuer à dépenser malgré la dernière flambée des prix", souligne James McCann, économiste chargé de la stratégie d'investissement chez Edward Jones.

CHANGES

Le dollar américain progresse, les investisseurs restant attentifs à la situation géopolitique, tandis que les chiffres des ventes au détail ⁠témoignaient de la bonne santé de l'économie américaine.

Le billet vert gagne 0,26% face à un panier de devises de référence, tandis que l'euro perd 0,35% à 1,1746 dollar.

TAUX

Les taux des bons du Trésor américain progressent mardi après la publication des ventes au détail pour le mois de mars, qui ont renforcé l'idée que la Fed maintiendra ses taux d'intérêt inchangés cette année, tandis que les prix élevés du pétrole continuent de peser sur les anticipations d'inflation.

Le rendement des Treasuries à dix ans prend 4,9 points de base à 4,2995%. Le deux ans grimpe de 6,9 points de base à 3,7854%.

Dans la zone euro, les craintes inflationnistes persistent également et ont contribué à une nouvelle hausse des rendements obligataires mardi.

Le rendement du Bund allemand à dix ans a pris 3,2 points de base à 3,0090%, tandis que celui de l'obligation à deux ans a grimpé de 6,2 points de base à 2,5171%.

Luis de Guindos, vice-président de la Banque centrale européenne (BCE), a dit mardi que Francfort devait faire preuve de prudence dans la fixation de ses taux directeurs, au regard de la grande incertitude.

La prochaine décision de politique monétaire de la BCE est prévue le jeudi 30 avril.

A SUIVRE LE ​22 AVRIL :

(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)

(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Blandine Hénault)