L'Europe boursière reprend son souffle après les appels à la désescalade information fournie par Zonebourse 08/06/2026 à 17:48
Les marchés européens ont retrouvé un peu de sérénité après une matinée chahutée, les investisseurs se montrant réceptifs aux premiers signaux d'apaisement au Moyen-Orient. Après la reprise des échanges de frappes entre Israël et l'Iran dimanche soir, Donald Trump a appelé les deux pays à un "cessez-le-feu immédiat", affirmant que des discussions étaient en cours pour mettre fin aux hostilités. Cet espoir de désescalade a permis aux places européennes de réduire leurs pertes. A Paris, le CAC 40 a finalement reculé de 0,23% à 8 199 points, tandis que l'Euro Stoxx 50 est parvenu à clôturer en hausse de 0,19%.
Alors que le conflit est entré dimanche dans son 100e jour, les perspectives d'une désescalade restent fragiles. Téhéran a annoncé la fin de sa première vague de frappes contre Israël depuis la trêve d'avril, tout en prévenant qu'il reprendrait ses attaques si l'Etat hébreu poursuivait ses opérations au Liban. Israël a immédiatement rejeté cette mise en garde. Le ministre de la Défense, Israël Katz, a affirmé que les opérations contre le Hezbollah se poursuivraient, tandis que le Premier ministre Benjamin Netanyahou doit réunir ce lundi soir son cabinet de sécurité.
Malgré ces tensions persistantes, le Brent est repassé sous les 95 dollars le baril.
Sur le plan macroéconomique, les commandes à l'industrie allemande ont déçu en avril, avec un recul de 3,8%, plus marqué que la baisse de 2,2% attendue. En revanche, l'indice Sentix du sentiment des investisseurs en zone euro s'est amélioré en juin, à -13,4, contre -16,4 en mai.
Les opérateurs gardent désormais les yeux tournés vers la décision de la BCE attendue jeudi. "Nous nous attendons à ce que la BCE relève son taux directeur de 25 points de base, portant le taux de la facilité de dépôt à 2,25%", estime Nadia Gharbi, économiste senior chez Pictet Wealth Management. Selon elle, le discours de l'institution devrait conserver une tonalité restrictive, compte tenu du niveau encore élevé des prix de l'énergie et des dernières données économiques publiées.
Les valeurs en mouvement
Séance riche ce lundi dans l'actualité des sociétés. En Italie, Intesa Sanpaolo (-1,37%) a lancé une offre non sollicitée de 30,6 milliards d'euros sur Banca Monte dei Paschi di Siena, relançant les spéculations sur une nouvelle phase de consolidation bancaire dans la péninsule.
En France, Orange, Bouygues Telecom et Iliad se sont entendus pour racheter SFR à Patrick Drahi, dans une opération valorisant l'opérateur à 20,4 milliards d'euros dette comprise. Orange a achevé cette première séance de la semaine à la deuxième place du palmarès du CAC 40 avec un gain de près de 2%.
Airbus (-1,12%) est de son côté sous surveillance après des informations de Bloomberg selon lesquelles l'avionneur européen a averti certains clients de retards de quelques mois concernant des livraisons d'A320neo prévues en 2027 et 2028. Les A321neo figureraient parmi les appareils les plus touchés.
Enfin, le groupe M6 a brillé en tête de l'indice SBF 120 et bondit de 11,85% après des révélations du Parisien faisant état de discussions discrètes entre les dirigeants de TF1, de M6 et de RTL Group. Le groupe allemand, principal actionnaire de M6, chercherait toujours à céder sa participation après plusieurs tentatives infructueuses. Selon le quotidien, un prix de 20 euros par action aurait été évoqué, à comparer aux 11,50 euros affichés en clôture vendredi. Les analystes d'Oddo BHF rappellent néanmoins que toute opération resterait contrainte par le calendrier réglementaire et ne pourrait être finalisée avant mai 2028.
Sur le marché des changes, l'euro avance de 0,20% à 1,1545 dollar.