L'Europe au rebond : l'avalanche de résultats anime la séance
information fournie par Zonebourse 21/10/2026 à 12:12

A mi-séance, les Bourses européennes rebondissent. La pluie de résultats d'entreprises dicte la tendance. Les marchés saluent les chiffres de ventes d'EssilorLuxottica, de VusionGroup, d'Interparfums, de Bureau Veritas ou encore d'Atos. En revanche, Carrefour dégringole après l'annonce d'un avertissement sur résultats. Les investisseurs restent toutefois vigilants alors que les tensions au Moyen-Orient persistent. Après 12h, le CAC 40 se redresse en gagnant 0,49% à 7 877,21 points, après deux séances de suite dans le rouge. Londres, Francfort et Amsterdam progressent respectivement de 0,11%, 0,61% et de 0,45%.

EssilorLuxottica et Vusion scintillent, Carrefour dévisse

Les investisseurs n'ont pas manqué de réagir aux nombreuses publications de résultats à Paris et en Europe.

EssilorLuxottica s'envole de 14% et occupe largement la tête du CAC 40, soutenu par un solide 3e trimestre. Sur cette période, le lunettier franco-italien a généré un chiffre d'affaires consolidé de 7,486 milliards d'euros, en hausse de 9% en données publiées. A taux de change constants, la croissance s'est élevée à 7,2%. Sur les neuf premiers mois de l'année, les ventes du groupe ont atteint 22,304 milliards d'euros ( 6,8% en données publiées et 8,9% à taux de change constants). Le groupe a par ailleurs confirmé ses objectifs pour les cinq prochaines années : une croissance soutenue du chiffre d'affaires total et une progression du résultat opérationnel ajusté globalement alignée sur celle des ventes.

VusionGroup se démarque aussi ce matin. Bondissant de 12% et occupant la première place du SBF 120, le spécialiste des solutions de digitalisation du commerce a réalisé un chiffre d'affaires de 445 MEUR en données ajustées, en progression de 25% sur un an. Sur les neuf premiers mois de l'année, les revenus ajustés atteignent 1,284 MdEUR, soit une croissance de 28%, et de 41% à taux de change et droits de douane constants. Fort de ces performances, la société confirme ses perspectives pour 2026, avec une croissance attendue du chiffre d'affaires ajusté comprise entre 15% et 20% à taux de change et droits de douane constants et une amélioration de plus de 100 points de base de sa marge d'EBITDA ajusté.

Au sein de ce même indice, Atos bondit de 14%. Son redressement se confirme. La société spécialisée dans les services informatiques a fait état d'une poursuite de l'amélioration séquentielle de sa croissance organique au 3e trimestre 2026. Le groupe a enregistré un chiffre d'affaires de 1,642 MdEUR pour ses unités d'affaires stratégiques (SBU) Atos et Eviden, en repli organique de 2,4% sur un an. Cette performance marque toutefois une nette amélioration par rapport aux trimestres précédents : -11% au 1er trimestre et -5,8% au 2e trimestre. Grâce à son programme stratégique, dont les économies dépassent les prévisions initiales, Atos a confirmé l'ensemble de ses objectifs financiers annuels : une baisse de 5% des revenus organiques, une marge opérationnelle d'environ 7% et une variation nette de trésorerie positive.

De plus, Interparfums progresse de près de 5% à la faveur d'une activité plus dynamique au 3e trimestre malgré un environnement toujours perturbé, notamment au Moyen-Orient et en Europe de l'Est. Son chiffre d'affaires ressort à 265,5 MEUR en croissance de 4,8% ( 4,6% à devises constantes) sur un an. Ses revenus sur 9 mois s'élèvent à près de 680 MEUR, en recul limité de 2,9% (-0,7% à devises constantes).

Bureau Veritas gagne 2,06% grâce à une hausse de 10,1% sur un an de son chiffre d'affaires à 1,569 MdEUR en données publiées. Les objectifs annuels ont été confirmés : une croissance organique du chiffre d'affaires située dans une fourchette modérée à élevée à un chiffre, une amélioration de la marge opérationnelle ajustée à taux de change constant, et des flux de trésorerie maintenus à un niveau élevé.

En revanche, Carrefour chute de 14,42%, se logeant à la dernière place du CAC 40. Les investisseurs sanctionnent la révision à la baisse des objectifs annuels du distributeur, malgré une activité légèrement supérieure aux attentes au 3e trimestre. Il ne vise désormais plus qu'une amélioration de sa marge opérationnelle courante comprise entre 0 et 15 points de base, contre 25 points précédemment. Le bénéfice ajusté par action devrait, quant à lui, rester stable ou progresser légèrement, alors que le groupe tablait initialement sur une croissance proche de 10%. Le distributeur anticipe également un léger recul de son flux de trésorerie disponible net et ramène son budget d'investissement annuel de 1,7 à 1,6 MdEUR.

En outre, Michelin perd 6%, signant l'une des plus fortes baisses au sein de cet indice phare parisien. Malgré une accélération au 3e trimestre, les chiffres dévoilés par le pneumaticien hier soir sont inférieurs aux attentes. Le pneumaticien a dévoilé un chiffre d'affaires de 19,2 milliards d'euros sur les neuf premiers mois de l'année, en progression de 1% à parité et change constants et de 0,1% à périmètre et changes constants. Sur le seul troisième trimestre, l'activité a accéléré. Michelin a confirmé ses objectifs annuels et vise une croissance de son résultat opérationnel des secteurs à taux de change et périmètre constants par rapport à 2025, ainsi qu'un cash-flow libre avant opérations de M&A supérieur à 1,6 milliard d'euros.

Ailleurs en Europe, Adidas ( 2,31%) enregistre l'une des plus fortes hausses du Dax à la Bourse de Francfort. L'équipementier allemand est porté par un bénéfice d'exploitation record au 3e trimestre et le relèvement de ses prévisions de bénéfice opérationnel pour 2026. Sur cette période, son résultat d'exploitation a progressé de 37% pour atteindre un record de 1,008 milliard d'euros, contre 736 millions d'euros un an auparavant. La marque phare aux trois bandes prévoit un bénéfice d'exploitation annuel de 2,5 milliards d'euros, contre un objectif précédent de 2,3 milliards d'euros, en tenant compte du remboursement et d'un réinvestissement de 100 millions d'euros prévu au 4e trimestre.

Iberdrola ( 0,73%) figure parmi les plus fortes hausses de l'IBEX 35 à la Bourse de Madrid ce mercredi matin, porté par de solides résultats sur les neuf premiers mois de l'année 2026 et un relèvement de ses perspectives de bénéfice net ajusté. Sur cette période, le géant espagnol de l'énergie indique que son résultat net a progressé de 10% à 5,8 milliards d'euros. Le résultat net ajusté atteint quant à lui 5,1 MdsEUR, soit une progression de 9% (et de 13% hors effets de change).

Détroit d'Ormuz et Moyen-Orient : la géopolitique sous tension

Au-delà de ces nouvelles publications de résultats d'entreprises, l'actualité internationale prédomine, marquée par la persistance des tensions au Moyen-Orient.

Les Gardiens de la Révolution iraniens ont affirmé hier que trois nouveaux pétroliers ont pris feu après avoir percuté des mines dans le détroit d'Ormuz, voie maritime au coeur du conflit entre Téhéran et Washington.

Par ailleurs, la coalition menée par l'Arabie saoudite (alliée des Etats-Unis) et confrontée à des attaques des houthis du Yémen a indiqué mercredi avoir intercepté cinq drones lancés en direction du Royaume, dont l'un dans la région de Médine, ville sainte de l'islam.

Le ministère britannique de la Défense a quant à lui annoncé hier le déploiement des avions de combat pour des missions défensives afin d'aider l'Arabie saoudite à se protéger des frappes menées par les Houthis sur son territoire.

Dans ce contexte géopolitique délétère au Moyen-Orient, les cours du pétrole avaient baissé mardi après des informations de presse selon lesquelles Washington et Téhéran auraient renoué le dialogue. Des rumeurs évoquaient notamment que l'Iran a accepté des visites sur des sites nucléaires secrets, laissant entrevoir la possibilité d'une nouvelle entente avec les Etats-Unis.

Taux à 10 ans : la France franchit le cap des 5%, une première depuis 2002

Vers 12h, les cours du pétrole repartent toutefois à la hausse. Le baril de Brent gagne 1,43% à 110,35 dollars. Le WTI américain progresse de 1,89% à 99,67 USD.

Sur le marché obligataire, selon Bloomberg, l'écart de taux sur la dette française frôle les 160 points de base et atteint un nouveau sommet depuis 15 ans. Pour la première fois depuis 2002, le taux d'emprunt à 10 ans de la France a dépassé la barre des 5 %. Cela coûte nettement plus cher à l'État français d'emprunter que de s'endetter en Allemagne, référence du marché européen avec un taux à 3,41% mercredi matin.

Sur le marché des changes, l'euro perd 0,11% à 1,1225 USD.