L'Europe attendue sur de faibles variations, mais l'optimisme perdure
information fournie par Zonebourse 22/06/2026 à 08:30

Les principales Bourses européennes sont attendues sans grand changement lundi matin à l'ouverture, les investisseurs continuant de parier sur un apaisement des tensions géopolitiques après l'amorce de pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis ce week-end en Suisse, tout en guettant de nouveaux indicateurs qui leur permettront d'évaluer la trajectoire de l'inflation et de la croissance des deux côtés de l'Atlantique.

A environ 45 minutes du coup d'envoi des échanges, les contrats à terme signalent une ouverture en hausse de 0,1% pour l'indice CAC 40 à Paris, une stabilité du DAX à Francfort et une baisse contenue d'à peine 0,1% pour l'Euro STOXX 50.

Les grands indices européens avaient connu une séance calme vendredi en l'absence de Wall Street, fermée pour le jour férié de Juneteenth qui commémore l'abolition de l'esclavage aux Etats-Unis.

Sur la semaine écoulée, le CAC a toutefois réussi à afficher un gain hebdomadaire de 0,8%, alignant ainsi une cinquième semaine consécutive de progression, la bonne surprise du protocole d'accord conclu mercredi dernier entre Washington et Téhéran ayant pris le pas sur le ton plus restrictif que prévu adopté par Kevin Warsh, le nouveau président de la Fed.

Confirmation du dégel entre Washington et Téhéran

Après leur première séance de discussions qui s'est tenue hier dans un luxueux complexe hôtelier des Alpes suisses, les délégations américaine et iranienne ont annoncé avoir convenu d'une feuille de route visant à parvenir à un accord définitif dans un délai de soixante jours.

A l'issue de la réunion, le vice-président américain, J.D. Vance a salué une "rencontre historique" et appelé à "tourner une nouvelle page" dans les relations entre les deux pays.

Les prises de positions pourraient cependant être limitées par un certain attentisme ce lundi avant plusieurs statistiques économiques de premier plan attendues dans les jours à venir.

Cap sur les PMI européens, puis sur les prix américains

Les investisseurs prendront connaissance dès demain des versions préliminaires des indicateurs d'activité PMI pour le mois de juin dans les principaux pays d'Europe, considérés comme un bon baromètre de l'économie.

Ces données sont importantes alors que la croissance n'a cessé de ralentir sur le Vieux Continent depuis le début de l'année. Les PMI pourraient néanmoins commencer à refléter le reflux des tensions au Moyen-Orient et le repli des cours du pétrole qui s'en est suivi.

Mais ce sont très certainement les chiffres de l'inflation PCE aux Etats-Unis, programmés jeudi, qui constitueront le principal indicateur de la semaine.

Les derniers indicateurs ont montré que les tensions inflationnistes avaient tendance à s'accentuer aux Etats-Unis depuis quelques mois, une dynamique qui pourrait inciter la Réserve fédérale à faire preuve de prudence, voire à la convaincre d'emboîter le pas à la Banque centrale européenne (BCE) dans son cycle de resserrement monétaire.

Micron pour valider la thématique porteuse de l'IA

Avec les résultats du fabricant de puces mémoires Micron, prévus mercredi soir, les investisseurs auront de nouveau de quoi alimenter leurs paris sur le thème structurel de l'IA, qui a permis à l'indice Nasdaq 100 d'inscrire un nouveau plus haut historique début juin.

Il s'agit d'un rendez-vous crucial pour les investisseurs, qui chercheront à déterminer si l'essor de l'intelligence artificielle a plongé le secteur dans une pénurie structurelle durable ("supercycle") ou s'il s'agit d'un simple pic cyclique.

A la Bourse de Tokyo, l'indice Nikkei affichait un gain de 1,6% lundi en fin de séance, porté par le retour de l'appétit pour le risque qui lui a permis de dépasser pour la première fois de son histoire la barre des 72 000 points.

En Chine, le SSE Composite de Shanghai suivait le mouvement et s'adjugeait 1,1% tandis que le CSI 300 prenait lui aussi autour de 1%.

Bouffée d'oxygène sur les taux et l'énergie

Sur le marché obligataire, une légère détente continue de se dessiner avec la perspective d'une fin prochaine de la guerre contre l'Iran et du recul des prix du pétrole vers des niveaux qui n'avaient plus observés depuis le début du mois de mars.

Le marché pétrolier subit toujours des prises de bénéfices après ses récents plus hauts de cinq ans, un mouvement favorisé par le rebond du dollar, qui revient à des plus hauts annuels face à l'euro, qui retombe à 1,1455 contre le billet vert.

Le Brent abandonne 2% sous 79 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) cède 0,7% à 75,3 dollars, des seuils qui ne constituent plus des repères problématiques pour l'économie mondiale.

"L'évolution des cours de l'or noir pourrait continuer à affecter la trajectoire des marchés au jour le jour, mais leurs niveaux actuels ne constituent plus un problème en soi, à condition que nous assistions à la reprise d'un trafic normal dans le détroit d'Hormuz", soulignent ce matin les équipes de Danske Bank.