L'Europe attendue en net repli à l'orée d'une journée très chargée
information fournie par Zonebourse 30/04/2026 à 08:33

Les principales Bourses européennes devraient ouvrir en net repli jeudi au début d'une séance animée par de nombreuses publications de résultats d'entreprises et d'indicateurs économiques, et alors que la Réserve fédérale américaine a refroidi hier soir les espoirs d'une prolongation du cycle d'assouplissement monétaire aux Etats-Unis. D'après les contrats à terme, le CAC 40 parisien pourrait perdre près de 1,2% à l'ouverture, tout comme le DAX à Francfort et l'indice Euro STOXX 50. A Londres, le FTSE 100 semble se diriger vers un recul plus limité, de l'ordre de 0,1%.

A l'issue de la réunion de son comité stratégique, la Fed a maintenu mercredi soir ses taux inchangés mais livré un message prudent en durcissant sa description de l'inflation, désormais jugée "élevée" en partie à cause de la hausse récente des prix mondiaux de l'énergie due aux tensions au Moyen-Orient.

Quatre gouverneurs sur 12 ont notamment refusé l'inclusion d'un biais d'assouplissement dans le communiqué, une approche qui pourrait être considérée comme le prélude à une pause dans le récent cycle de réduction des taux d'intérêt.

"L'absence de progrès sur les données d'inflation sous-jacente d'ici le milieu de l'année pourrait conduire les discussions au sein du FOMC à envisager la possibilité de hausses de taux, même si, à ce stade, ce scénario ne constitue pas notre hypothèse centrale", souligne Jan Groen, chef économiste pour les Etats-Unis chez Société Générale.

"Mais il ne faut sans doute pas trop s'attendre à de nouvelles baisses de taux cette année", prévient l'analyste.

Lors de ce qui devrait être sa dernière conférence de presse en tant que président de la Fed, Jerome Powell a fait part de son intention de rester gouverneur "pour une durée indéterminée" après l'expiration de son mandat de président le 15 mai, un choix visant très clairement à défendre l'indépendance de l'institution face aux attaques répétées de l'administration Trump.

BCE et BoE dans le viseur

Les investisseurs se préparent maintenant à deux autres grands rendez-vous de politique monétaire: les décisions de la Banque d'Angleterre, attendues à l'heure du déjeuner, puis celles de la BCE qui seront suivies d'une conférence de presse toujours très attendue de sa présidente, Christine Lagarde.

Si la BoE peut s'autoriser une certaine patience au vu de la meilleure maîtrise de l'inflation au Royaume-Uni, de nombreux opérateurs s'attendent à ce que la BCE réaffirme sa politique monétaire prudente dans l'environnement incertain du moment, voire à ce qu'elle prépare le terrain en vue de premières hausses de taux à partir du mois de juin.

Une pluie de statistiques, un déluge de résultats

La tendance en Europe sera par ailleurs dictée par de nouveaux résultats trimestriels, notamment ceux de BASF, BNP Paribas, Capgemini, Crédit Agricole, Schneider Electric, Société Générale ou encore Volkswagen.

La journée s'annonce aussi comme l'une des plus chargées de la saison en matière de publications de résultats aux Etats-Unis avec entre autres au menu Caterpillar, Eli Lilly, Mastercard et Merck avant l'ouverture, puis Apple après la clôture.

L'accueil réservé aux comptes des géants de la tech, tombés hier soir, se révèle assez mitigé: si les performances d'Alphabet et Amazon sont applaudies, celles de Microsoft et surtout celles de Meta, confronté à une envolée de ses dépenses avec l'IA, sont boudés. Le titre du groupe de Mark Zuckerberg chutait de plus de 7% en cotations électroniques.

La séance sera par ailleurs animée par une pléthore de statistiques économiques, dont les premiers chiffres de la croissance en zone euro et aux Etats-Unis.

L'Insee a annoncé ce matin que le PIB français avait marqué le pas au premier trimestre en restant inchangé sur la période après une hausse de 0,2% au quatrième trimestre 2025.

La Bourse de New York avait fini sur une note de lourdeur hier soir après les annonces de la Réserve fédérale: l'indice Dow Jones reculait de quasiment 0,6% tandis que le S&P 500 et le Nasdaq Composite terminaient autour de l'équilibre.

De nombreux investisseurs espéraient un message plus accommodant de la part de la Fed, ce qui avait contribué au récent rally de Wall Street et à l'inscription d'une série de nouveaux records à la clé.

Tensions sur les taux et remontée du dollar

Cet élément a pour conséquence de faire grimper le rendement des Treasuries à 10 ans, qui se tend de six points de base à 4,4180% pour revenir à proximité de ses plus hauts de l'année.

Le marché obligataire en Europe suit la tendance, le rendement du Bund allemand gagnant plus de cinq points de base à 3,11%, lui aussi au plus haut de l'année. Le rendement de l'OAT français progresse pour sa part de six points à 3,78%.

L'évolution du discours de la Fed soutient également le dollar, qui reste orienté à la hausse face à l'euro, qui recule à 1,1660. La devise unique pourrait néanmoins réagir aux annonces de la BCE en cours de journée.

Peu sensible aux annonces jugées décevantes de la Fed, le marché pétrolier poursuit son ascension, toujours porté par les tensions persistantes entre les Etats-Unis et l'Iran. Le cours du Brent grimpe de 4,6% à près de 123,5 dollars le baril et le brut léger américain s'adjuge 2,1% à 109,1 dollars.