L'Europe attendue en hausse, le fragile rebond tient pour l'instant
information fournie par Zonebourse 24/03/2026 à 08:39

Les grandes Bourses européennes devraient tenter de confirmer mardi leur rebond amorcé la veille, l'impact de plus en plus net de la guerre contre l'Iran sur les perspectives économiques étant partiellement compensé par l'espoir lié au report de frappes militaires américaines visant les infrastructures énergétiques iraniennes. Les contrats à terme préfigurent pour l'instant une hausse de l'ordre de 0,3% pour le CAC 40 à Paris, comme pour le DAX allemand et l'indice Euro STOXX 50.

Lundi, ces trois indices avaient gagné de 0,8% à 1,3%, après avoir perdu jusqu'à 2,5% dans le courant de la matinée, opérant un rebond dans le sillage des déclarations du président américain, qui a indiqué sur son propre réseau "Truth Social" qu'il avait ordonné au Département de la Défense de suspendre, pour cinq jours, les frappes visant les centrales électriques iraniennes.

Le locataire de la Maison Blanche a notamment évoqué des échanges "très positifs et fructueux" avec Téhéran, ce que les marchés ont considéré comme le prélude d'une possible désescalade du conflit au Moyen-Orient.

Entre espoir de trêve et réalités du terrain

Mais le mouvement d'achats à bon compte qui avait favorisé les places boursières hier semble un peu s'essouffler face aux incertitudes persistantes liées à l'évolution de la situation géopolitique.

L'Iran a qualifié de "fake news" l'existence de discussions avec Washington, tout en rappelant que les conditions pour mettre fin au conflit restaient inchangées.

Parallèlement, l'aviation israélienne, loin de relâcher la pression, a mené hier d'intenses bombardements sur Téhéran en frappant une dizaine d'objectifs à travers le pays, ce qui tempérait les propos d'apaisement de Donald Trump.

"Les montagnes russes continuent", déplore ce matin Michael Brown, le stratégiste marché de Pepperstone.

L'analyste fait valoir que la "pause" de cinq jours décidée par le milliardaire new-yorkais a été conditionnée à la réalisation de certains progrès dans les négociations, ce qui lui semble loin d'être acquis.

"En outre, et au risque d'énoncer une évidence, le détroit d'Ormuz reste pratiquement fermé, ce qui signifie que l'approvisionnement en matières premières continue de se resserrer en conséquence", souligne le professionnel.

La tendance est freinée entre autres par la remontée des cours du pétrole, qui fait repasser le prix du baril de Brent au-dessus de la barre des 100 dollars qui avait été enfoncée hier. Le baril de Mer du Nord reprend actuellement 2,8% à 102,7 dollars tandis que le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) gagne 3,6% à 91,3 dollars.

La plus forte hausse du S&P 500 depuis le début du conflit

Si le S&P 500 a gagné plus de 1,1% hier soir, soit sa meilleure performance depuis le début des hostilités, il a fini la séance bien en-dessous de ses plus hauts du jour, signe que les investisseurs ne sont pas encore convaincus par l'opportunité d'un rebond.

Trahissant ce manque général de conviction, les contrats "futures" sur les grands indices new-yorkais s'affichent en baisse mardi matin, signalant une ouverture dans le rouge de Wall Street à la reprise des échanges aujourd'hui.

En Europe, les inquiétudes liées aux répercussions de la situation géopolitique sur la croissance économique, l'inflation avec la hausse des matières premières et aux politiques monétaires des banques centrales devraient de nouveau dominer les échanges.

Les PMI à suivre dans la matinée

Il n'est pas sûr que les acheteurs à bon compte décident de repasser à l'action en attendant la publication très attendue, dans le courant de la matinée, des indices d'activité PMI préliminaires pour le mois de mars en zone euro, qui offrira un premier aperçu de l'impact du renchérissement du pétrole sur l'activité économique dans la région.

"Il sera intéressant de comparer leurs résultats avec mars 2022, juste après l'invasion de l'Ukraine", estime Bruno Cavalier, le chef économiste d'Oddo BHF.

Les marchés boursiers ne sont pas les seuls à manquer d'élan.

La tentative de rebond des marchés obligataires s'est elle aussi évanouie, l'anticipation d'une réduction du soutien des banques centrales, voire du début d'un relèvement des taux d'intérêt, continuant de dominer les esprits.

Le rendement des bons du Trésor américain à dix ans se tend de nouveau ce matin, au-delà de 4,33%, après être revenu autour de 4,31% dans la nuit.

Les turbulences au Proche-Orient font également reculer l'euro, malmené depuis le début du conflit, qui se tasse ce matin en direction de 1,16 face au dollar.

Après une série historique de neuf séances de baisse, alimentée notamment par des sorties massives d'ETF, l'or opère un rebond technique de 0,4% à 4 422,9 dollars après avoir touché dans la nuit un plus bas annuel, autour de 4 100 dollars l'once.