L'Europe attendue en baisse avec le regain de tensions au Moyen-Orient
information fournie par Zonebourse 08/07/2026 à 08:30

Les Bourses européennes devraient poursuivre leur mouvement de repli mercredi matin, réagissant comme les places américaines et asiatiques à un nouveau regain de tensions entre les Etats-Unis et l'Iran, une escalade qui fait brusquement remonter les cours du pétrole ainsi que l'aversion au risque sur les marchés. Environ 45 minutes avant l'ouverture, le CAC 40 est annoncé en baisse de 0,4%, tout comme le DAX, tandis que l'Euro STOXX 50 affiche un recul théorique de 0,3%.

L'Europe devrait suivre la tendance amorcée par les places asiatiques et new-yorkaises, qui perdaient du terrain avec la soudaine aggravation du conflit entre Washington et Téhéran ces dernières heures.

Le ton est brutalement monté dans la nuit de mardi à mercredi, les Etats-Unis ayant décidé de frapper à nouveau l'Iran et de rétablir leurs sanctions pétrolières après de nouvelles attaques dans le détroit d'Ormuz, Donald Trump ayant menacé "d'oblitérer en un après-midi toutes les infrastructures iraniennes".

Ce durcissement des relations géopolitiques survient à peine vingt jours après la signature d'un protocole d'accord entre les deux parties qui était censé garantir la sécurité de cette voie maritime, essentielle au commerce mondial des hydrocarbures, un mémorandum qui semble aujourd'hui plus que compromis.

La stratégie du coup de pression permanent

"C'est la marque de fabrique de Donald Trump en matière de gouvernance, de diplomatie et de négociations, et c'est ce qu'il qualifie lui-même de l'art du deal", tempèrent toutefois les analystes de Danske Bank.

"Dès que la situation s'améliore ou que les marchés s'apaisent, il renchérit généralement avec de nouvelles annonces, exigences et coups de pression", explique la banque danoise.

"En cela, il ne faut pas s'attendre à une trajectoire linéaire. C'est une alternance systématique de pression maximale et de concessions", poursuit l'établissement scandinave.

"Nous avions observé ce schéma exact l'année dernière avec la guerre commerciale, et c'est précisément sous cet angle que les investisseurs doivent aborder les tensions actuelles avec l'Iran. C'est d'ailleurs, globalement, la façon dont les marchés intègrent la situation aujourd'hui", constate Danske Bank.

Ce climat d'incertitude géopolitique a cependant créé certains remous hier à Wall Street, où le Dow Jones cédait plus de 0,2% en fin de séance tandis que le Nasdaq Composite, à forte pondération technologique, lâchait près de 1,2%.

Le regain de tensions géopolitiques a pénalisé les valeurs les plus cycliques, qui étaient revenues en grâce récemment mais qui pourraient pâtir des conséquences défavorables pour l'économie de cette situation.

Signe de la nervosité des investisseurs, l'indice VIX de la volatilité, qui mesure le stress des opérateurs, rebondissait de 3,6% au-delà de 16,1 points après être retombé très bas lundi (vers 15,5).

Les contrats à terme sur les indices américains présagent à ce stade de la journée une ouverture en baisse plus limitée, de l'ordre de 0,1%, ce mercredi.

Des valeurs refuges étonnamment boudées

Mais le mouvement typique qui caractérise les marchés en pareil cas de figure, à savoir un regain d'intérêt pour les valeurs les plus sûres, ne se matérialise pas ce matin.

Face au yen, devise refuge par excellence, le dollar parvient à avancer de 0,1%, tout en reculant de 0,1% contre l'euro, qui en profite pour repasser au-delà de la barre de 1,1420.

L'once d'or ne bénéficie pas davantage d'achats refuge et poursuit sa consolidation en se repliant de 0,4% à 4 139 dollars.

Les nouvelles en provenance du Golfe ne s'accompagnent pas, non plus, d'une détente des rendements obligataires : celui des Treasuries américains à dix ans progresse de 0,5 point de base à 4,5290%.

Seul gagnant du jour, le pétrole remonte en flèche, avec un Brent qui gagne 3,3% à 76,6 dollars là où le brut texan (WTI) s'adjuge 3,4% à 72.8 dollars alors que sont attendus dans l'après-midi les chiffres hebdomadaires des stocks américains.

Avant même la reprise des frappes américaines, les prix s'étaient orientés à la hausse mardi suite à l'annonce de l'attaque d'un navire pétrolier qatari attribuée à l'Iran, un incident qui avait ravivé les doutes quant à la pérennité du cessez-le-feu conclu entre Washington et Téhéran.