L'Europe attendue dans le désordre, les rendements obligataires montent toujours information fournie par Zonebourse 01/09/2026 à 08:34
Les grandes Bourses européennes devraient ouvrir sans grande direction mardi matin, la montée des rendements obligataires et des prix du pétrole continuant de peser sur les actions dans un contexte de craintes d'une accélération du resserrement monétaire aux Etats-Unis. Les "futures" sur indices signalent pour l'instant une ouverture en hausse de 0,1% pour le CAC 40 à Paris, mais le DAX de Francfort est attendu en repli de 0,1%, tout comme l'indice Euro STOXX 50.
La prudence devrait encore dicter la tendance alors que les préoccupations liées à l'inflation et au resserrement des politiques monétaires limitent l'appétit pour les actifs risqués, à maintenant quinze jours de la prochaine réunion de la Réserve fédérale.
Kevin Warsh, le nouveau patron de la Fed, a déstabilisé les marchés vendredi dernier en déclarant lors du symposium des grands argentiers mondiaux de Jackson Hole (Wyoming) que la banque centrale américaine se tenait prête à relever ses taux si l'inflation ne ralentissait pas très bientôt.
"Nous devons être certains que l'inflation sous-jacente se rapproche de son objectif de manière claire et à un rythme suffisant. Sinon, nous devrons intervenir", a-t-il prévenu.
Conséquence, les investisseurs misent désormais à une très large majorité (66%) sur une reprise du cycle des hausses des taux à l'issue de la réunion du FOMC prévue les 15 et 16 septembre prochains, contre un peu moins de 40% il y a une semaine.
Les stratèges de Société Générale déclarent dorénavant s'attendre à ce que la Fed rehausse ses taux d'intérêt à trois reprises d'ici mars 2027, d'un quart de point à chaque fois.
"Les risques sont clairement orientés à la hausse", reconnaît de son côté Christian Scherrmann, l'économiste en chef pour les Etats-Unis de DWS.
Dans ce contexte d'anticipations de hausses de taux, les rendements des emprunts d'Etat américains ont atteint hier leur niveau le plus élevé depuis longtemps.
L'obligataire toujours sous tension, le pétrole aussi
Le rendement des bons du Trésor à 30 ans a renoué, à 5,27%, avec des sommets depuis 2006. Celui des Treasuries à dix ans s'établit, à 4,7580%, à un pic depuis janvier 2025.
La tendance est similaire sur le marché obligataire européen avec un gain de près de quatre points de base pour le dix ans allemand à 3,325% et de cinq points pour son équivalent français à 4,1750%, qui revient ainsi au plus haut depuis novembre 2008.
Ces variations pourraient encore évoluer avec la publication des nombreux indicateurs économiques du jour, Kevin Warsh ayant expliqué vendredi que l'évolution de sa politique dépendrait grandement des données, ce qui confèrera une importance cruciale aux chiffres de l'emploi prévus cette semaine.
La parution, dans l'après-midi, du rapport JOLTS sur les ouvertures de postes en juillet aux Etats-Unis pourrait, à ce titre, encore renforcer l'aversion au risque.
Si les investisseurs gardent principalement en tête l'évolution de la campagne de hausses des taux de la Réserve fédérale, ils n'en suivront pas moins les derniers chiffres de l'inflation en zone euro, attendus à 11h00, même si ceux-ci ne devraient pas invalider le scénario d'un relèvement de taux de 25 points de base de la BCE largement anticipé par les marchés pour le conseil des gouverneurs du 10 septembre.
Profitant de la perspective de plus en plus nette d'un relèvement des taux directeurs américains, le dollar s'apprécie face à un panier de devises de référence, notamment face à l'euro qui se tasse ce matin en direction du seuil de 1,16 face au billet vert.
Les investisseurs redoutent par ailleurs que le rebond des cours du pétrole finisse par nuire aux efforts de la Réserve fédérale en vue de ramener l'inflation vers son objectif de 2%.
Les prix du brut augmentent de nouveau ce mardi, alors que les tensions au Moyen-Orient reviennent au premier plan suite à de nouveaux échanges de frappes ce week-end entre les Etats-Unis et l'Iran, les premiers d'une telle ampleur depuis fin juillet.
Le Brent prend 0,7% à 91,1 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) gagne près de 0,9% à 86,5 dollars.